mercredi 5 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2300964 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | DESROCHES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 avril 2023 et le 25 juillet 2023, M. A C B, représenté par Me Desroches, demande au tribunal :
1°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 29 mars 2023 par lequel le préfet de la Vienne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de 3 ans ;
3°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de la vienne de lui délivrer un titre de séjour ou dans le délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire d'enjoindre à la même autorité de réexaminer sa situation en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen dans le délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît son droit à être entendu, tel qu'il est reconnu par les stipulations du 2 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'union européenne et par les principes généraux du droit de l'Union européenne ; elle est insuffisamment motivée et révèle un défaut d'examen approfondi de sa situation personnelle ; elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que ses conditions d'entrée sur le territoire ne sont plus opposables au motif qu'il a bénéficié de titres de séjour ultérieurs et que son comportement ne représente pas un risque de trouble à l'ordre public car son incarcération s'inscrit dans le cadre d'une détention provisoire ; elle méconnaît les dispositions du 2° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle méconnaît les dispositions du 3° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ; elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans est insuffisamment motivée et révèle un défaut d'examen approfondi de la situation personnelle du requérant.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 août 2023.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2024, le préfet de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Pipart a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C B, ressortissant dominicain né le 31 mars 1994, est entré sur le territoire français, selon ses déclarations, en 1999, puis a bénéficié de titres de séjour valables entre le 18 mars 2013 et le 1er octobre 2022. Il a été incarcéré à compter du 24 juin 2022 pour des faits de vol avec arme en récidive, extorsion commise avec une arme en récidive, arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire avec torture d'otage pour faciliter un crime ou un délit suivi de libération avant 7 jours en récidive et violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'incapacité supérieure à 8 jours en récidive. Par un arrêté du 29 mars 2023, le préfet de la Vienne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il était susceptible d'être éloigné et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de 3 ans. M. B demande l'annulation de ces décisions.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Dès lors que M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire totale par une décision du 18 août 2023, ses conclusions tendant à être admis à l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont sans objet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Par un arrêté n°2022-SG-DCPPAT en date du 12 juillet 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de l'Etat dans le département de la Vienne, la secrétaire générale de la préfecture de la Vienne, a reçu délégation de signature de la part du préfet de ce département à l'effet de signer notamment tous les arrêtés entrant dans le champ d'application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté en litige doit être écarté.
4. L'arrêté contesté vise les textes sur lesquels il se fonde et, notamment, les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les dispositions du 5° de l'articles L. 611-1, du 2° de l'article L. 611-3 ainsi que les articles L. 612-2, L. 612-3 et L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La décision portant obligation de quitter le territoire français expose, en particulier, que M. B est incarcéré depuis le 24 juin 2022, qu'il est défavorablement connu des services de police et de la justice, que son comportement constitue du point de vue de l'ordre public et de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société française. Elle rappelle sa situation personnelle, telle qu'elle ressort de son audition du 9 février 2023 par la gendarmerie et, en particulier, qu'il n'établit pas vivre en concubinage avec la ressortissante française dont il a eu un enfant, ainsi que sa situation professionnelle et la nature de ses ressources. Elle rajoute qu'il n'est pas privé de toute attache personnelle ou familiale dans son pays d'origine. La décision lui refusant un délai de départ volontaire indique que l'intéressé, qui n'a pas sollicité le renouvellement de son titre de séjour, ne justifie d'aucune circonstance particulière pour s'être maintenu irrégulièrement sur le territoire français, qu'il est défavorablement connu des services de police et de la justice pour des faits pour lesquels il est incarcéré, que son comportement représente une menace pour l'ordre public, qu'il a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à une obligation de quitter le territoire et qu'il ne présente pas de garanties de représentation suffisantes notamment en l'absence de documents d'identité ou de voyage valides. La décision fixant le pays de destination vise les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne la nationalité du requérant ainsi que la circonstance qu'il n'établit pas courir des risques dans son pays d'origine. Enfin, la décision lui faisant interdiction de retourner sur le territoire français retient ses conditions d'entrée et de séjour en France, sa situation personnelle et familiale, la menace qu'il représente pour l'ordre public et son absence d'intégration dans la société française. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.
5. Il ressort de cette motivation que le préfet, qui n'était pas tenu de citer la circulaire du 25 mars 2013 relative aux procédures de première délivrance et de renouvellement de titres de séjour aux personnes de nationalité étrangère privées de liberté et dont il ne ressort d'aucune des pièces du dossier qu'il aurait négligé de tenir compte de ce que l'intéressé était incarcéré dans le cadre d'une détention provisoire et n'avait donc pas l'obligation de solliciter par voie postale le renouvellement de leur carte de séjour, s'est livré à un examen suffisamment approfondi de la situation personnelle de M. B.
6. Aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. 2. Ce droit comporte notamment : le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ".
7. M. B, dont il ressort du procès-verbal d'audition du 9 février 2023 qu'il a fourni aux agents de la gendarmerie de Vivonne des renseignements précis relatifs à sa situation administrative, personnelle et professionnelle en indiquant, en particulier, qu'il vit à Niort en concubinage avec une ressortissante française dont il a eu un enfant, se borne à soutenir que son droit d'être entendu a été méconnu, sans préciser en quoi il disposait d'autres informations pertinentes qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance du préfet avant l'édiction de l'arrêté litigieux et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps à l'administration, auraient été de nature à faire obstacle à la mesure d'éloignement qui lui est opposée. En toute hypothèse, il n'est pas allégué qu'il aurait sollicité, en vain, un entretien avec les services préfectoraux, ni qu'il aurait été empêché de présenter ses observations avant que soit prise la décision litigieuse. Dès lors, le moyen tiré de la violation du principe général du droit de l'Union européenne relatif au droit d'être entendu avant l'édiction d'une décision administrative individuelle défavorable, doit être écarté. Il en va de même, en tout état de cause, du moyen tiré de la violation de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
8. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public () ".
9. Il ressort des pièces du dossier que, comme il a été dit au point 1 du présent jugement, M. B a été incarcéré à compter du 24 juin 2022 pour des faits de vol avec arme en récidive, extorsion commise avec une arme en récidive, arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire avec torture d'otage pour faciliter un crime ou un délit suivi de libération avant 7 jours en récidive et violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'incapacité supérieure à 8 jours en récidive. Il ressort des mêmes pièces que, bien qu'ayant obtenu des titres de séjour entre le 18 mars 2013 et le 1er octobre 2022, l'intéressé n'a pas sollicité le renouvellement de son dernier titre de séjour, sans que sa détention provisoire fasse obstacle à une telle demande, laquelle pouvait être formulée par l'intermédiaire de son conseil et suivant la procédure définie par la circulaire du 25 mars 2013 relative aux procédures de première délivrance et de renouvellement de titres de séjour aux personnes de nationalité étrangère privées de liberté qui, contrairement à ce qu'indique le requérant, prévoit bien une procédure uniforme de traitement des demandes de titre de séjour présentées par des personnes étrangères exécutant une peine dont le quantum est supérieur à trois mois. Par suite, et alors même que le préfet aurait commis une erreur de droit en se fondant sur les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il s'avère qu'il aurait pris, à bon droit, exactement la même décision s'il ne s'était fondé que sur les dispositions précitées du 5° du même article.
10. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 2° L'étranger qui justifie par tous moyens résider habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans ; / 3° L'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de dix ans, sauf s'il a été, pendant toute cette période, titulaire d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention " étudiant " () ".
11. D'une part, si le requérant soutient résider en France depuis l'âge de treize-ans, il n'apporte aucun élément permettant d'établir son lieu de résidence habituelle pour les années 2011 et 2012. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 2° de de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
12. D'autre part, il est constant que le requérant n'est plus en situation de séjour régulier au sens et pour l'application des dispositions précitées des 3° de l'article L. 611-3, depuis le 1er octobre 2022, date à laquelle sa dernière carte de séjour temporaire a expiré. Par conséquent, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut être accueilli.
13. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
14. Si M. B est entré en France en 1999 et s'y est maintenu de manière habituelle jusqu'en 2010, puis de 2013 à 2022, il ressort des pièces du dossier qu'il a été incarcéré en 2022 pour les faits extrêmement graves cités au point 1. Ainsi, son comportement constitue une menace pour l'ordre public, alors même qu'il n'a pas encore été jugé pour les faits dont il est inculpé et dont son placement en détention provisoire le 22 juin 2022 indique qu'ils sont suffisamment constitués pour que l'autorité judiciaire procède à son incarcération. S'il prétend vivre avec une ressortissante française dont il aurait eu un enfant, il n'apporte, à l'exception d'une attestation d'hébergement de cette dernière, qui ne présente aucun caractère probant, aucun élément permettant d'établir la véracité de ses allégations. Il ne justifie pas davantage participer à l'éducation et à l'entretien de son enfant. Enfin, il ne soutient pas qu'il serait privé de toute attache personnelle ou familiale en République dominicaine. Par suite, le préfet de la Vienne n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et n'a pas davantage commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé en lui faisant obligation de quitter le territoire français.
15. Il résulte de ce qui a été dit plus haut que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et dirigé contre la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire ne peut qu'être écarté.
16. Aux termes de l'article L 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour () sans en avoir demandé le renouvellement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () ".
17. Comme il a été dit au point 9, le comportement de M. B constitue une menace pour l'ordre public, alors même qu'il n'a pas encore été jugé pour les faits dont il est inculpé et dont son placement en détention provisoire le 22 juin 2022 indique qu'ils sont suffisamment constitués pour que l'autorité judiciaire procède à son incarcération. Par ailleurs, il a déclaré durant son audition par les services de gendarmerie qu'il s'opposerait à l'exécution d'une éventuelle mesure d'éloignement prise à son encontre. Enfin, il est constant qu'il ne dispose pas d'un document d'identité ou de voyage en cours de validité dont ne saurait tenir lieu un simple extrait d'acte de naissance ou un titre de séjour périmé. Dans ces conditions, il existe un risque qu'il se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français et le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
18. Il résulte de ce qui a été dit plus haut que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et dirigé contre la décision fixant le pays d'éloignement de l'intéressé ne peut qu'être écarté.
19. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / (). ". Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.
20. La situation de M. B, telle qu'exposée au point 14, ne peut être regardée comme se caractérisant par des circonstances humanitaires s'opposant à une interdiction de retour sur le territoire français. Dans ces conditions, compte-tenu de ce que l'intéressé ne bénéficie plus du droit de se maintenir en France et qu'il représente, comme il a été dit au point 17, une menace suffisamment caractérisée à l'ordre public, le préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation en édictant à son encontre une interdiction de retour d'une durée de trois ans.
21. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée et, avec elle, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire présentée par M. B.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B et au préfet de la Vienne.
Délibéré après l'audience du 21 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Campoy, président,
M. Henry, premier conseiller,
M. Pipart, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juin 2024.
Le rapporteur,
Signé
R. PIPART
Le président,
Signé
L. CAMPOYLa greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026