mardi 23 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2300119 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ROBIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 11 janvier 2023 et le 6 mai 2023, M. B A, représenté par Me Robin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 5 janvier 2023 par lequel le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné à l'expiration de ce délai ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de réexaminer sa situation et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour dans un délai de huit jours et sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
M. A soutient que :
- la décision de refus de titre de séjour est entachée d'une erreur commise dans l'appréciation des critères auxquels est subordonnée la délivrance d'une carte de séjour temporaire en qualité d'étudiant, à la fois en ce qui concerne le caractère réel et sérieux des études et en ce qui concerne l'existence de ressources suffisantes ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste commise dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 mai 2023, le préfet de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pinturault,
- et les observations de Me Robin, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant tchadien né le 1er janvier 2000, est entré en France, selon ses déclarations, le 8 octobre 2019. Il s'est vu délivrer une carte temporaire de séjour en tant qu'étudiant valable jusqu'au 24 septembre 2022. Il a demandé le renouvellement de ce titre de séjour. Par un arrêté en date du 5 janvier 2023, le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il était susceptible d'être éloigné à l'expiration de ce délai. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la décision de refus de titre de séjour :
2. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle. " Il appartient à l'autorité administrative saisie d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour " étudiant " de rechercher si le projet d'études pour lequel un premier titre de séjour a été accordé est toujours l'objet du séjour du pétitionnaire sur le territoire français et d'apprécier, à cet effet et dans cette perspective, compte tenu, le cas échéant, d'inflexions ou d'évolutions cohérentes, le caractère sérieux de la poursuite des études entreprises.
3. D'une part, si M. A fait valoir qu'il a été inscrit à l'université de Poitiers pour y suivre un cursus de double licence en administration économique et sociale (AES) et en sociologie pour les années universitaires 2020-2021, 2021-2022 et 2022-2023, et qu'il a validé le premier semestre de la première année de licence de sociologie au titre de l'année 2021-2022, il ne justifie pas de la validation de cet unique semestre. Il ressort, au contraire, du seul relevé de note produit qu'il a échoué à la session de rattrapage du premier semestre de la première année de licence de sociologie pour l'année universitaire 2020-2021, en raison de deux défaillances et de deux ajournements. En tout état de cause, à supposer que M. A aurait effectivement validé, à la date de la décision contestée, un semestre du cursus de licence, la validation d'un seul semestre à l'issue de trois années d'études ne suffit pas, de toute façon, à établir le caractère effectif et sérieux des études qu'il a commencées, en l'absence de démonstration, par ailleurs, de ses capacités d'évolution et de progression. S'il allègue, enfin, avoir validé le second semestre de la première année de licence en sociologie pour l'année universitaire 2022-2023, en produisant un relevé de notes établi, notamment, sur la base d'un mémoire qu'il a remis le 28 mars 2023, cette circonstance, postérieure à la décision contestée, est, de toute façon, sans incidence sur la légalité de la décision attaquée qui doit être appréciée au regard des circonstances de fait qui existaient à la date à laquelle cette décision a été prise. Dans ces conditions, le préfet de la Vienne n'a pas fait une inexacte appréciation des circonstances de l'espèce en considérant que le projet d'études du requérant ne présentait pas, à la date à laquelle il a pris sa décision, un caractère réel et sérieux et en refusant, pour ce motif, de lui délivrer une carte temporaire de séjour en tant qu'étudiant.
4. D'autre part, à supposer que les ressources de M. A, qui a exercé en France plusieurs activités salariées en même temps que ses études, fussent suffisantes au sens des dispositions légales rappelées ci-dessus, il résulte de l'instruction que le préfet de la Vienne aurait, de toute façon, pris une décision identique s'il ne s'était fondé que sur l'absence de caractère réel et sérieux des études de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de l'erreur qu'aurait commise le préfet dans l'appréciation des ressources du requérant doit être écarté.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. Au regard de ce qui a été dit au point 3 et des circonstances, non contestées, que M. A est célibataire et sans enfant et qu'il ne démontre pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, le préfet de la Vienne n'a pas, en lui faisant obligation de quitter le territoire français, commis d'erreur manifeste des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris ses conclusions d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Vienne.
Délibéré après l'audience du 10 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Campoy, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Pinturault, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2023.
Le rapporteur,
Signé
M. PINTURAULT
Le président,
Signé
L. CAMPOY La greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026