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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2300722

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2300722

vendredi 18 août 2023

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2300722
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantSELARL LELONG DUCLOS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 9 mars 2023 et le 17 juillet 2023, M. B A, représenté par Me Lelong, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 1er février 2023 par laquelle la préfète des Deux-Sèvres a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné à l'expiration de ce délai ;

2°) d'enjoindre à la préfète des Deux-Sèvres, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour pluriannuel ou à défaut une carte de résident de 10 ans en application de l'article 3 de l'accord franco-marocain dans un délai de 10 jours suivant le jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, le tout sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir, dans l'attente du réexamen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ; il n'est pas suffisamment motivé ; il est illégal en l'absence d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour méconnaît l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 dès lors qu'il remplit les conditions posées par ce texte pour obtenir un titre de séjour en qualité de salarié de plein droit ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation pour les mêmes motifs ; la préfète des Deux-Sèvres a commis une erreur manifeste d'appréciation et une erreur de droit en considérant que la rupture de la vie commune pouvait lui être opposée en application des dispositions des articles L. 423-1 et L. 423-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que ce n'est pas le 26 août 2022 que son épouse française est partie résider chez ses parents, mais à compter de l'altercation du 11 septembre 2022 à la suite de laquelle cette dernière a été condamnée pour les violences perpétrées à son encontre à 8 mois d'emprisonnement avec sursis ; le refus de titre de séjour méconnaît également l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ; elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que la préfète des Deux-Sèvres s'est crue, à tort, en situation de compétence liée pour procéder à son éloignement ; elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le délai imparti pour quitter le territoire français est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire.

- la décision fixant le pays de destination est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire.

Par un mémoire en défense enregistré le 4 août 2023 , la préfète des Deux-Sèvres conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les autres moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Des mémoires ont été présentés les 7 et 9 août 2023, après clôture de l'instruction, pour M. A.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Campoy,

- et les observations de Me Lelong, représentant M. A.

Une note en délibéré présentée pour M. A a été enregistrée le 11 août 2023.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant marocain né le 12 juin 1989, s'est marié le 6 juillet 2019 à Niort avec une ressortissante française. Après avoir quitté la France, il y est revenu le 3 octobre 2019 et a obtenu une carte de séjour pluriannuelle en tant que conjoint de français, valable du 4 septembre 2020 au 3 septembre 2022. Le 25 juillet 2022, il a sollicité de la préfète des Deux-Sèvres la délivrance d'une carte de résident de 10 ans en cette même qualité. Par un arrêté en date du 1er février 2023, celle-ci a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel l'intéressé était susceptible d'être éloigné à l'expiration de ce délai. M. A demande l'annulation de ces décisions.

Sur l'arrêté dans son ensemble :

2. Par un arrêté du 6 mai 2022, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de l'Etat, le secrétaire général de la préfecture des Deux-Sèvres a reçu délégation de la préfète de département à l'effet de signer tous les arrêtés et décisions concernant la mise en œuvre des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées manque en fait.

3. L'arrêté contesté vise les textes sur lesquels s'est fondé la préfète des Deux-Sèvres et, notamment, les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les articles L. 423-6, L. 423-23, L. 435-1, L.611-1, L. 612-1 et L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il expose notamment que l'intéressé a été condamné le 22 novembre 2022 par le tribunal judiciaire de Niort pour violences habituelles suivies d'incapacité n'excédant pas 8 jours par une personne étant ou ayant été conjoint à 6 mois d'emprisonnement avec sursis et que la communauté de vie du couple est ainsi rompue et expose l'ensemble des raisons pour lesquelles l'administration lui a refusé un titre de séjour. La motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui vise les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, se confond avec celle du refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement et n'implique pas, dès lors que, comme il vient d'être dit, ce refus est lui-même motivé en droit comme en fait et que les dispositions législatives qui permettent de l'assortir d'une obligation de quitter le territoire français ont été rappelées, de mention spécifique. Le délai de trente jours accordé à l'intéressé pour quitter volontairement le territoire français étant le délai de principe fixé par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'octroi d'un tel délai n'avait pas à faire l'objet d'une motivation particulière. Enfin, la décision fixant le pays de destination vise les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle mentionne la nationalité du requérant et la circonstance qu'il n'établit pas courir des risques dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.

3. Il ne ressort pas de cette motivation que le préfet des Deux-Sèvres, qui n'était pas tenu de faire un exposé exhaustif des conditions d'entrée et de séjour de M. A sur le territoire national, aurait négligé de procéder à un examen particulier de sa situation personnelle.

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : / 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; () ". Aux termes de l'article L. 423-3 de ce code : " () Le renouvellement de la carte est subordonné au maintien du lien conjugal et de la communauté de vie avec le conjoint (). ". Aux termes de l'article L. 423-5 du même code : " La rupture de la vie commune n'est pas opposable lorsqu'elle est imputable à des violences familiales ou conjugales ou lorsque l'étranger a subi une situation de polygamie. En cas de rupture de la vie commune imputable à des violences familiales ou conjugales subies après l'arrivée en France du conjoint étranger, mais avant la première délivrance de la carte de séjour temporaire, le conjoint étranger se voit délivrer la carte de séjour prévue à l'article L. 423-1 sous réserve que les autres conditions de cet article soient remplies. ". Aux termes de l'article L. 423-6 de ce code " L'étranger marié depuis au moins trois ans avec un ressortissant français se voit délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans à condition qu'il séjourne régulièrement en France depuis trois ans et que la communauté de vie entre les époux n'ait pas cessé depuis le mariage () ". En vertu de l'article 9 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 : " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'Accord ".

5. L'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 renvoie, sur tous les points qu'il ne traite pas, à la législation nationale, en particulier aux dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour autant qu'elles ne sont pas incompatibles avec les stipulations de l'accord et nécessaires à sa mise en œuvre. Il résulte des dispositions mentionnées ci-dessus de l'article L. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu créer un droit particulier au séjour au profit des personnes victimes de violences conjugales ayant conduit à la rupture de la vie commune avec leur conjoint de nationalité française. La circonstance que l'article 9 de l'accord franco-marocain ne prévoit pas le cas des personnes pour lesquelles la communauté de vie a été rompue pour le motif évoqué ci-dessus ne fait pas obstacle à l'application aux ressortissants marocains des dispositions de l'article L. 423­5. Toutefois, ces dispositions applicables tant à la délivrance qu'au renouvellement de la carte de séjour d'un an au titre de l'article L. 423-1 du même code, ne trouvent pas à s'appliquer à la délivrance d'une carte de résident de dix ans, dès lors que l'article L. 423-6 ne prévoit cette même exception que s'agissant du renouvellement de la carte de résident.

6. Il résulte de ce qui précède que le requérant ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'encontre de la décision par laquelle la préfète des Deux-Sèvres a refusé sur le fondement de l'article L. 423-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile de lui délivrer une carte de résident de dix ans au motif de l'absence de communauté de vie entre les conjoints.

7. Au surplus, il ressort des pièces du dossier que M. et Mme A, qui ont fait tous les deux l'objet d'un placement sous contrôle judiciaire le 13 et le 14 septembre 2022 leur interdisant d'entrer en relation l'un avec l'autre, sont séparés depuis, à tout le moins, le 11 septembre 2022. Par suite, le préfet n'a pas fait une appréciation erronée de la situation de M. A en estimant qu'il ne remplissait pas la condition de vie commune avec son épouse lui ouvrant droit à la délivrance d'une carte de résident. Si le requérant fait valoir que la rupture de la vie commune est imputable à des violences conjugales subies de la part de son épouse, il ressort des pièces du dossier, notamment de l'ordonnance de placement sous contrôle judiciaire du 13 septembre 2022 et de l'attestation de Me Faurot, que le tribunal judiciaire de Niort a déclaré le 22 novembre 2022 les deux époux coupables de violences conjugales réciproques et les a condamnés à une peine de 8 mois d'emprisonnement avec sursis pour l'épouse de l'intéressé et à 6 mois d'emprisonnement avec sursis pour ce dernier, sans que les pièces du dossier ne permettent d'établir que la rupture de la vie commune serait plus particulièrement imputable aux violences de l'une ou de l'autre. Dans ces conditions, la rupture de la communauté de vie entre le requérant et son épouse ne peut être regardée comme résultant de violences conjugales dont M. A aurait été victime au sens des dispositions précitées de l'article L. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

8. En deuxième lieu, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé. Il ressort des pièces du dossier que M. A a présenté une demande de délivrance d'un titre de séjour " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 423-6 et de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et il ne résulte pas des termes de la décision attaquée que le préfet aurait examiné d'office sa demande sur le fondement de l'article 3 de l'accord franco-marocain. Par suite, M. A ne peut utilement se prévaloir à l'encontre de la décision portant refus de séjour de la méconnaissance de ces stipulations, au regard desquelles cette autorité n'a pas fait porter d'office son examen, ni soutenir que la préfète aurait dû examiner sa situation au regard de ces stipulations.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".

10. Si M. A soutient qu'il vit en France depuis le 3 octobre 2019 où se trouve l'ensemble de ses attaches personnelles, il ressort des pièces du dossier qu'il est en instance de divorce et sans charge de famille. Par ailleurs, il n'établit pas avoir noué en France des relations suffisamment intenses, ancienne et stables de nature à lui ouvrir un droit au séjour. Il n'établit pas, ni même n'allègue, être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où vivent encore sa mère et son père avec qui il a gardé des contacts, ainsi qu'en témoigne ses nombreux voyages au Maroc. Même si M. A justifie travailler depuis le 17 octobre 2022 comme conducteur poids lourds, dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée conclu avec une entreprise de transport, cette circonstance ne suffit pas, en elle-même, à démontrer qu'il serait durablement intégré en France. La condamnation mentionnée au point 7, même si elle intervient dans un contexte de violences réciproques entre les époux, est, du reste, de nature à remettre sérieusement en doute les conditions de son intégration dans la société française. Ainsi, la décision contestée n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, en refusant de lui délivrer le titre de séjour sollicité, le préfète des Deux-Sèvres n'a méconnu ni l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

11. En premier lieu, l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas établie, le moyen tiré de ce que la décision obligeant la requérante à quitter le territoire français serait, par voie de conséquence, illégale, ne peut qu'être écarté.

12. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté litigieux, ni d'aucune des autres pièces du dossier que la préfète des Deux-Sèvres se serait crue à tort en situation de compétence liée pour assortir sa décision de refus de titre de séjour d'une obligation de quitter le territoire français.

13. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait méconnu les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en prenant les décisions portant obligation de quitter le territoire français en litige.

Sur la décision fixant le délai de départ volontaire :

14. Dès lors que l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas établie, le moyen tiré de ce que la décision fixant le délai de départ volontaire à trente jours devrait, par voie de conséquence, être annulée, doit être écarté.

Sur la décision fixant le pays de destination :

15. Dès lors que les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ont été rejetés, M. A n'est pas fondé à se prévaloir de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de celle par laquelle la préfète des Deux-Sèvres a fixé le pays à destination duquel elle serait éloignée en l'absence de départ volontaire.

16. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète des Deux-Sèvres.

Une copie sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 11 août 2023, à laquelle siégeaient :

M. Campoy, président,

Mme Dumont, première conseillère,

M. Pipart, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 août 2023

Le président rapporteur,

Signé

L. CAMPOY

L'assesseure la plus ancienne,

Signé

G. DUMONT

La greffière,

Signé

N. COLLET

La République mande et ordonne à la préfète des Deux-Sèvres en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

N. COLLET

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