jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2301011 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCPA BREILLAT-DIEUMEGARD-MASSON |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête n° 2301011 et des pièces complémentaires enregistrées les 11 avril et 1er août 2023, M. A E, représenté par la SCP Breillat, Dieumegard, Masson, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 7 mars 2023 par lequel le préfet de la Charente-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
3°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de la Charente-Maritime de lui délivrer une carte de séjour temporaire d'une durée d'un an, dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, dans les mêmes conditions d'astreinte, et de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir dans les mêmes conditions d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros qui devra être versée à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :
- il a été pris par une autorité incompétente ;
En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour ;
- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 mars 2024, le préfet de la Charente-Maritime conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que les moyens invoqués sont infondés.
M. E a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 avril 2023.
II. Par une requête n° 2301012 et des pièces complémentaires enregistrées les 11 avril, 1er août, 23 août, 7 septembre et 28 décembre 2023, ainsi qu'une pièce enregistrée le 22 mars 2024 qui n'a pas été communiquée, Mme B D, représentée par la SCP Breillat, Dieumegard, Masson, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 7 mars 2023 par lequel le préfet de la Charente-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
3°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de la Charente-Maritime de lui délivrer une carte de séjour temporaire d'une durée d'un an, dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, dans les mêmes conditions d'astreinte, et de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir dans les mêmes conditions d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros qui devra être versée à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :
- il a été pris par une autorité incompétente ;
En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour ;
- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 mars 2024, le préfet de la Charente-Maritime conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que les moyens invoqués sont infondés.
Mme D a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Bureau a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n° 2301011 et n° 2301012 concernent la situation au regard du séjour de deux époux de nationalité arménienne et présentent à juger des questions semblables. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
2. M. E et Mme D, ressortissants arméniens nés respectivement les 31 janvier 1975 et 3 novembre 1979, sont entrés France les 7 avril 2015 et 7 décembre 2017. M. E a obtenu des titres de séjour en qualité d'étranger malade de décembre 2015 à septembre 2017 dont il a sollicité le renouvellement le 28 août 2017. Par un arrêté du 18 juin 2018, la préfète de la Vienne lui a refusé le titre de séjour sollicité et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours en fixant le pays de renvoi. Cet arrêté a été annulé par un jugement du tribunal administratif de Poitiers du 26 mars 2019 en tant qu'il oblige M. E à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours. La demande d'asile de Mme D a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 12 avril 2018, confirmée par un arrêt de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 31 janvier 2019. Le 4 janvier 2021, l'intéressée a sollicité le renouvellement de l'autorisation provisoire de séjour qui lui a été délivrée, pour la période du 9 janvier 2020 au 8 janvier 2021, par le préfet de la Charente-Maritime, en qualité de parent accompagnant un étranger mineur malade ou, à défaut, la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salariée. Par un arrêté du 12 juillet 2021 le préfet de la Charente-Maritime lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination. Cet arrêté a été confirmé par un jugement du tribunal administratif de Poitiers en date du 1e février 2022. Alors que Mme D s'est soustraite à cette première mesure d'éloignement, elle et son époux ont sollicité, respectivement les 28 septembre 2022 et 13 décembre 2021, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'admission exceptionnelle au séjour. Par deux arrêtés du 7 mars 2023, le préfet de la Charente-Maritime a refusé de leur délivrer un titre de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, M. E et Mme D demande l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
3. Dès lors que M. E et Mme D ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par des décisions du 13 avril 2023, il n'y a plus lieu de statuer sur leurs conclusions tendant à l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les arrêtés dans leur ensemble :
4. Par un arrêté du 9 janvier 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de l'Etat, M. Emmanuel Cayron, secrétaire général de la préfecture et signataire des arrêtés attaqués, a reçu délégation du préfet de la Charente-Maritime à l'effet de signer les décisions prises en matière de police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés litigieux doit être écarté comme manquant en fait.
En ce qui concerne les décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
5. En premier lieu, les arrêtés attaqués visent les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicables à la situation de M. E et Mme D et la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ils mentionnent l'ensemble des éléments relatifs à la situation administrative et personnelle des requérants en rappelant leur nationalité, les conditions de leur entrée sur le territoire français et leur parcours administratif. Ils exposent également la situation privée et familiale des requérants en ce que ceux-ci sont époux et parents de deux enfants mineurs. Le préfet n'était pas tenu de faire référence, de manière exhaustive, à l'ensemble des éléments portés à sa connaissance. Par suite, les décisions attaquées, qui permettent de vérifier que l'autorité préfectorale a procédé à un examen approfondi de la situation personnelle de M. E et Mme D, sont suffisamment motivées et ne sont pas entachées d'un défaut d'examen de leur situation.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 ". En présence d'une demande de régularisation présentée, sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par un étranger qui ne serait pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ".
7. En l'espèce, les requérants font valoir qu'ils sont entrés sur le territoire français en 2015 et 2017, que Mme D démontre une insertion professionnelle en France, que leurs deux enfants mineurs sont scolarisés en France, que leur fils C est suivi dans le cadre d'une tuberculose, qu'ils ont pris des cours de français et qu'ils se sont investis dans des activités bénévoles. Toutefois, si les requérants produisent de nombreuses attestations de leur entourage et de diverses associations, ils ne font pas état de liens personnels et familiaux particulièrement intenses, anciens et stables en France, de nature à caractériser des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels. En outre, à l'exception de missions ponctuelles d'entretien effectuées par le biais d'une association d'insertion professionnelle, Mme D ne démontre pas, à la date de la décision attaquée, une insertion professionnelle stable en dépit de sa présence en France depuis l'année 2017. Par suite, en refusant l'admission exceptionnelle au séjour de M. E et Mme D, le préfet de la Charente-Maritime n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 435-1 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
9. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7 du présent jugement, les éléments produits par M. E et Mme D ne permettent pas d'attester la nature et la stabilité des liens privés et familiaux qu'ils ont développés en France. Ainsi, rien ne s'oppose à ce que la cellule familiale se reconstruise dans leur pays d'origine dont l'ensemble de la famille a la nationalité. Par suite, le préfet de la Charente-Maritime n'a pas porté à leur droit au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a pris les arrêtés attaqués et n'a, dès lors, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français par voie de conséquence de l'illégalité des décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour ne peut qu'être écarté.
11. En deuxième lieu, il y a lieu d'écarter, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 9 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
12. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. () ".
13. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 9 du présent jugement, les décisions attaquées n'ayant pas pour conséquence de séparer les enfants de leurs parents dès lors que la cellule familiale peut se reconstituer en Arménie.
En ce qui concerne les décisions fixant le pays de destination :
14. En premier lieu, les décisions en litige visent notamment l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui constituent le fondement en droit des décisions fixant le pays de destination. Elles relèvent que M. E et Mme D n'établissent pas qu'ils seraient exposés à un risque de subir des peines ou traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans leur pays d'origine et comportent ainsi les considérations qui les fondent. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions fixant le pays de destination manque en fait et doit être écarté.
15. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
16. M. E et Mme D soutiennent que leur retour en Arménie les exposerait personnellement au risque de subir des traitements inhumains et dégradants en raison de leur isolement. Ils n'apportent toutefois pas suffisamment d'éléments de nature à établir la réalité de ce risque, tandis que la demande d'asile de Mme D a été rejetée par une décision de l'OFPRA, confirmée par une décision de la CNDA du 31 janvier 2019 devenue définitive. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des arrêtés du 7 mars 2023, par lesquels le préfet de la Charente-Maritime a refusé à M. E et Mme D la délivrance d'un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination, doivent être rejetées ainsi, par voie de conséquence, que leurs conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les demandes d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire présentées par M. E et Mme D.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes de M. E et Mme D est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A E, à Mme B D, au préfet de la Charente-Maritime et à la SCP Breillat, Dieumegard, Masson.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
Mme Boutet, première conseillère,
M. Bureau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.
Le rapporteur,
Signé
V. BUREAU
Le président,
Signé
A. LE MEHAUTE
La greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
2; 230101
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026