jeudi 13 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2203162 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL CLEB AVOCAT MEDIATEUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 décembre 2022, Mme G B, représentée par Me Epouli Bombogo, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 septembre 2022 par lequel le préfet de la Vienne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer une carte de séjour temporaire ou, à défaut, de réexaminer sa situation et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 15 jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Epouli Bombogo renonce à percevoir la part contributive de l'État versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :
- il est insuffisamment motivé et est entaché d'un défaut d'examen de sa situation.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreurs de fait ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.
Par ordonnance du 27 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 28 février 2023 à 12 heures.
Un mémoire présenté par le préfet de la Vienne a été enregistré le 27 mars 2023, postérieurement à la clôture d'instruction, et n'a pas été communiqué.
Mme F B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F B, ressortissante gabonaise née le 9 mai 1997, est entrée sur le territoire français le 30 décembre 2018 sous couvert d'un visa de court séjour. Le 27 octobre 2021, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de ses liens personnels et familiaux. Par un arrêté du 19 septembre 2022, dont elle demande l'annulation, le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer le titre sollicité, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur l'arrêté pris dans son ensemble :
L'arrêté attaqué a été pris au visa des stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il procède également à un examen de la situation administrative, personnelle et familiale de la requérante. Il comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, cet arrêté est suffisamment motivé et cette motivation révèle un examen personnalisé de la situation de Mme F B.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Et aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme F B est entrée en France le 30 décembre 2018 à l'âge de 21 ans et s'y maintient depuis en situation irrégulière. D'une part, si, à l'appui de sa demande de titre de séjour, elle a fait valoir résider au domicile de sa mère, Mme D E épouse B et de son père adoptif, M. A B, à Romagne dans le département de la Vienne, ces seuls éléments, compte tenu de la majorité de la requérante qui n'établit pas être dépourvue d'attaches au Gabon où elle a résidé jusqu'à l'âge de 21 ans, ne suffisent pas à caractériser qu'elle dispose sur le territoire français de liens personnels anciens, stables et intenses. D'autre part, invitée par la préfecture de la Vienne le 14 février 2022 à compléter son dossier de demande de titre de séjour, notamment pour justifier d'autres liens personnels et familiaux, Mme F B n'a transmis aucun élément susceptible d'établir la vie de couple dont elle se prévaut dans sa requête en indiquant qu'elle date d'août 2019. Si elle produit un justificatif d'enregistrement d'un pacte civil de solidarité conclu le 9 juin 2022 avec un ressortissant français qu'elle aurait rencontré en août 2019 et au domicile duquel elle résiderait depuis le mois de février 2021 à Cerizay dans les Deux-Sèvres, elle a produit à l'appui de sa demande de titre de séjour une attestation d'hébergement de son père adoptif datée du 25 octobre 2021. Dans ces conditions, les éléments contradictoires produits par la requérante ne permettent d'établir ni la réalité ni l'ancienneté de la vie commune dont elle se prévaut dans sa requête. Enfin, si Mme F B établit, à l'appui de sa requête, s'être inscrite le 20 octobre 2022 auprès d'un organisme de formation par correspondance pour suivre une formation de secrétaire médicale, cet élément, outre qu'il est postérieur à la date de la décision attaquée, ne suffit pas à caractériser une insertion particulière dans la société française. Dans ces conditions, le préfet de la Vienne, qui n'a commis aucune erreur de fait en considérant que la requérante n'établissait pas son insertion dans la société française, n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de Mme F B au respect de sa vie privée et familiale et n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme F B doivent être rejetées, ainsi, par voie de conséquence, que ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme F B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme G B, à Me Epouli Bombogo et au préfet de la Vienne.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 30 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
Mme Dumont, première conseillère,
M. Bureau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 avril 2023.
La rapporteure,
Signé
G. C
Le président,
Signé
A. LE MEHAUTE La greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
N°220316
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026