jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2202904 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL LELONG DUCLOS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 novembre 2022 et un mémoire enregistré le 15 mai 2024, Mme A B, représentée par Me Lelong, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler la décision de l'université de Poitiers du 13 octobre 2022 portant refus d'inscription en 1ère année de licence sciences humaines et sociales ;
3°) d'enjoindre à la présidente de l'université de Poitiers de procéder à son inscription en 1ère année de licence sciences humaines et sociales, mention sociologie ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'université de Poitiers une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ou à lui verser en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que la décision du 13 octobre 2022 lui fait grief ;
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente et n'est pas signée ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation au regard des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en tant qu'elle oppose une date de fin d'inscription administrative fixée au 30 septembre 2022 qui ne ressort d'aucun élément porté à sa connaissance ou disponible sur le site internet de l'Université.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juillet 2023, la présidente de l'université de Poitiers conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable en tant qu'elle est dirigée contre un courriel qui ne constitue pas une décision faisant grief ;
- à titre subsidiaire, il n'y a plus lieu de statuer sur la requête compte tenu de l'avancement de l'année universitaire ;
- à titre infiniment subsidiaire, les moyens invoqués dans la requête sont infondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- l'arrêté du 30 mai 2013 relatif aux demandes d'admission à une première inscription en première année de licence et aux modalités d'évaluation du niveau de compréhension de la langue française pour les ressortissants étrangers ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dumont,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,
- et les observations de Me Duclos, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, de nationalité sénégalaise, a souhaité venir étudier en France et a obtenu un accord préalable à son inscription en première année de licence sciences humaines et sociales à l'université de Poitiers au titre de l'année universitaire 2022-2023. Le 13 octobre 2022, elle a reçu de la part de l'université de Poitiers un courrier électronique, adressé également à d'autres étudiants, lui rappelant que la date butoir d'inscription des étudiants internationaux à l'université de Poitiers avait été fixée au 30 septembre 2022 et qu'aucune inscription n'était désormais possible quel que soit le motif du retard. Mme B demande l'annulation de cette décision.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 décembre 2022. Il n'y a pas lieu, par suite, de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la recevabilité de la requête :
3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Sauf en matière de travaux publics, la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ".
4. D'une part, aux termes de l'article D. 612-2 du code de l'éducation : " Nul ne peut être admis à participer en qualité d'étudiant aux activités d'enseignement et de recherche d'un établissement d'enseignement supérieur s'il n'est régulièrement inscrit dans cet établissement. " Aux termes de l'article D. 612-3 du même code : " Toute personne qui s'inscrit dans un établissement d'enseignement supérieur en qualité d'étudiant doit satisfaire aux conditions particulières exigées à cet effet par la réglementation nationale, complétées, s'il y a lieu, par les règlements de l'établissement. ". Aux termes de l'article D. 612-4 de ce code : " L'inscription est subordonnée à la production, par l'intéressé, d'un dossier personnel dont la composition est définie par le chef d'établissement en application des dispositions générales arrêtées par le ministre chargé de l'enseignement supérieur, ainsi qu'à l'accomplissement des formalités prévues par la réglementation des droits universitaires. () ". Enfin, aux termes de l'article D. 612-6 de ce code : " Sous réserve des dispositions de l'article D. 612-1-9, les périodes et modalités des opérations d'inscription administrative sont fixées par le chef d'établissement. "
5. D'autre part, il résulte de l'article D. 612-11 du code de l'éducation que les dispositions précitées sont applicables aux étudiants étrangers non ressortissants d'un État membre de l'Union européenne, d'un État partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération helvétique candidats à une première inscription en première année de licence dont la demande d'admission dans une université française a été acceptée. Et, aux termes de l'article 11 de l'arrêté du 30 mai 2013 relatif aux demandes d'admission à une première inscription en première année de licence et aux modalités d'évaluation du niveau de compréhension de la langue française pour les ressortissants étrangers : " La demande d'admission à une première inscription en première année de licence ne constitue pas une inscription définitive et ne dispense pas le candidat de produire en vue de son inscription le dossier individuel prévu à l'article D. 612-4 du code de l'éducation. / L'établissement d'accueil donne directement à l'étudiant toute indication sur les pièces nécessaires pour une inscription et la date limite. "
6. Enfin, par un arrêté du 20 juin 2022, publié sur le site internet de l'université, la présidente de l'université de Poitiers, a fixé les modalités d'inscription pour l'année universitaire 2022-2023, notamment pour les licences générales. Cet arrêté rappelle que, pour les formations avec admission préalable, l'admission vaut autorisation de s'inscrire mais ne vaut pas inscription dans la formation et que les candidats doivent effectuer les démarches d'inscription selon le calendrier qu'il fixe, sous peine de voir leur admission annulée. Il prévoit que les inscriptions administratives en ligne débutent le 6 juillet 2022 et se terminent pour les primo-entrants de licences 1 au plus tard le 22 septembre 2022. Il fixe, par ailleurs, au 30 septembre 2022, la date limite pour déposer les pièces justificatives nécessaires à l'inscription et prévoit que, au-delà de cette date, l'inscription est annulée.
7. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a obtenu un accord préalable à son inscription en première année de licence sciences humaines et sociales à l'université de Poitiers au titre de l'année universitaire 2022-2023, lequel, conformément aux dispositions précitées de l'article 11 de l'arrêté du 30 mai 2013, mentionnait les informations relatives aux modalités d'inscription et notamment la date limite. Ce document indique, en effet, que les cours débutent le 1er septembre 2022, que la date limite d'arrivée autorisée est le 16 septembre 2022 et que l'inscription sur place auprès du service des relations internationales de l'université de Poitiers se déroule du 29 août au 16 septembre 2022. Dans ces conditions, alors que Mme B disposait déjà des informations utiles à son inscription et en connaissait la date limite, le courriel que l'université de Poitiers a adressé 13 octobre 2022 à plusieurs étudiants étrangers pour leur rappeler que leur inscription n'était plus possible, faute d'avoir respecté la date butoir du 30 septembre 2022 prévue pour le dépôt de pièces justificatives, revêt un caractère purement informatif. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par l'université de Poitiers, tirée de ce que la requête est dirigée contre un acte qui ne fait pas grief à la requérante, doit être accueillie.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B ne peuvent qu'être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de Mme B tendant à obtenir, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Lelong et au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Copie en sera adressée à la présidente de l'université de Poitiers.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Bris, présidente,
Mme Dumont, première conseillère,
Mme Balsan-Jossa, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
La rapporteure,
Signé
G. DUMONT
La présidente,
Signé
I. LE BRIS
Le greffier,
Signé
S. GAGNAIRE
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026