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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2301533

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2301533

mardi 3 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2301533
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantMARQUES-MELCHY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 9 juin 2023 et le 12 septembre 2023, M. B A, représenté par Me Marques-Melchy, demande au tribunal :

1°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté en date du 31 mai 2023 par lequel le préfet de la Charente-Maritime lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire national pour une durée d'un an ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Charente-Maritime de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ; il n'est pas suffisamment motivé ; l'administration n'a pas procédé à un examen particulier approfondi de sa situation personnelle ; la procédure dont il a fait l'objet est irrégulière en ce que la commission du titre de séjour n'a pas été saisie ;

- la décision de refus de titre de séjour est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que ses documents d'identité ne présentent pas de caractère frauduleux et que son identité et sa nationalité n'ont pas non plus été remises en cause par les autorités judiciaires françaises ; en outre, sa formation, qui a un caractère réel et sérieux, est bien destinée à lui apporter une qualification professionnelle; ses intérêts familiaux sont en France et la prise en charge par la structure d'accueil a été probante ; la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée au respect de son droit à une vie privée et familiale en méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français non assortie d'un délai de départ volontaire et fixant le pays de renvoi porte une atteinte manifestement excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;

- la décision fixant le pays de renvoi n'est pas suffisamment motivée ;

- la décision portant interdiction de retour est illégale en ce que le préfet aurait dû assortir la décision portant obligation de quitter le territoire national d'un délai de départ volontaire ; elle porte une atteinte manifestement excessive au droit au respect de sa vie privée ; il justifie de circonstances humanitaires le dispensant d'interdiction de retour.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 septembre 2023, le préfet de la Charente-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens tirés de la requête ne sont pas fondés

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 juin 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention franco-malienne du 26 septembre 1994 sur la circulation et le séjour des personnes ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Leloup a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant malien né le 27 février 2003, est, selon ses déclarations, entré en France au mois de février 2018, à l'âge de 15 ans. Il a été pris en charge par le service d'aide sociale à l'enfance (ASE) à compter du 21 février 2018. Le 3 septembre 2021, il a sollicité un titre de séjour en qualité d'étranger confié à l'ASE avant l'âge de 16 ans. Il a bénéficié de récépissés de demande de titre de séjour successifs du 2 novembre 2021 jusqu'au 13 mars 2023. Par un arrêté en date du 31 mai 2023, le préfet de la Charente-Maritime a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il était susceptible d'être éloigné et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire national pour une durée d'un an. M. A demande l'annulation de ces décisions.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle

2. Par une décision du 16 juin 2023, l'aide juridictionnelle totale a été accordée à M A. Par suite, il n'y a pas lieu à statuer sur ses conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation

En ce qui concerne les moyens dirigés contre l'arrêté dans son ensemble :

3. En premier lieu, l'arrêté litigieux a été signé par le secrétaire général de la préfecture de la Charente-Maritime, qui a reçu délégation, par arrêté du préfet du 8 mars 2023 régulièrement publié au recueil n° 17-2023-025 des actes administratifs le même jour, à l'effet de signer les actes et décisions relevant du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté manque en fait.

4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, que l'arrêté attaqué vise les textes sur lesquels le préfet s'est fondé et, notamment, les dispositions des articles L. 423-22 et L. 611-1, L. 612-2 et L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il expose la situation administrative et personnelle de M. A et détaille les motifs de fait et de droit pour lesquels celui-ci ne peut obtenir de titre de séjour. La motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui vise les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, se confond avec celle du refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement et n'implique pas, dès lors que, comme il vient d'être dit, ce refus est lui-même motivé en droit comme en fait et que les dispositions législatives qui permettent de l'assortir d'une obligation de quitter le territoire français ont été rappelées, de mention spécifique. La décision par laquelle il n'a pas été accordé de délai de départ se réfère au caractère manifestement infondé ou frauduleux de sa demande de titre de séjour. La décision fixant le pays de destination vise les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle mentionne la nationalité du requérant et la circonstance qu'il n'établit pas courir des risques dans son pays d'origine. Enfin, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français expose que l'intéressé ne justifie pas de circonstances humanitaires propre à justifier qu'il soit dérogé au principe du prononcé de cette interdiction sur le fondement de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.

5. En troisième lieu aux termes de l'article L.432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : "Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative: 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance;2° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer la carte de résident prévue aux articles L. 423-11, L 423-12, L. 424-1, L. 424-3, L. 424-13, L. 424-21, L. 425-3, L. 426-1, L. 426-2, L. 426-3, L. 426-6, L. 426-7 ou L. 426-10 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance; 3° Lorsqu'elle envisage de retirer le titre de séjour dans le cas prévu à l'article L. 423-19; 4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1. ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 423-22 du même code : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur son insertion dans la société française.".

6. Comme il est indiqué ci-dessous au point 16, M. A ne remplit pas les conditions posées par l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le préfet n'était pas tenu de soumettre son cas à la commission du titre de séjour.

En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :

7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 111-6 du code de justice administrative, " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil ", ce dernier disposant que " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ".

8. L'article 47 du code civil précité pose une présomption de validité des actes d'état civil établis par une autorité étrangère dans les formes usitées dans ce pays. Il incombe à l'administration de renverser cette présomption en apportant la preuve du caractère irrégulier, falsifié ou non conforme à la réalité des actes en question. Il ne résulte en revanche pas de ces dispositions que l'administration française doit nécessairement et systématiquement solliciter les autorités d'un autre État afin d'établir qu'un acte d'état-civil présenté comme émanant de cet État est dépourvu d'authenticité, en particulier lorsque l'acte est, compte tenu de sa forme et des informations dont dispose l'administration française sur la forme habituelle du document en question, manifestement falsifié.

9. Il en découle que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattu par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties.

10. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.

11. Il ressort des pièces du dossier et notamment du rapport technique d'analyse documentaire de la direction zonale de la police aux frontières sud-ouest que si le jugement supplétif est conforme, il ne comporte aucune sécurité. Par ailleurs, les impressions du support de l'acte de naissance n'ont pas été imprimées en offset par un imprimeur officiel mais avec un mode d'impression non sécurisé, et les références de l'imprimeur sont absentes du document produit, ce que ne conteste pas M. A. Enfin, les deux extraits d'acte de naissance ne comportent, eux aussi, aucune sécurité. Dès lors les éléments produits par le préfet sont suffisants pour renverser la présomption d'authenticité des documents remis par l'intéressé. Le préfet de la Charente-Maritime, pouvait, dans ces conditions, opposer à M. A, par la seule voie déductive de ce défaut d'authenticité de documents, qu'il aurait antérieurement à son entrée et sa prise en charge par l'aide sociale à l'enfance, acquis la majorité légale.

12. En deuxième lieu, aux terme de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance au plus tard le jour de ses seize ans" se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur son insertion dans la société française.".

13. Lorsqu'il examine une demande de titre de séjour de plein droit portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement de ces dispositions, le préfet vérifie tout d'abord que l'étranger est dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou entre dans les prévisions de l'article L. 421-35 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il a été confié, depuis qu'il a atteint au plus l'âge de seize ans, au service de l'aide sociale à l'enfance. Si ces conditions sont remplies, il ne peut alors refuser la délivrance du titre qu'en raison de la situation de l'intéressé appréciée de façon globale au regard du caractère réel et sérieux du suivi de sa formation, de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française.

14. Le requérant n'établit pas qu'il était dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire lors de sa demande de titre de séjour en produisant des documents administratifs, actes de naissance, extraits d'actes de naissance, jugements supplétifs dont l'authenticité est sujette à caution. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré du défaut d'examen de sa situation au regard des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

15. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".

16. M A ne démontre pas avoir tissé sur le territoire français, où il est arrivé à une date récente, des liens particulièrement stables et anciens. Il y est célibataire et sans charge de famille. Il est constant qu'il a de la famille au Mali. Il n'établit pas que sa présence en France auprès de sa tante serait indispensable, cette dernière n'ayant, en tout état de cause, aucune délégation d'autorité parentale vis-à-vis de lui puisqu'il est désormais majeur. Dans ces conditions, le préfet n'a pas porté au respect dû à sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a pris sa décision en refusant de lui délivrer un titre de séjour. Par suite, cette autorité n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

17. Il résulte de ce qui précède que M A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 31 mai 2023 par laquelle le préfet de la Charente-Maritime a refusé le renouvellement de son titre de séjour.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire :

18. En premier lieu, pour les mêmes motifs qu'exposés au point 16, le moyen tiré de ce que la décision attaquée porterait une atteinte manifestement excessive aux droits au respect à la vie privée et familiale, doit être écarté.

19. En second lieu, si le requérant soutient que c'est à tort que le préfet n'a pas assorti l'obligation de quitter le territoire national d'un délai de départ volontaire au vu de sa situation, il n'assortit pas ce moyen de précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

20. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à solliciter l'annulation de la décision du 31 mai 2023 par laquelle le préfet de la Charente-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

21. Il ressort des termes de l'arrêté du 31 mai 2023 que le préfet a visé les articles L. 612-12 et L. 721-3 à L. 721-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et qu'il a indiqué, après avoir rappelé la nationalité du requérant, qu'il n'alléguait pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en cas de retour dans son pays d'origine. Le préfet de la Charente-Maritime a ainsi énoncé de manière suffisamment précise les considérations de droit et de fait sur lesquelles il s'est fondé pour fixer le pays à destination duquel M. A est susceptible d'être éloigné. Dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision et de la non-conformité à l'article L.612-2 doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour

22. En premier lieu, comme il a été dit au point 20, M. A n'établit pas que la décision portant obligation de quitter de territoire français sans délai de départ volontaire serait illégale. Il en résulte qu'il n'est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour serait dépourvue de base légale du fait de la mesure d'éloignement sur laquelle elle est fondée.

23. En second lieu, pour les mêmes motifs qu'exposés au point 16, le moyen tiré de ce que la décision attaquée porterait une atteinte manifestement excessive aux droits au respect à la vie privée et familiale et ne tiendrait pas compte de circonstances humanitaires, doit être écarté.

24. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi susvisée du 10 juillet 1991.

D E C I D E:

Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Charente-Maritime.

Délibéré après l'audience du 19 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Campoy, président,

M. Pipart, premier conseiller,

M. Leloup, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2023.

Le rapporteur,

signé

F. LELOUP

Le président,

signé

L. CAMPOY La greffière,

signé

D. GERVIER

La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

signé

D. GERVIER

N°2301533

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