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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2301963

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2301963

jeudi 27 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2301963
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 juillet 2023, M. B et Mme A C demandent au juge des référés le rétablissement en urgence de leur revenu de solidarité active (RSA) auquel il a été mis fin par décision du président du conseil départemental de la Vienne du 4 juillet 2023.

Ils soutiennent que :

- la condition d'urgence est remplie car le RSA constitue leur seule source de revenu ;

- ils souffrent de problèmes de santé qui rendent leurs déplacements difficiles mais l'administration leur a refusé la communication par " dossiers papiers ".

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Boutet, premier conseiller, en application de l'article

L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Selon l'article L. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. / A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentés par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du code précité : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental () ".

2. L'objet même du référé organisé par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative est de permettre, dans tous les cas où l'urgence le justifie, la suspension dans les meilleurs délais d'une décision administrative contestée par le demandeur. Une telle possibilité est ouverte y compris dans le cas où un texte législatif ou réglementaire impose l'exercice d'un recours administratif préalable avant de saisir le juge de l'excès de pouvoir, sans donner un caractère suspensif à ce recours obligatoire. Dans une telle hypothèse, la suspension peut être demandée au juge des référés sans attendre que l'administration ait statué sur le recours préalable, dès lors que l'intéressé a justifié, en produisant une copie de ce recours, qu'il a engagé les démarches nécessaires auprès de l'administration pour obtenir l'annulation ou la réformation de la décision contestée.

3. M. et Mme C, qui peuvent être regardés comme demandant au juge des référés saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 4 juillet 2023 par laquelle le président du conseil département de la Vienne a mis fin aux droits à RSA de Mme C, ne justifient pas avoir saisi le président du conseil départemental du recours prévu à l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles précité, alors que la décision en litige mentionne expressément que cette saisine est un préalable obligatoire à tout recours contentieux. Par ailleurs, les requérants ne justifient pas avoir déposé une requête distincte à fin d'annulation de la décision en litige dont une copie doit être jointe à la requête en référé comme le prévoient les dispositions de l'article R. 522-1 du code de justice administrative précité. Les conclusions à fin de suspension présentées par M. et Mme C ne sont par suite pas recevables.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. et Mme C doit être rejetée comme manifestement irrecevable selon la procédure prévue par les dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative. La présente ordonnance ne fait toutefois pas obstacle à ce que les requérants, s'ils s'y croient fondés, présentent une nouvelle requête en référé.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et à Mme A C.

Copie en sera adressée au département de la Vienne et à la caisse d'allocations familiales de la Vienne.

Fait à Poitiers le 27 juillet 2023.

La juge des référés,

Signé

M. BOUTET

La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

G. FAVARD

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