LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2300358

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2300358

mardi 20 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2300358
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantEKOUE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 février 2023, M. A B, représenté par Me Ekoue, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 19 décembre 2022 par lequel le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il était susceptible d'être éloigné à l'expiration de ce délai ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer un titre de séjour ou, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa demande et de lui délivrer, pour la durée de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour, le tout dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

M. B soutient que :

- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;

- la décision de refus d'une carte de séjour de dix ans a été prise en méconnaissances des articles L. 233-1 et L. 234-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet n'est pas fondé à se référer, pour déterminer le niveau de ressources minimales qu'il doit justifier percevoir en France, au revenu de solidarité active (RSA), alors que, d'une part, la condition de ressources doit être appréciée au regard de sa situation personnelle et de l'activité professionnelle qu'il exerce et que, d'autre part, le montant de ressource dont il doit justifier ne peut excéder le montant du RSA ;

- le préfet de la Vienne a commis une erreur de droit en lui refusant la délivrance d'une carte de séjour de dix ans au motif qu'il ne remplissait pas les conditions de ressources, alors qu'il s'est régulièrement maintenu en France sous couvert d'un titre de séjour pendant une durée de cinq années consécutives et qu'il a ainsi acquis de manière autonome et irrévocable un droit au séjour permanent sur le fondement de l'article L. 234-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision porte une atteinte injustifiée au respect dû à sa vie privée et familiale.

- la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de celle par laquelle le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

- elle méconnaît l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

La requête a été communiquée au préfet de la Vienne, qui n'a pas produit de mémoire en défense.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 janvier 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Pinturault,

- et les observations de Me Ekoue, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant espagnol né le 1er janvier 1974, est, selon ses déclarations, entré sur le territoire français le 17 septembre 2014. Une carte de séjour temporaire lui a été délivrée pour la période du 22 janvier 2016 jusqu'au 21 janvier 2017, puis une carte de séjour pluriannuelle pour la période du 22 janvier 2017 au 21 janvier 2022. Le 7 février 2022, il a demandé le renouvellement de ce titre de séjour. Par un arrêté en date du 19 décembre 2022, le préfet de la Vienne a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il était susceptible d'être éloigné à l'expiration de ce délai. M. B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; / 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie () ". L'article R. 233-1 de ce code précise : " () Lorsqu'il est exigé, le caractère suffisant des ressources est apprécié en tenant compte de la situation personnelle de l'intéressé. En aucun cas, le montant exigé ne peut excéder le montant forfaitaire du revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles () ". Aux termes de l'article L. 234-1 de ce code : " Les citoyens de l'Union européenne mentionnés à l'article L. 233-1 qui ont résidé de manière légale et ininterrompue en France pendant les cinq années précédentes acquièrent un droit au séjour permanent sur l'ensemble du territoire français () ".

3. D'une part, M. B a été titulaire d'un titre de séjour en France pendant une durée consécutive de plus de cinq ans à la date à laquelle a été prise la décision contestée, de sorte qu'il doit être regardé comme remplissant la condition de résidence légale en France pendant une durée de cinq ans, prévue par l'article L. 234-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. D'autre part, il n'est nullement indiqué dans les motifs de la décision contestée, qui n'a été prise que sur le fondement de l'absence de ressources suffisantes, que M. B n'aurait pas résidé en France de manière ininterrompue, alors que, par ailleurs, l'administration ne conteste pas qu'il vit sur le territoire national depuis 2014 avec son épouse, titulaire d'un titre de séjour, et ses enfants, dont des enfants mineurs qui sont scolarisés en France. Enfin, quand bien même M. B n'aurait pas rempli, pendant la durée de cinq ans prévue à l'article L. 234-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la condition de ressources prévue au 2° de l'article L. 233-1 de ce code, ou quand bien même n'aurait-il pas rempli cette condition de manière ininterrompue tout au long de cette période, l'administration, qui ne fait état d'aucune procédure de retrait de son titre de séjour pendant cette même période, ne conteste pas qu'il a conservé jusqu'au 21 janvier 2022 la carte de séjour pluriannuelle qui lui avait été délivrée le 22 janvier 2017. Dans ces conditions, M. B, qui justifie avoir résidé en France de manière à la fois légale et ininterrompue pendant une durée de cinq ans, a acquis un droit au séjour permanent sur l'ensemble du territoire français, sur le fondement de l'article L. 234-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la décision de refus de titre de séjour doit être annulée ainsi que, par voie de conséquence, celles par lesquelles le préfet de la Vienne lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il était susceptible d'être éloigné.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

5. Le présent jugement d'annulation, eu égard à ses motifs, implique nécessairement qu'un titre de séjour soit délivré à M. B. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Vienne d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés à l'instance :

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 900 euros à verser à Me Ekoue sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 19 décembre 2022 du préfet de la Vienne est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Vienne de délivrer à M. B un titre de séjour dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'État versera à Me Ekoue la somme de 900 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de la Vienne et à Me Ekoue.

Délibéré après l'audience du 6 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Campoy, président,

M. Crosnier, premier conseiller,

M. Pinturault, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe 20 juin 2023.

Le rapporteur,

signé

M. PINTURAULT

Le président,

signé

L. CAMPOY La greffière,

signé

D. GERVIER

La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

D. GERVIER

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions