vendredi 18 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2300790 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | HAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 mars 2023, Mme B A, représentée par Me Hay, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 17 janvier 2023 par lequel le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée à l'expiration de ce délai ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Vienne, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire d'une durée d'un an dans le délai de 30 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1200 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- la décision de refus de titre de séjour est entachée d'une erreur d'appréciation de la réalité et du sérieux de ses études ainsi que de ses ressources ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ; elle porte une atteinte disproportionnée à sa situation personnelle en ne lui laissant pas terminer l'année universitaire entamée.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 juillet 2023, le préfet de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Mme A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la convention franco-gabonaise du 2 décembre 1992 ;
- l'accord franco-gabonais du 5 juillet 2007 ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Campoy a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante gabonaise née le 26 mai 2002, est entrée en France le 4 octobre 2020 munie d'un visa valable du 30 septembre 2020 au 30 septembre 2021. Elle s'est vu délivrer une carte temporaire de séjour en qualité d'étudiante valable du 1er octobre 2021 au 30 septembre 2022. Elle a sollicité du préfet de la Vienne le renouvellement de ce titre de séjour le 10 septembre 2022. Par un arrêté en date du 17 janvier 2023, celui-ci a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle était susceptible d'être éloignée à l'expiration de ce délai. Mme A demande l'annulation de ces décisions.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
2. Aux termes de l'article 9 de la convention conclue le 2 décembre 1992 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République gabonaise : " Les ressortissants de chacune des Parties contractantes désireux de poursuivre des études supérieures ou d'effectuer un stage de formation de niveau supérieur sur le territoire de l'autre doivent, outre le visa de long séjour prévu à l'article 4, justifier d'une attestation d'inscription ou de préinscription dans l'établissement d'enseignement où s'effectue le stage, ainsi que, dans tous les cas, de moyens d'existence suffisants () ". Aux termes de l'article 10 de la même convention : " Pour tout séjour sur le territoire français devant excéder trois mois, les ressortissants gabonais doivent posséder un titre de séjour. () Ces titres de séjour sont délivrés conformément à la législation de l'État d'accueil. ". Aux termes de l'article 12 de ladite convention : " Les dispositions de la présente convention ne font pas obstacle à l'application des législations respectives des deux Parties contractantes sur l'entrée et le séjour des étrangers sur tous les points non traités par la convention ". Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "étudiant" d'une durée inférieure ou égale à un an. () ".
3. Il résulte de ces stipulations et dispositions que l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour présentée en qualité d'étudiant par un ressortissant gabonais, doit apprécier, à partir de l'ensemble du dossier, et sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la réalité et le sérieux des études poursuivies par l'intéressé.
4. D'une part, il ressort des pièces du dossier que Mme A s'est inscrite, pour l'année universitaire 2020/2021 en licence de sciences politiques sans valider sa première année de formation. Elle s'est ensuite inscrite, pour l'année 2021/2022, en première année de licence d'économie gestion à laquelle elle a également échoué. Elle s'est, de nouveau, inscrite, au sein de la même formation pour l'année 2022/2023 mais n'apporte aucun élément indiquant qu'elle serait parvenue à obtenir son année à la date de la décision attaquée, ni, en tout état de cause, à la date du présent jugement. Si Mme A motive son premier échec pour l'année 2020/2021 par l'inadéquation de la formation qui lui a été proposée par l'agence Campus France avec ses vœux initiaux, elle n'apporte aucun élément permettant d'établir le bien-fondé de ses allégations. Si elle justifie son second échec pour l'année 2021/2022 par la dépression qu'elle prétend avoir subi du fait du harcèlement sexuel dont elle allègue avoir fait l'objet de la part de son hébergeant, les faits invoqués, qui n'ont d'ailleurs pas l'objet d'une plainte, ni même d'une main-courante de sa part, ne sont pas suffisamment établis par les quelques SMS d'une personne, d'ailleurs non identifiée, qu'elle verse au dossier. Si elle verse également au débat une attestation d'assiduité établie par un maitre de conférence de l'université de Poitiers, ce seul document n'est pas de nature à justifier les échecs successifs que la requérante a enregistrés dans le cadre de son cursus universitaire français. Ainsi, le préfet de la Vienne a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, estimer que Mme A ne justifiait pas du caractère réel et sérieux de ses études, et en particulier d'une réelle progression dans son cursus.
5. D'autre part, à supposer même que Mme A justifie de ressources suffisantes, il ressort des pièces du dossier que le préfet aurait pris la même décision s'il ne s'était fondé, pour rejeter sa demande, que sur l'absence de sérieux de ses études.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas établie, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, invoqué à l'appui des conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français, ne peut qu'être écarté.
7. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme A ne réside en France que depuis le mois d'octobre 2020, de surcroît en qualité d'étudiante, ce qui ne lui donne pas vocation à demeurer sur le territoire français. Elle est célibataire et sans charge de famille. Elle ne justifie pas avoir tissé des liens particulièrement stables et intenses sur le territoire national. Elle n'établit pas, ni même n'allègue, être dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine où elle a vécu plus de dix-huit ans. Compte tenu du caractère suspensif de son recours contre l'obligation de quitter le territoire français dont elle fait l'objet, cette décision ne la prive pas, en tout état de cause, de la possibilité de finir l'année universitaire qu'elle a entamée. Dans ces conditions, le préfet de la Vienne ne s'est pas livré à une appréciation manifestement erronée des conséquences de la décision attaquée sur sa situation personnelle.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet de la Vienne.
Une copie sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 11 août 2023, à laquelle siégeaient :
M. Campoy, président,
Mme Dumont, première conseillère,
M. Pipart, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 août 2023
Le président rapporteur,
Signé
L. CAMPOY
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
G. DUMONT
La greffière,
Signé
N. COLLET
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026