LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2301980

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2301980

mardi 2 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2301980
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la requête de M. B, ressortissant arménien, contestant le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français pris par la préfète de la Charente. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence et d'insuffisance de motivation, jugeant l'arrêté régulier en la forme. Sur le fond, il a estimé que la décision ne méconnaissait ni l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme ni l'article 3 de la Convention internationale des droits de l'enfant, et qu'aucune erreur manifeste d'appréciation n'était caractérisée. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des demandes de M. B, incluant les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 juillet 2023, M. A B, représenté par Me Bonneau, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 5 mai 2023 par lequel la préfète de la Charente lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné à l'expiration de ce délai ;

2°) à titre principal, d'enjoindre à la préfète de la Charente de lui délivrer un titre de séjour d'un an portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation en lui délivrant, le temps de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour dans un délai 48 heures à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ; il n'est pas suffisamment motivé ; il est entaché d'un vice de procédure en ce que la commission du titre de séjour n'a pas été saisie préalablement à la décision de la préfète en application de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision portant refus de délivrance du titre de séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation s'agissant de ses liens privés et familiaux sur le territoire français et au regard des circonstances humanitaires et des motifs exceptionnels tenant à sa situation ; elle méconnait les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle méconnait les stipulations du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnait les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle méconnait les stipulations du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 juillet 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Campoy a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant arménien né le 29 juillet 1970, est entré en France avec son épouse et leur fils, le 12 janvier 2018 sous couvert d'un visa de court séjour valable du 12 janvier 2018 au 2 février 2018. Il a sollicité le statut de réfugié qui lui a été refusé par une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 30 octobre 2020, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 23 juin 2021. Il s'est soustrait à une première mesure d'éloignement en date du 17 mars 2021, confirmée par jugement du tribunal administratif de Poitiers en date du 18 mai 2021. Le 3 novembre 2022, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour ou la délivrance d'un titre de séjour au titre de ses liens privés et familiaux en France. Par un arrêté en date du 5 mai 2023, la préfète de la Charente a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné à l'expiration de ce délai. M. B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur l'arrêté dans son ensemble :

2. En premier lieu, par un arrêté n° 16-2022-11-24-00010 du 24 novembre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de la Charente n° 16-2022-155 du 25 novembre 2022, la préfète de la Charente a donné délégation de signature à la secrétaire générale de la préfecture de la Charente, à l'effet de signer tous actes, arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département de la Charente, à l'exception de certains actes parmi lesquels ne figurent pas les décisions en matière de police des étrangers. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté contesté doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté contesté vise les textes sur lesquels s'est fondée la préfète de la Charente et, notamment, les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment les articles L. 423-23, L. 611-1 1° et 3°, L. 612-1 et L. 721-4. Il mentionne l'ensemble des éléments relatifs à la situation administrative et personnelle de M. B, en rappelant les conditions de son entrée sur le territoire français, ainsi que les raisons de fait pour lesquelles sa demande de titre de séjour doit être rejetée. La motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui vise les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, se confond avec celle du refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement et n'implique pas, dès lors que, comme il vient d'être dit, ce refus est lui-même motivé en droit comme en fait et que les dispositions législatives qui permettent de l'assortir d'une obligation de quitter le territoire français ont été rappelées, de mention spécifique. Enfin, la décision fixant le pays de destination vise les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle mentionne la nationalité du requérant et la circonstance qu'il n'établit pas courir des risques dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L.432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance () ".

5. Il résulte de ces dispositions que le préfet est tenu de saisir la commission du titre de séjour du seul cas des étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues à ces articles, auxquels il envisage de refuser le titre de séjour sollicité, et non de celui de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions. Or, ainsi qu'il est dit au point 7 ci-dessous, M. B ne justifie pas satisfaire aux dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, la préfète de la Charente n'était pas tenue de soumettre son cas à la commission du titre de séjour.

Sur la décision portant refus de délivrance de titre de séjour :

6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. () ". Aux termes de l'article L. 435-1 même code : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ". Enfin, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".

7. Si M. B se prévaut de ce qu'il est entré régulièrement en France où il réside depuis le 12 janvier 2018, il ressort des pièces du dossier qu'il s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire en dépit du rejet de sa demande d'asile par l'OFPRA et la CNDA et d'une précédente mesure d'éloignement. Il ne fait état d'aucun élément de nature à démontrer une insertion particulière en France où il n'est pas contesté qu'il est sans emploi et sans ressources. Le requérant ne démontre pas avoir exercer la moindre activité professionnelle lorsqu'il bénéficiait de la qualité de demandeur d'asile. Son épouse, de nationalité arménienne, fait, elle aussi, l'objet d'un refus de titre de séjour ainsi que d'une mesure d'éloignement concomitante. Rien ne fait obstacle à ce que leur fils, qui a la même nationalité que ses parents, les accompagne en cas de retour dans leur pays d'origine. Si le requérant se prévaut de la scolarisation de ce dernier sur le territoire français, il n'est aucunement établi que cet enfant ne pourrait poursuivre sa scolarité en Arménie. Il ressort d'ailleurs des pièces du dossier que celui-ci a fait l'objet d'une mesure d'expulsion de son établissement scolaire pour des faits de violence. Le requérant, qui ne démontre pas avoir tissé en France des liens privés et familiaux suffisamment intenses et stables, ne se prévaut tout au plus que d'une activité bénévole d'août 2019 à septembre 2020, sans pour autant établir la fréquence de ces activités. M. B, qui n'établit pas avoir des membres de sa famille résidant sur le territoire français, ne démontre pas non plus être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 48 ans. Comme il a été dit plus haut, sa demande d'asile a déjà été rejetée par l'OFPRA et la CNDA. L'admission exceptionnelle au séjour du requérant ne répondant ainsi à aucune considération humanitaire et n'étant pas davantage justifiée au regard de motifs exceptionnels, la préfète de la Charente n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en rejetant la demande de titre de séjour dont elle était saisie. Dans ces conditions, la décision de refus de titre de séjour attaquée n'a pas porté à son droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéresséune atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et la préfète, qui n'a pas méconnu les stipulations et dispositions citées au point précédent, ne s'est pas davantage livrée à une appréciation manifestement erronée des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle et familiale.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. () ". Dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

9. Comme cela a été dit au point 7, le fils du requérant est de nationalité arménienne. Il n'est aucunement établi que cet enfant ne pourrait poursuivre sa scolarité en Arménie. Rien ne s'oppose donc à ce qu'il regagne avec ses parents le pays dont ils ont tous la nationalité. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations citées au point 8 doit être écarté.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

10. En premier lieu, il y a lieu d'écarter, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7, le moyen tiré de la méconnaissance par la décision portant obligation de quitter le territoire, des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

11. En second lieu, le moyen tiré de ce que la décision attaquée méconnaitrait les stipulations du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point 9.

12. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de la Charente.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Campoy, président,

M. Henry, premier conseiller,

M. Pipart, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.

Le président rapporteur,

Signé

L. CAMPOY

L'assesseur le plus ancien,

Signé

B. HENRY

La greffière,

Signé

D. GERVIER

La République mande et ordonne à la préfète de la Charente en ce qui la concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

D. GERVIER

N°2301980

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions