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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2301675

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2301675

vendredi 14 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2301675
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantMARQUES-MELCHY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 juin 2023, M. A B, représenté par Me Marques-Melchy, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 21 juin 2023 par lequel le préfet de la Vienne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'annuler l'arrêté en date du 21 juin 2023 l'assignant à résidence pour une durée de 180 jours ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

- les arrêtés attaqués sont entachés d'incompétence ;

- la décision portant refus de délivrance du titre de séjour n'est pas suffisamment motivée ; elle est entachée d'un vice de procédure faute pour le préfet d'avoir saisi la commission du titre de séjour ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation au regard des articles L. 412-5 et L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle méconnaît les stipulations de l'article 7 ter de l'accord franco-tunisien et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire méconnait l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ; elle fait obstacle à l'exécution d'une décision de justice qui lui impose de rester en France dans le cadre de l'instruction ouverte pour viol dont il fait l'objet ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant assignation à résidence porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale ainsi qu'à sa liberté d'aller et venir.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 juillet 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Campoy,

- et les observations de Me Marques-Melchy, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant tunisien né le 27 juillet 1988, est, selon ses déclarations, entré irrégulièrement sur le territoire français le 14 janvier 2012. Après s'être marié avec une ressortissante française, il a obtenu la délivrance d'un titre de séjour en qualité de conjoint de français valable du 29 septembre 2017 au 21 mars 2018. Ce titre de séjour n'a pas été renouvelé du fait du divorce des époux intervenu au mois de septembre 2019. L'intéressé a ensuite été incarcéré du 10 décembre 2019 au 13 novembre 2020 pour viol sur son ancienne épouse. Il a également fait l'objet le 13 novembre 2020 d'une première mesure d'éloignement à laquelle il s'est soustrait. Après avoir été libéré et s'être mis en ménage avec une autre ressortissante française, dont il a eu quatre enfants, il a été condamné le 7 juin 2021 à 10 mois d'emprisonnement, dont 4 mois avec sursis probatoire pendant 2 ans, pour violence sans incapacité sur cette dernière. L'intéressé n'a pas non plus respecté son interdiction d'entrer en contact avec la victime dans le cadre de son contrôle judiciaire. M. B a sollicité, le 18 octobre 2022, du préfet de la Vienne, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté en date du 21 juin 2023, le préfet de la Vienne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour au motif que son comportement représentait une menace pour l'ordre public, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il était susceptible d'être éloigné à l'expiration de ce délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par un second arrêté du même jour, le préfet de la Vienne l'a assigné à résidence dans ce département pour une durée de 180 jours. M. B demande l'annulation de ces arrêtés.

Sur les arrêtés dans leur ensemble :

2. Par un arrêté n°2022-SG-DCPPAT-020 du 12 juillet 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de la Vienne n° 86-2002-111 du 13 juillet 2022, le préfet de la Vienne a donné délégation de signature à la secrétaire générale de la préfecture de la Vienne, à l'effet de signer tous actes, arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département de la Vienne, à l'exception de certains actes parmi lesquels ne figurent pas les décisions en matière de police des étrangers. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des arrêtés contestés doit être écarté.

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, la décision de refus de titre de séjour vise les textes sur lesquels s'est fondé le préfet de la Vienne et, notamment, les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988, et cite les articles L. 412-5 et L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur la base desquels le préfet a refusé un titre de séjour à M. B. Après avoir rappelé les faits de viol sur son ancienne épouse, de violence sur sa compagne actuelle et de vol qui lui sont reprochés, cette décision indique que M. B représente une menace pour l'ordre public. Elle rajoute que si l'intéressé est père de plusieurs enfants français, il ne justifie pas de sa contribution effective à l'entretien et à l'éducation de ces derniers, au domicile desquels il ne réside pas. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait négligé de prendre en compte d'autres éléments déterminants de la situation personnelle, familiale et professionnelle du requérant. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; / () / 4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1. ". Aux termes de l'article L. 435-1 du même code : " () Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. () ".

5. Il résulte de ces dispositions que le préfet est tenu de saisir la commission du titre de séjour du seul cas des étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues à ces articles, auxquels il envisage de refuser le titre de séjour sollicité, et non de celui de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions. Or, ainsi qu'il est dit aux points 7 et 9 ci-dessous, M. B ne justifie pas satisfaire aux dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni à celles de l'article L. 435-1 du même code. Sur ce dernier point, il n'est d'ailleurs pas établi, ni même allégué que l'intéressé aurait sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Par suite, le préfet de la Vienne n'était pas tenu de soumettre son cas à la commission du titre de séjour.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 7 quater de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 : " Sans préjudice des dispositions du b et du d de l'article 7 ter, les ressortissants tunisiens bénéficient, dans les conditions prévues par la législation française, de la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ". L'article 11 du même accord précise : " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers et sur tous les points non traités par l'Accord. / Chaque Etat délivre notamment aux ressortissants de l'autre Etat tous titres de séjour autres que ceux visés au présent Accord, dans les conditions prévues par sa législation. ". Aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable en l'espèce : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an (). ". Aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire () ". Enfin, aux termes de l'article 371-2 du code civil : " Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant ".

7. Il ressort des pièces du dossier que, pour refuser un titre de séjour à l'intéressé en qualité de parent d'enfants français, le préfet de la Vienne s'est fondé sur la menace que le comportement de celui-ci constituait pour l'ordre public. Le préfet a ainsi relevé que, comme il a été dit au point 1, M. B a été incarcéré en 2020 pour des faits de viol sur son ex-épouse et, en 2021, pour des faits de violence sur sa compagne et qu'il a, en outre, méconnu l'interdiction d'entrer en contact avec cette dernière dans le cadre de son contrôle judiciaire. Il ressort, en outre, des pièces du dossier que M. B est défavorablement connu des services de police, notamment, pour des faits de vol simple. Eu égard à la gravité des faits qui lui sont reprochés ainsi qu'à leur réitération, le préfet de la Vienne n'a pas fait une inexacte appréciation des circonstances de l'espèce en estimant que le comportement de l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, M. B n'établit pas que le préfet de la Vienne aurait méconnu les dispositions de l'article L. 423-7 de code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de lui délivrer un titre de séjour en qualité de père d'enfants français.

8. En cinquième lieu, aux termes des dispositions du d de l'article 7 ter de l'accord franco-tunisien : " () Reçoivent de plein droit un titre de séjour renouvelable valable un an et donnant droit à l'exercice d'une activité professionnelle dans les conditions fixées à l'article 7 : / - les ressortissants tunisiens qui justifient par tous moyens résider habituellement en France depuis plus de dix ans, le séjour en qualité d'étudiant n'étant pas pris en compte dans la limite de cinq ans ; / - les ressortissants tunisiens qui justifient par tous moyens résider habituellement en France depuis qu'ils ont atteint au plus l'âge de dix ans. ".

9. Si M. B soutient qu'il résidait habituellement en France depuis plus de dix ans à la date de l'arrêté contesté, soit à la date du 21 juin 2023, il n'apporte aucun élément permettant d'établir sa présence effective et continue sur le territoire français depuis l'année 2012, les traces les plus ancienne de sa présence en France étant la date de son mariage avec son ex-épouse, à savoir le 10 décembre 2016. En conséquence, le requérant, qui n'établit pas résider habituellement en France depuis plus de dix ans à la date de l'arrêté contesté, n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Vienne, en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, aurait méconnu les stipulations précitées du d) de l'article 7 ter de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988.

10. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. ". Aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. () ".

11. Si M. B déclare vivre en concubinage avec une ressortissante française dont il a plusieurs enfants, il est constant qu'il est hébergé par son frère et ne réside plus au domicile de la mère de ses enfants, avec laquelle il avait, d'ailleurs, interdiction d'entrer en contact jusqu'au mois d'octobre 2023 dans le cadre de son contrôle judiciaire. L'absence de domicile commun est au demeurant confirmée par les mentions de l'acte de naissance de son dernier enfant du 29 avril 2024 qui indique, à cette date, des adresses différentes pour la mère et le père de cet enfant. Si M. B justifie avoir procédé à des virements bancaires au bénéfice de sa compagne, ces virements, peu nombreux, de faibles montants et qui ont tous été effectués au cours du premier semestre 2023, c'est-à-dire peu de temps avant l'arrêté attaqué, ne suffisent pas à établir qu'il contribuerait véritablement à l'entretien et l'éducation de ses enfants, pas plus, du reste, que l'attestation établie par sa compagne, compte tenu des faits de violence dont cette dernière a déjà été victime, ni celle établie par son frère, manifestement pour les besoins de la cause. Les autres témoignages qu'il produit, qui indiquent qu'il a participé, avec ses enfants, à des distributions alimentaires de certaines associations caritatives et qu'il a accompagné l'un d'entre eux, durant une période indéterminée, à des cours de gymnastique, ne permettent pas davantage d'établir qu'il prendrait en charge leur éducation. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait noué avec d'autres personnes des liens personnels suffisamment intenses, anciens et stables en France. M. B n'établit pas non plus être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine dans lequel il a, en toute hypothèse, vécu plus de 24 ans avant son entrée en France et où, selon les mentions non contestées de l'arrêté attaqué, réside toujours sa mère. Comme il a été dit au point 1, il est très défavorablement connu des services de police et de la justice pour des faits de viol sur son ex-épouse, de violence sur son actuelle compagne et de vol. De plus, il s'est irrégulièrement soustrait à une première mesure d'éloignement. Dans ces conditions, le préfet de la Vienne n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a pris la décision attaquée et n'a, dès lors, pas méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, et compte tenu, notamment, du comportement général de M. B et, en particulier, de la nature des rapports qu'il entretient avec les membres de sa famille, le préfet n'a pas davantage méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :

12. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors applicable à la date de la décision attaquée : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans ; () ".

13. Comme cela a été exposé au point 11, M. B ne justifie pas contribuer de manière effective à l'entretien et à l'éducation de ses enfants français depuis la naissance de ces derniers ou depuis au moins deux ans à la date de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

14. En deuxième lieu, il y a lieu d'écarter, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11, les moyens tirés de la méconnaissance par la décision portant obligation de quitter le territoire, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

15. En dernier lieu, le contrôle judiciaire sous lequel M. B était placé à la date de l'obligation de quitter le territoire français contestée, qui faisait seulement obstacle à l'exécution de cette décision administrative jusqu'à la mainlevée dudit contrôle par le juge judiciaire, est sans incidence sur la légalité de la mesure d'éloignement litigieuse.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

16. Il y a lieu d'écarter, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur la décision portant assignation à résidence :

17. D'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'obligation qui est faite à M. B de se présenter les lundis, mercredis et vendredis au commissariat de police de Châtellerault à 8h00, et de ne pas sortir du département de la Vienne, restreindrait les liens qu'il prétend entretenir avec ses enfants, ni qu'elle l'empêcherait de se rendre à son travail. Par suite, le moyen tiré de ce que cette mesure méconnaîtrait le droit au respect de la vie privée et familiale garanti par les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté.

18. D'autre part, il n'est pas établi que M. B devrait accompagner l'un de ses enfants à des rendez-vous médicaux aux services de pédiatrie du centre hospitalier de Tours, ni que ces rendez-vous seraient incompatibles avec les jours et les horaires durant lesquels il doit se présenter au commissariat de police de Châtellerault, ni, en toute hypothèse, qu'une tierce personne ne pourrait se charger d'un tel accompagnement.

19. Enfin, M. B n'établit pas que les modalités de contrôle de son assignation à résidence porteraient une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir.

20. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Vienne.

Une copie sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 5 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Campoy, président,

M. Henry, premier conseiller,

M. Pipart, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.

Le président rapporteur,

Signé

L. CAMPOY

L'assesseur le plus ancien,

Signé

B. HENRY

La greffière,

Signé

D. GERVIER

La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

D. GERVIER

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