lundi 3 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2300363 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | DONZEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 février 2023, M. C A, représenté par Me Donzel demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 16 décembre 2022 par lequel la préfète des Deux-Sèvres a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné à l'expiration de ce délai ;
2°) d'enjoindre à la préfète des Deux-Sèvres de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles 35 et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;
- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 février 2023, la préfète des Deux-Sèvres conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par un jugement du 21 février 2023, le magistrat désigné par le président du tribunal a, statué sur les conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et la décision fixant le pays de destination, et a renvoyé à la formation collégiale du tribunal les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour ainsi que les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte afférentes à cette décision.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La rapport de Mme Bruston a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant guinéen né le 22 août 1999, a fait l'objet le 16 décembre 2022 d'un arrêté de la préfète des Deux-Sèvres refusant sa demande de titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination de cet éloignement. Par un arrêté du 31 janvier 2023 dont la légalité a été confirmée le 6 février 2023 par le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Poitiers, la même autorité l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. M. A demande l'annulation de l'arrêté du 16 décembre 2022.
Sur l'étendue du litige :
2. M. A ayant été assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours, le magistrat désigné a statué le 21 février 2023 sur ses conclusions tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et désignation du pays de destination. Par suite, le présent litige porte uniquement sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour et les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte afférentes à cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, par un arrêté du 6 mai 2022, visé dans l'arrêté attaqué et régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de l'Etat, M. Xavier Marotel, secrétaire général de la préfecture des Deux-Sèvres, a reçu délégation de la préfète de ce département à l'effet de signer tous arrêtés et décisions qui concernent la mise en œuvre des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : / 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; / 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ". L'article L. 423-2 du même code dispose : " L'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, entré régulièrement et marié en France avec un ressortissant français avec lequel il justifie d'une vie commune et effective de six mois en France, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ".
5. Il ressort des pièces du dossier, d'une part, que M. A est entré irrégulièrement en France le 9 novembre 2016 et qu'il a fait l'objet d'une première mesure d'éloignement le 2 octobre 2019 à laquelle il s'est soustrait et, d'autre part, qu'il a contracté, le 9 juillet 2022, un mariage avec une ressortissante française au regard duquel il a sollicité le 12 septembre 2022 un titre de séjour en qualité de conjoint de français. S'il produit la copie de l'acte de mariage, les justificatifs qu'il fournit ne permettent cependant pas d'attester de la réalité de leur vie commune depuis plus de six mois à la date de l'arrêté contesté. En outre, il n'établit pas ni même n'allègue entretenir des liens personnels en France avec d'autres personnes que son épouse et ne justifie pas de son insertion sociale ou professionnelle dans la société française. Par suite, la préfète des Deux-Sèvres n'a pas méconnu les dispositions citées au point précédent ni entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en refusant de délivrer à M. A un titre de séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante française.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision du 16 décembre 2022 portant refus de titre de séjour doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte y afférentes et les conclusions relatives aux frais du litige.
D E C I D E :
Article 1er : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la préfète des Deux-Sèvres.
Une copie sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 15 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bruston, présidente,
Mme D, première-conseillère,
M. B, premier-conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2023.
La Président-rapporteure,
Signé
S. BRUSTON
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
S. GIBSON-THERYLa greffière,
Signé
N. COLLET
La République mande et ordonne à la préfète des Deux-Sèvres en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026