vendredi 2 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2301431 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | NIBAUDEAU JUSTINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 mai 2023, l'Union départementale des syndicats CGT-Force Ouvrière, le syndicat Force Ouvrière des personnels des communes et établissements publics affiliés au centre de gestion de la fonction publique territoriale de la Vienne et Mme A B, représentés par le cabinet Nibaudeau, demandent au juge des référés :
1°) d'enjoindre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, au maire de la commune de Vivonne de rétablir Mme B dans ses droits en lui permettant de continuer à bénéficier d'une décharge d'activité de service à temps plein pour exercer son droit syndical, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Vivonne d'exécuter la décision à intervenir sans en attendre sa notification, en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Vivonne la somme de 1 200 euros à verser à leur verser à chacun, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est remplie, le maire ayant décidé d'abroger, par son arrêté du 23 mai 2023, l'arrêté du 18 janvier 2023 lui accordant une décharge d'activité de service à compter du 1er janvier 2023 et de la réintégrer dans son poste à compter du 1er juin 2023 ;
- l'arrêté du maire porte atteinte à la liberté syndicale, qui constitue une liberté fondamentale ;
- cette atteinte est grave dès lors que Mme B ne sera plus en mesure d'honorer tous ses mandats syndicaux ;
- elle est également manifestement illégale, le maire de la commune de Vivonne n'étant pas habilité à remettre en cause le droit de décharge d'activité de service accordé à Mme B, au profit du secrétaire général du groupement départemental FO de la Vienne.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mai 2023, la commune de Vivonne, représentée par le Cabinet d'Avocats Ten France, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- elle se contente de tirer les conséquences des décisions prises par le centre de gestion en matière de crédit de temps syndical accordé aux organisations syndicales, en fonction de leur représentativité ;
- M. Olivier Genest, secrétaire général du groupement territorial Force Ouvrière de la Vienne, est compétent pour désigner les délégués FO devant bénéficier d'une décharge syndicale et de la quotité afférente.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n°85-397 du 3 avril 1985 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Gibson-Théry pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gibson-Théry, juge des référés ;
- les observations de Me Renner, substituant Me Nigaudeau, représentant les requérants, qui maintiennent leurs écritures ;
- les observations de Me Levrey, représentant la commune de Vivonne, qui maintient ses écritures ;
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
2. Sur le fondement de l'article L. 521-2, le juge des référés peut ordonner à l'autorité compétente de prendre, à titre provisoire, des mesures d'organisation des services placés sous son autorité, dès lors qu'il s'agit de mesures d'urgence qui lui apparaissent nécessaires pour sauvegarder, à très bref délai, la liberté fondamentale à laquelle il est gravement, et de façon manifestement illégale, porté atteinte. Le caractère manifestement illégal de l'atteinte doit s'apprécier notamment en tenant compte des moyens dont dispose l'autorité administrative compétente et des mesures qu'elle a déjà prises.
3. Aux termes des dispositions de l'article L. 113-1 du code général de la fonction publique : " Le droit syndical est garanti aux agents publics, qui peuvent librement créer des organisations syndicales, y adhérer et y exercer des mandats. () ". Aux termes de l'article L. 214-4 du même code : " Sous réserve des nécessités du service, les collectivités et établissements accordent un crédit de temps syndical aux responsables des organisations syndicales représentatives. Celui-ci comprend deux contingents : / 1° Un contingent est utilisé sous forme d'autorisations d'absence accordées aux représentants syndicaux mandatés pour participer aux congrès ou aux réunions statutaires d'organismes directeurs des organisations syndicales d'un autre niveau que ceux indiqués à l'article 214-3. () Pour les collectivités territoriales et établissements publics affiliés dont le comité social territorial est placé auprès du centre de gestion, ce contingent d'autorisations d'absence est calculé par les centres de gestion. Ceux-ci versent les charges salariales de toute nature afférentes à ces autorisations aux collectivités et établissements précités dont certains agents ont été désignés par les organisations syndicales comme bénéficiaires de ces autorisations d'absence ; / 2° Un contingent est accordé sous forme de décharges d'activité de service. () ". Aux termes de l'article 12 du décret du 3 avril 1985 relatif à l'exercice du droit syndical dans la fonction publique territoriale modifié par le décret n° 2014-1624 du 24 décembre 2014 : " A la suite de chaque renouvellement général des comités techniques, la collectivité territoriale, l'établissement public ou le centre de gestion attribue un crédit de temps syndical aux organisations syndicales, compte tenu de leur représentativité. () Le crédit de temps syndical comprend deux contingents : 1° Un contingent d'autorisations d'absence ; 2° Un contingent de décharges d'activité de service. () ". Aux termes de l'article 14 du même décret modifié : " Le contingent d'autorisations d'absence mentionné au 1° de l'article 12 est calculé au niveau de chaque comité social territorial (). Pour les collectivités et établissements publics dont le comité social territorial est placé auprès du centre de gestion, celui-ci calcule un contingent réparti dans les conditions prévues à l'article 13. () ". Selon l'article 19 du même décret : " Le contingent de décharges d'activité de service mentionné au 2° de l'article 12 est calculé par chaque collectivité ou établissement non obligatoirement affilié à un centre de gestion conformément au barème ci-dessous. / () Pour les collectivités et établissements obligatoirement affiliés à un centre de gestion, ces heures sont réparties par le centre entre les organisations syndicales selon les critères définis à l'article 13. Les centres de gestion remboursent les rémunérations supportées par ces collectivités et établissements dont certains agents bénéficient de décharges de service ou, le cas échéant, mettent à leur disposition des fonctionnaires assurant l'intérim. Les dépenses afférentes sont réparties entre ces collectivités et établissements. "
4. Il résulte de l'instruction que le maire de la commune de Vivonne a, par un arrêté du 23 mai 2023 notifié à Mme B le même jour, abrogé l'arrêté du 18 janvier 2023 par lequel l'autorité communale lui accordait une décharge totale de service pour l'exercice d'une activité syndicale, correspondant à un service à temps complet de 151,67 heures, pour une durée de quatre ans et a décidé de réintégrer l'intéressée dans ses fonctions à compter du 1er juin 2023. Si le syndicat Force Ouvrière des personnels des communes et établissements publics affiliés au centre de gestion de la fonction publique territoriale de la Vienne a, par un courrier du 8 décembre 2022, informé la commune de Vivonne et le président du centre de gestion de la Vienne que Mme B poursuivrait sa décharge d'activité pour exercice syndical pour quatre ans à compter du 1er janvier 2023, il résulte du courrier du 28 février 2023 adressé par le président du centre de gestion de la Vienne à la commune de Vivonne que Mme B n'était pas mentionnée dans la liste transmise par le secrétaire général du groupement départemental Force Ouvrière de la Vienne au titre des agents bénéficiaires de décharges d'activité de service pour exercice syndical, et que le centre de gestion cesserait de rembourser à la commune les charges sociales afférentes à la décharge d'activité de Mme B à compter du 1er mars 2023, le contingent de décharges d'activité attribué à FO étant par ailleurs rempli. En dépit des quatre mandats syndicaux détenus par Mme B, dont deux sont exercés au sein du bureau et de la commission exécutive de l'Union départementale FO de la Vienne et deux à la caisse d'allocations familiales et à la caisse primaire d'assurance maladie, instances au sein desquelles la CGT-FO peut, au demeurant, être représentée par des suppléants, et de ses fonctions de trésorière au sein de son syndicat, le maire de la commune de Vivonne, qui n'a pas compétence pour remettre en question la répartition des contingents de décharges d'activité effectués par le centre de gestion, s'est bornée à tirer les conséquences des informations transmises par le président du centre de gestion de la Vienne en abrogeant l'arrêté en litige. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que Mme B n'aurait pas été autorisée par la commune à participer aux réunions des instances de direction de l'Union départementale FO de la Vienne ou à celles de la Commission exécutive de cette Union en bénéficiant, pour ce faire, d'autorisations d'absence. Dans ces conditions, et alors qu'il n'appartient pas au juge des référés de s'immiscer dans les désignations des agents bénéficiant de décharges d'activité pour exercice syndical réalisées par les organisations syndicales représentatives affiliées à Force Ouvrière, le maire de la commune de Vivonne n'a pas porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté syndicale en abrogeant l'arrêté du 18 janvier 2023 ayant accordé à Mme B une décharge d'activité à temps plein pour quatre ans à compter du 1er janvier 2023.
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit à la demande des requérants tendant à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de la commune de Vivonne. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande présentée par la commune de Vivonne sur le même fondement.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de l'Union départementale des syndicats CGT-Force Ouvrière, du syndicat Force Ouvrière des personnels des communes et établissements publics affiliés au centre de gestion de la fonction publique territoriale de la Vienne et de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l'Union départementale des syndicats CGT-Force Ouvrière, au syndicat Force Ouvrière des personnels des communes et établissements publics affiliés au centre de gestion de la fonction publique territoriale de la Vienne, à Mme A B et à la commune de Vivonne.
Fait à Poitiers, le 2 juin 2023.
La juge des référés,
Signé
S. GIBSON-THERY
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026