mercredi 3 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2300939 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | étrangers JU |
| Avocat requérant | DUCLOS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 3 avril et le 25 avril 2023, M. A D, représentée par Me Duclos, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 9 mars 2023 par lequel la préfète de la Charente lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
3°) d'enjoindre à la préfète de la Charente de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de 10 jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à défaut, de lui enjoindre de réexaminer sa situation en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail le temps de ce réexamen, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement de la loi du 10 juillet 1991 ou à lui verser directement une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans l'hypothèse où le bénéfice de l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordé.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance du titre de séjour :
- elle est entachée d'une défaut d'examen approfondi de sa situation personnelle et elle est entachée d'erreurs de fait dès lors que, d'une part, il a sollicité une demande de titre de séjour auprès de la préfecture contrairement à ce qui est indiqué dans la décision et, d'autre part, la préfète a considéré à tort qu'il ne fournit aucun élément faisant apparaître la réalité de son insertion sociale et professionnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que la préfète n'était pas tenue de prendre un refus de titre de séjour du seul fait du refus du statut de réfugié mais se devait d'approfondir l'examen de sa situation ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle dès lors qu'il a réalisé des efforts d'insertion dans la société française et qu'il n'y a pas d'éléments permettant de présumer qu'il aurait conservé des attaches dans son pays d'origine ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle ne peut être prise en raison du seul fait qu'il se soit vu refuser le bénéfice du statut de réfugié et se soit maintenu temporairement sans demander de titre de séjour ;
- l'analyse de la situation, et notamment de l'atteinte disproportionnée à sa situation personnelle est entachée d'erreurs de fait et d'erreur de droit pour les mêmes raisons que celles développés concernant les autres moyens ;
En ce qui concerne les décisions fixant le délai imparti pour quitter le territoire et fixant le pays de renvoi :
- elles sont illégales en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire.
La préfète de la Charente n'a pas produit de mémoire en défense mais a produit des pièces qui ont été enregistrées le 12 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 776-1, R. 776-1, R. 776-13-2 et R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après le rapport de Mme B, ont été entendues au cours de l'audience publique les observations de Me Lelong, représentant M. D qui maintient ses conclusions et moyens.
Considérant ce qui suit :
1. M. A D, ressortissant congolais né le 23 décembre 2001 à Kinshasa (Congo), est entré sur le territoire national le 24 octobre 2019. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) par une décision du 9 juin 2021, confirmée par la cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 16 août 2022. Par un arrêté du 9 mars 2023, la préfète de la Charente lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. D, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Il ressort des pièces du dossier que M. D a présenté une demande de titre de séjour au titre de son insertion par le travail auprès de la préfecture de la Seine-Saint-Denis, par un courrier réceptionné le 13 décembre 2022. Par ailleurs, le requérant produit des contrats de travail à durée déterminée conclus pour des missions d'intérim dans la période du 8 mars 2022 au 30 septembre 2022 et les bulletins de paie correspondants, ainsi que des bulletins de paie pour les mois de décembre 2022, janvier 2023, février et mars 2023, mentionnant une adresse à Saint-Denis, ainsi qu'une attestation de formation. Toutefois, l'arrêté ne fait pas état de cette demande de titre de séjour ni de la situation professionnelle du requérant. Par suite, M. D est fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation et à en demander l'annulation pour ce motif, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Le présent jugement implique nécessairement que la préfète de la Charente ou le préfet territorialement compétent en fonction du domicile de l'intéressé réexamine la situation de M. D et le mette, dans l'attente, en possession d'une autorisation provisoire de séjour, comme le prescrit l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il y a lieu d'enjoindre à la préfète de la Charente d'y procéder dans des délais respectifs d'exécution de deux mois et huit jours suivant la notification du jugement ou de transmettre à cet effet le dossier de M. D au préfet territorialement compétent.
Sur les frais de l'instance :
5. Le conseil de Mme C peut se prévaloir des dispositions susvisées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 900 euros à verser à Me Duclos sous réserve de l'admission définitive de l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
DECIDE :
Article 1er : M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'arrêté du 9 mars 2023 est annulé.
Article 3 : Il est enjoint à la préfète de la Charente de réexaminer la situation de M. D et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour, dans des délais respectifs de deux mois et huit jours suivant la notification du présent jugement ou de transmettre à cet effet le dossier de M. D au préfet territorialement compétent.
Article 4 : L'État versera une somme de 900 euros à Me Duclos au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et à la préfète de la Charente.
Copie en sera adressée pour information au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 3 mai 2023.
La magistrate désignée,
Signé
S. B
La République mande et ordonne à la préfète de la Charente en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
D. GERVIER
N°2300939
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026