jeudi 6 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2300155 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET SIMARD VOLLET OUNGRE CLIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 janvier 2023 et 25 octobre 2024, Mme B A, représentée par la SCP Simard Vollet Oungre Clin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commune de Saint-Denis d'Oléron a rejeté sa demande du 13 septembre 2022 de raccordement aux réseaux d'eau potable, d'électricité et d'eaux usées pour sa parcelle cadastrée AL184 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Saint-Denis d'Oléron de procéder au raccordement demandé dans le délai de six mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Denis d'Oléron la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision attaquée méconnaît le plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Saint-Denis d'Oléron, sa parcelle AL 184, classée en zone Nt, pouvant être raccordée aux réseaux d'eau et d'électricité en vertu de l'article Nt 2.5 du PLU, et sa parcelle AL 181 constitue le fond voisin de sa parcelle AL 184, pouvant, selon l'article Nt3 du PLU, être aménagé pour accéder à la voie publique ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, la commune n'apportant pas la preuve du classement de sa parcelle AL 184 en espace boisé, et celle-ci ne comportant, en tout état de cause, qu'un pin parasol depuis l'acquisition de cette parcelle par sa famille en 1962, que l'installation d'une caravane pendant les vacances n'est pas susceptible de détériorer.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 juin 2024 et 20 novembre 2024, la commune de Saint-Denis d'Oléron, représentée par l'AARPI Drouineau 1927, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable pour être dirigée à l'encontre d'une décision purement confirmative ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gibson-Théry,
- les conclusions de Mme Thèvenet-Bréchot, rapporteure publique,
- et les observations de Me Dalemann, représentant la commune de Saint-Denis d'Oléron.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est propriétaire d'un terrain situé 14 route des Proires, dans la commune de Saint-Denis d'Oléron, cadastré section AL n° 181 et n° 184. Elle a demandé, par un courrier du 13 septembre 2022 réceptionné le 15 septembre suivant, le raccordement de sa parcelle cadastrée section AL n° 184 aux réseaux d'eau potable, d'électricité et d'eaux usées. Mme A demande au tribunal l'annulation de la décision par laquelle la commune de Saint-Denis d'Oléron a implicitement rejeté sa demande.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ".
3. D'autre part, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières, dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
4. Enfin, en l'absence de toute modification dans les circonstances de fait ou dans la règlementation d'urbanisme applicable, une décision rejetant une demande en matière d'urbanisme qui, bien que fondée sur des motifs différents, se borne à confirmer une décision de rejet antérieure devenue définitive a le caractère d'une décision purement confirmative, et ne peut donc avoir pour effet de rouvrir le délai de recours contentieux.
5. Il ressort des pièces du dossier que la demande de raccordement aux réseaux d'eaux et d'électricité par un courrier du 13 septembre 2022, reçu par la commune le 15 septembre suivant, a été formulée alors que Mme A avait réceptionné le 27 août 2021, comme en atteste l'avis de réception postal produit par la commune, soit plus d'un an auparavant, un refus de raccordement de ses deux parcelles cadastrées AL 181 et AL 184 situées au lieu-dit des Proires. A supposer même que le motif sur lequel est fondé ce refus notifié par un courrier du 24 août 2021 soit entaché d'une erreur d'appréciation, la parcelle AL 184 n'étant pas située en zone N du PLU de la commune mais en zone Nt, ainsi que le soutient la requérante, cette circonstance est sans incidence sur le caractère confirmatif du refus implicite opposé à la nouvelle demande de raccordement de Mme A du 13 septembre 2022, dès lors que le rejet du 24 août 2021 est devenu définitif faute d'avoir été contesté dans le délai raisonnable d'un an à compter de sa réception, et qu'aucun changement dans les circonstances de droit ou de fait n'est intervenu. A cet égard, contrairement à ce que soutient la requérante, l'attestation qu'elle a rédigée avec son conjoint, selon laquelle ils s'engagent à prévoir un droit d'accès à la parcelle AL 184 par la parcelle AL 181 qui leur appartient également, ne peut être regardé comme un changement dans les circonstances de fait du dossier. Il suit de là que les conclusions à fin d'annulation de la requérante sont irrecevables.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite par laquelle la commune de Saint-Denis d'Oléron a rejeté la demande du 13 septembre 2022 de Mme A de raccordement aux réseaux d'eau potable, d'électricité et d'eaux usées pour la parcelle cadastrée AL 184, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Denis d'Oléron, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme demandée par la commune de Saint-Denis d'Oléron en application des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Denis d'Oléron en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Saint-Denis d'Oléron.
Délibéré après l'audience du 21 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Cristille, président,
Mme Gibson-Théry, première conseillère,
M. Tiberghien, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2025.
La rapporteure,
Signé
S. GIBSON-THERY
Le président,
Signé
P. CRISTILLELa greffière,
Signé
N. COLLET
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Conseil d'État — N° 515333
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.
03/05/2026
Conseil d'État — N° 509298
Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 507528
Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.
09/04/2026