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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2301518

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2301518

mardi 19 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2301518
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantBISALU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 juin 2023, Mme D A B, représentée par Me Bisalu, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision en date du 4 avril 2023 par laquelle le préfet de la Vienne a refusé le renouvellement de son titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation et de lui délivrer un titre de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- le préfet a fait preuve de déloyauté en notifiant une décision défavorable alors qu'il savait qu'elle n'était pas présente sur le territoire national ;

- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation, un détournement de pouvoir, a violé le principe d'égalité et porté atteinte à la liberté fondamentale de pouvoir étudier, en lui refusant un titre de séjour ;

- la décision de refus de titre de séjour méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision est entachée de détournement de pouvoir dès lors qu'elle a été prise dans un but autre que celui prévu par les conventions ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen approfondi de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 août 2023, le préfet de la Vienne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de la tardiveté de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention franco-gabonaise du 2 décembre 1992 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Leloup a été entendu au cours de l'audience publique

Considérant ce qui suit :

1. Mme D A B, ressortissante gabonaise née le 19 juin 1992, est entrée en France le 2 octobre 2017, sous couvert d'un visa long séjour " étudiant ", valable du 26 septembre 2016 au 26 septembre 2017. Elle a obtenu des cartes de séjour en qualité d'étudiante valables du 27 septembre 2017 au 26 décembre 2021. Le 25 février 2022, elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 4 avril 2023, le préfet de la Vienne a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire national dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle était susceptible d'être éloignée à l'expiration de ce délai. Mme B demande l'annulation de cet arrêté.

2. Aux termes de l'article L 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision " Aux termes de l'article R 776-2 du code de justice administrative, " Conformément aux dispositions de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, prise en application de l'article L. 251-1 ou des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 du même code, fait courir un délai de trente jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour, au délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément ()."

3. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a reçu notification de la décision attaquée, qui comportait l'indication des voies et délais de recours, le 6 avril 2023. Par suite, en application des articles précités L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et R. 776-2 du code de justice administrative, sa requête enregistrée le 7 juin 2023 au tribunal administratif de Poitiers était tardive. Si Mme B soutient avoir reçu la décision à son domicile alors qu'elle se trouvait au Gabon, les pièces qu'elle présente, à savoir une copie de son passeport et un récépissé de demande de carte de séjour, ne permettent pas d'établir qu'elle aurait signalé ce déplacement aux services de la préfecture. Ainsi, il y a lieu de rejeter la requête pour irrecevabilité et, avec elle, les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E:

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au préfet de la Vienne.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Campoy, président,

M. Pipart, premier conseiller,

M. Leloup, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2023.

Le rapporteur, Le président,

SignéSigné

F. LELOUP L. CAMPOY

La greffière,

Signé

D. GERVIER

La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

D.GERVIER

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