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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2301080

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2301080

jeudi 11 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2301080
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantSCPA BREILLAT-DIEUMEGARD-MASSON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement le 14 avril et le 8 juin 2023, Mme C A, représentée par la SCP Breillat, Dieumegard, Masson, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 mars 2023 par lequel le préfet de la Charente-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Charente-Maritime, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour d'une durée d'un an dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai d'un mois en lui délivrant, le temps de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, à défaut, à lui verser directement, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté a été incompétemment pris ;

- la décision portant refus de séjour est entachée de vices de procédure ; elle est insuffisamment motivée ; elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ; elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle est contraire aux stipulations des articles 2, 3, 8 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle viole les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ; elle méconnaît l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle ne respecte pas les stipulations des articles 2, 3, 8 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant fixation du pays de renvoi est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ; elle est insuffisamment motivée ; elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

L'Office français de l'immigration et de l'intégration a produit des pièces le 30 mai 2023 et des observations enregistrées le 6 juin 2023.

Il résulte de l'instruction que le préfet de la Charente-Maritime a été destinataire de la requête mais n'a pas produit d'observations en défense.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 mai 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la convention franco-sénégalaise relative à la circulation et au séjour des personnes ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La rapporteure publique a été dispensée sur sa proposition de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. Cristille a été entendu au cours de l'audience publique du 4 juillet 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante sénégalaise née en 1995, est entrée en France le 11 février 2019 sous couvert d'un visa de touriste. Elle a été mise en possession d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour la période du 21 octobre 2021 au 20 octobre 2022. Le 8 septembre 2022, Mme A a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 14 mars 2023 notifié le 17 mars, le préfet de la Charente-Maritime lui a opposé un refus, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur l'arrêté pris dans son ensemble :

2. Par un arrêté du 8 mars 2023, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture n°17-2023-025, le préfet de la Charente-Maritime a donné à M. Emmanuel Cayron, secrétaire général de la préfecture, délégation à l'effet de signer les actes et décisions relevant du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en particulier les décisions portant refus de titre de séjour, les obligations de quitter le territoire français prononcées en application de l'article L. 611-1 et les décisions fixant le pays de renvoi en application des articles L. 721-3 à L. 721-5 de ce code. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté.

Sur la décision portant refus de la délivrance d'un titre de séjour :

3. En premier lieu, la décision en litige a visé les textes applicables à la situation de Mme A, et a précisé les raisons pour lesquelles la requérante ne pouvait prétendre à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La décision, qui s'approprie l'avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en date du 6 février 2023, indique notamment que si l'état de santé de l'intéressée nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, celle-ci peut, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle est originaire, y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Cette décision fait également état de la situation personnelle et familiale de Mme A et précise qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Ainsi, la décision comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré d'un défaut de motivation du refus de titre de séjour doit être écarté.

4. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient la requérante, il ne ressort pas de la décision contestée que le préfet de la Charente-Maritime se serait borné à reprendre l'avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 6 février 2023 sans avoir examiné la situation personnelle et médicale de l'intéressée. Si cette dernière soutient que le préfet de la Charente-Maritime n'a pas mentionné qu'elle a un frère de nationalité française et que sa mère dispose d'un titre de séjour pluriannuel, ni le fait qu'elle bénéficie d'un contrat de travail à durée indéterminée, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces éléments aient été portés à la connaissance du préfet avant l'édiction de la décision en litige. Le moyen tiré du défaut d'examen approfondi de sa situation personnelle de la requérante doit être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. () ". Selon l'article R. 425-11 de ce code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé () ".

6. Il ressort des pièces versées au dossier par l'OFII que le rapport médical sur l'état de santé de la requérante a été établi par le docteur B, médecin du service médical de l'OFII, le 21 janvier 2023, pour être soumis au collège de médecins. Il ressort également de l'avis du 6 février 2023 rendu par ce collège, que le docteur B ne faisait pas partie du collège de médecins ayant émis cet avis qui mentionne aussi l'ensemble des éléments de procédure et comporte les signatures requises. Par suite, le moyen tiré de ce qu'il aurait été pris à l'issue d'une procédure irrégulière ne peut qu'être écarté.

7. En quatrième lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que, lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans le pays dont l'étranger est originaire et si ce dernier y a effectivement accès. Toutefois, la partie qui justifie de l'avis d'un collège des médecins de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié et effectivement accessible dans le pays de renvoi.

8. Il ressort des pièces du dossier que pour refuser de délivrer un titre de séjour à Mme A sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Charente-Maritime s'est fondé sur l'avis émis le 6 février 2023 par le collège des médecins de l'OFII. Selon cet avis, si l'état de santé de Mme A nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, l'offre de soins et les caractéristiques du système de santé de son pays d'origine, lui permettent d'y bénéficier effectivement d'un traitement approprié à sa pathologie. Pour contester cet avis, Mme A fait valoir qu'elle souffre d'une leucodystrophie, maladie rare qui nécessite une prise en charge médicale de pointe qui n'est pas disponible dans son pays d'origine et qui implique une greffe de moelle osseuse, de la kinésithérapie motrice à raison de deux fois par semaine et la prise de médicaments. Elle produit à ce titre divers certificats médicaux de différents médecins attestant de sa pathologie et de son suivi médical. Il ressort, cependant, des données du portail MedCOI du bureau européen d'appui en matière d'asile, produites en défense, que la molécule de Ditropan et la molécule de Lioresal administrées à la requérante ont des équivalents thérapeutiques disponibles au Sénégal, qu'un suivi en consultation neurologique à raison d'une fois par an comme actuellement y est aussi disponible, que le suivi par un physiothérapeute est également possible. Si la greffe de moelle osseuse n'est pas réalisable au Sénégal, il ressort des pièces du dossier que cette intervention n'a pour but que de ralentir l'évolution de la maladie et qu'au regard du recul clinique de quatre ans qu'elle permet, la maladie de Mme A évolue lentement de sorte que la greffe n'est pas nécessaire sur le court et le moyen terme. Au surplus, le choix thérapeutique a été laissé à la patiente ce qui démontre l'absence de nécessité absolue de la greffe, et cette dernière a jusqu'ici refusé d'accepter une telle greffe. Enfin, la circonstance que la requérante ait précédemment obtenu un titre de séjour au titre de ses pathologies n'implique pas nécessairement que le préfet, qui devait tenir compte de l'évolution de son état de santé et de la disponibilité des traitements à l'étranger, renouvelle systématiquement le titre de séjour en tant qu'étranger malade de la requérante. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Charente-Maritime aurait méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et commis une erreur manifeste d'appréciation de l'état de santé de la requérante.

9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi () ". Aux termes de l'article 3 de cette convention : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Selon l'article 8 de cette même convention : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits de libertés d'autrui ". Enfin, aux termes de l'article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " La jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente Convention doit être assurée, sans distinction aucune, fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l'origine nationale ou sociale, l'appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation ".

10. Il ressort des pièces du dossier que si la requérante réside en France depuis cinq ans, elle ne démontre pas avoir noué sur le territoire national des liens personnels d'une particulière intensité ou de nature à lui ouvrir un droit au séjour. En outre, elle n'allègue pas être dépourvue d'attaches dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de vingt-quatre ans. Enfin, alors qu'elle pourra bénéficier d'un suivi médical adapté à son état de santé dans son pays d'origine, Mme A n'établit pas qu'elle serait privée du droit à la protection de sa santé ou du droit à l'accès aux soins ni exposée à un risque de subir des peines ou traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Ainsi, la décision de refus de titre de séjour opposée à la requérante ne porte pas une atteinte excessive à son droit à mener une vie privée et familiale en France, ni ne l'expose à des traitements inhumains et dégradants. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des articles 2, 3, 8 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

11. En sixième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

12. La requérante se prévaut des liens que son fils mineur a tissé en France, et soutient que la décision attaquée affecte la stabilité de l'enfant. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la décision contestée n'a ni pour effet, ni pour objet, de séparer la requérante de son enfant mineur qui possède la même nationalité qu'elle et dont l'intérêt est de suivre sa mère. Si Mme A soutient que le père de l'enfant voit son fils et s'occupe de lui, elle ne l'établit par aucune pièce du dossier. En outre, la cellule familiale pourra se reconstituer au Sénégal pays dont le père a aussi la nationalité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant doit être écarté.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :

13. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que la décision portant refus de titre de séjour n'est entachée des illégalités invoquées. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour doit être écarté.

14. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 10 et 12, les moyens tirés de la méconnaissance des articles 2, 3, 8 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

15. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ". Mme A à l'égard de qui le préfet de la Charente-Maritime a refusé un titre de séjour, se trouvait dans l'un des cas où l'autorité administrative peut légalement décider un éloignement sur le fondement des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de la méconnaissance de cet article doit donc être écarté.

Sur la décision portant fixation du pays de renvoi :

16. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que la décision portant obligation de quitter le territoire n'est pas illégale. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire doit être écarté.

17. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

18. D'une part, la décision litigieuse, qui a notamment été prise au visa de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, précise que Mme A n'établit pas qu'elle serait exposée à un risque de subir des peines ou traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Dès lors, cette décision, qui comporte les considérations de droit et de fait qui la fondent, est suffisamment motivée. D'autre part, Mme A n'établit pas qu'elle serait, en cas de retour au Sénégal, effectivement et personnellement exposée à des peines ou traitements inhumains ou dégradants au sens des stipulations précitées. Par ailleurs, il ressort de ce qui a été dit au point 8 qu'elle peut bénéficier d'un traitement approprié à sa pathologie dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme A à fin d'annulation de l'arrêté du 14 mars 2023 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

DECIDE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au préfet de la Charente-Maritime.

Délibéré après l'audience du 4 juillet à laquelle siégeaient :

M. Cristille, président,

Mme Duval-Tadeusz, première conseillère,

Mme Gibson-Théry, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 11 juillet 2024.

Le président-rapporteur

Signé

P. CRISTILLEL'assesseure la plus ancienne

Signé

J. DUVAL-TADEUSZ

La greffière,

Signé

N. COLLET

La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

N. COLLET

N°2301080

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