jeudi 8 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2300209 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | TRIBOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 janvier 2023 et des pièces enregistrées le 18 avril 2023, ces dernières n'ayant pas été communiquées, M. A B, représenté par Me Tribot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 novembre 2022 par lequel la préfète de la Charente a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Charente de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
Sur l'arrêté pris dans son ensemble :
- il a été signé par une autorité incompétente ;
- il méconnaît le droit d'être entendu garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'une erreur dans la mise en œuvre des dispositions de l'article 10 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 dès lors qu'il justifie être entré régulièrement en France.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur dans l'appréciation de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
- elle a pour conséquence de le priver de ses liens familiaux en France.
La requête a été communiquée à la préfète de la Charente qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par ordonnance du 25 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 24 avril 2023 à 12 heures.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié en matière de séjour et de travail ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Dumont a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant tunisien né le 13 février 1996, est entré en France le 1er septembre 2020 sous couvert d'un titre de séjour en cours de validité délivré par les autorités italiennes. A la suite de son mariage, le 19 juin 2021, avec une ressortissante française, il a sollicité, le 19 octobre 2021, la délivrance d'un titre de séjour en qualité de conjoint de français sur le fondement de l'article 10 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié. Par un arrêté du 16 novembre 2022, dont il demande l'annulation, la préfète de la Charente a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'annulation
2. Aux termes de l'article 10 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié en matière de séjour et de travail : " 1. Un titre de séjour d'une durée de dix ans, ouvrant droit à l'exercice d'une activité professionnelle, est délivré de plein droit, sous réserve de la régularité du séjour sur le territoire français : /a) Au conjoint tunisien d'un ressortissant français, marié depuis au moins un an, à condition que la communauté de vie entre époux n'ait pas cessé, que le conjoint ait conservé sa nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état-civil français ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce qu'indique l'arrêté contesté, M. B justifie bien être entré sur le territoire français le 1er septembre 2020 en produisant une copie de sa carte d'embarquement pour un vol Tunis-Bordeaux ainsi qu'une copie de son passeport tunisien revêtu d'un tampon d'entrée en France apposé à l'aéroport de Bordeaux. Il ressort également des pièces du dossier que, à cette date, M. B était titulaire d'un titre de séjour délivré par les autorités italiennes en cours de validité. Il en résulte qu'il justifie être entré en France de manière régulière.
4. En conséquence, la préfète de la Charente ne pouvait légalement fonder sa décision portant refus de titre de séjour sur la circonstance que M. B ne justifiait pas être entré régulièrement sur le territoire français. En tout état de cause, il ne ressort ni des termes de l'article 10 de l'accord franco-tunisien, ni d'aucune autre disposition de cet accord que la délivrance du titre de séjour sollicité par M. B sur le fondement de l'article 10, serait conditionnée à la régularité de son entrée sur le territoire français, seule une condition relative à la régularité du séjour étant exigée.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle la préfète de la Charente a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité au motif qu'il n'était pas entré régulièrement sur le territoire français, ainsi, par voie de conséquence, que l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. M. B demande qu'il soit enjoint à la préfète de la Charente de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour. L'exécution du présent jugement impliquant que la demande de M. B soit réexaminée, il y a lieu d'enjoindre à la préfète de la Charente de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et, dans l'attente de ce réexamen, de délivrer à M. B une autorisation provisoire de séjour.
Sur les frais non compris dans les dépens :
7. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Tribot, avocat de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Tribot de la somme de 900 euros.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 16 novembre 2022 de la préfète de la Charente est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de la Charente de procéder au réexamen de la demande de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : L'Etat versera à Me Tribot la somme de 900 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État,
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Tribot et à la préfète de la Charente.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 25 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
Mme Dumont, première conseillère,
M. Bureau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juin 2023.
La rapporteure,
Signé
G. DUMONT
Le président,
Signé
A. LE MEHAUTELa greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne à la préfète de la Charente en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026