mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2301045 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre - JU |
| Avocat requérant | RODIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 avril 2023, M. A B, représenté par Me Rodier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision référencée " 3F " du 20 mars 2023 par laquelle le préfet de la Vienne a suspendu son permis de conduire pour une durée de six mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui restituer son permis de conduire retiré le 18 mars 2023 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'article L. 234-1 du code de la route, dès lors qu'il a été interpelé sur la voie publique et a aucun moment il n'a été constaté qu'il a pris le volant ou qu'il a conduit son véhicule en état d'ébriété ;
- elle méconnaît l'article préliminaire du code de procédure pénale ;
- elle méconnaît l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juin 2023, le préfet de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la décision portant suspension du permis de conduire est suffisamment motivée, elle ne méconnaît ni l'article L. 234-1 du code de la route, ni le code de procédure pénale et l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de conclure dans cette affaire en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B demande l'annulation de la décision référencée " 3F " du 20 mars 2023 par laquelle le préfet de la Vienne a suspendu son permis de conduire pour une durée de six mois.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / À cet effet, doivent être motivées les décisions qui:/ - restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police. () ". Aux termes de l'article L.211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". La suspension d'un permis de conduire est une mesure de police qui doit être motivée en application de l'article L. 211-2 de ce code.
3. La décision attaquée vise les dispositions pertinentes du code de la route, notamment les articles L. 224-1 et L. 224-2 et indique que M. B a fait l'objet, le 18 mars 2023 à 17 heures d'une mesure de rétention de son permis de conduire pour avoir commis une infraction punie par le code de la route de la peine complémentaire de suspension du permis de conduire, en raison de son refus de se soumettre aux vérifications destinées à établir la preuve de son état alcoolique, source d'un danger grave et immédiat pour la sécurité des usagers de la route et pour lui-même. Par suite, la décision attaquée comprend l'ensemble des considérations de droit et de fait ayant conduit à son édiction, est suffisamment motivée. Ces moyens tirés de vices de forme doivent par conséquent être écartés.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 224-2 du code de la route : " I.- Le représentant de l'Etat dans le département peut, dans les soixante-douze heures de la rétention du permis prévue à l'article L. 224-1, ou dans les cent vingt heures pour les infractions pour lesquelles les vérifications prévues aux articles L. 234-4 à L. 234-6 et L. 235-2 ont été effectuées, prononcer la suspension du permis de conduire lorsque : 1° L'état alcoolique est établi au moyen d'un appareil homologué, conformément au 1° du I de l'article L. 224-1, ou lorsque les vérifications mentionnées aux articles L. 234-4 et L. 234-5 apportent la preuve de cet état ou si le conducteur ou l'accompagnateur de l'élève conducteur a refusé de se soumettre aux épreuves et vérifications destinées à établir la preuve de l'état alcoolique ; () II. - La durée de la suspension du permis de conduire ne peut excéder six mois. (). " Aux termes de l'article L. 234-1 du même code : " I.-Même en l'absence de tout signe d'ivresse manifeste, le fait de conduire un véhicule sous l'empire d'un état alcoolique caractérisé par une concentration d'alcool dans le sang égale ou supérieure à 0,80 gramme par litre ou par une concentration d'alcool dans l'air expiré égale ou supérieure à 0,40 milligramme par litre est puni de deux ans d'emprisonnement et de 4 500 euros d'amende. II.-Le fait de conduire un véhicule en état d'ivresse manifeste est puni des mêmes peines () ".
5. M. B soutient que la décision contestée méconnaît l'article L. 234-1 du code de la route, dès lors qu'il est nécessaire de conduire un véhicule pour que l'infraction de conduire sous l'empire d'un état d'ivresse manifeste soit caractérisée, or en l'espèce il a été interpelé sur la voie publique et a aucun moment il a été constaté qu'il a conduit son véhicule au moment de son interpellation, comme le démontre les trois attestations de témoins versées au dossier.
6. La décision portant suspension du permis de conduire de M. B a été prise à la suite d'une mesure de rétention de son permis de conduire au motif qu'il a refusé le 18 mars 2023 à Chauvigny de se soumettre aux vérifications destinées à établir son état alcoolique sur le fondement du I du 2° de l'article L. 224-1 et du 1° de l'article L. 224-2 du code de la route. Il résulte de l'instruction, et notamment du procès-verbal d'audition de garde à vue de M. B, que ce dernier a reconnu avoir conduit son véhicule alors qu'il était en état d'ébriété, qu'il a également reconnu avoir été vu par les gendarmes à bord de son véhicule dans cet état d'imprégnation alcoolique avant son interpellation et s'être soustrait à la fois au contrôle alcoolémique et à son interpellation. Dès lors, c'est sans méconnaître l'article L. 234-1 du code de la route que le préfet a pu considérer que M. B conduisait un véhicule sous l'empire d'un état alcoolique et prendre la décision attaquée.
7. En troisième lieu, les mesures de suspension provisoire et immédiate du permis de conduire, prises en application des dispositions précitées, constituent une mesure de police administrative et non pas une sanction pénale. Par suite, M. B ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance alléguée de la présomption d'innocence ni des stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. B, tendant à l'annulation de la décision du 20 mars 2023 par laquelle le préfet de la Vienne a suspendu son permis de conduire pour une durée de six mois doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1 : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 16 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
P. CLa greffière,
Signé
N. COLLET
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026