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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2302182

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2302182

lundi 14 août 2023

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2302182
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 août 2023, M. A D, représenté par Me Renner, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner à la commune de Sanxay, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de prendre toute mesures utiles à la protection des usagers et des occupants de son immeuble en procédant d'office aux travaux de conservation de l'immeuble de Monsieur C, aux frais de ce dernier ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Sanxay une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la condition d'urgence est remplie dès lors que les désordres affectant la toiture de la maison de M. C s'aggravent et compromettent la solidité des immeubles voisins ;

- la mesure est utile dès lors qu'il s'agit de palier à la carence fautive de la commune qui ne fait pas exécuter son arrêté de péril du 27 septembre 2018 ;

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

3. Enfin, en vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

4. Il résulte de l'instruction que M. D est propriétaire d'un bien situé 9 place de la Poste, à Sanxay, cadastré sous la section 874 et 999. L'immeuble voisin appartient à M. C qui y a procédé au bâchage de sa toiture au cours de l'année 2003. Un rapport d'expertise de l'assureur du requérant rapporte que les désordres occasionnés par les travaux de M. C sur sa toiture ont engendré une dégradation de la maçonnerie et de la charpente de M. D. Suite à une expertise judiciaire ordonnée par le tribunal de grande instance de Poitiers, le maire de la commune de Sanxay a édicté le 27 septembre 2018 un arrêté de péril enjoignant M. C de prendre toute mesure pour garantir la sécurité publique en procédant sous deux mois à la remise en état de sa toiture et lui indiquant que faute pour lui d'avoir exécuté les mesures nécessaires, la commune ferait procéder aux travaux d'office à ses frais. Par courrier du 10 janvier 2022, M. D a mis en demeure la commune de Sanxay de se substituer au propriétaire défaillant en application des articles L. 511-2 et L. 511-3 du code de la construction et de l'habitation. Cette demande est demeurée sans suite. M. D demande au juge des référés d'enjoindre à la commune de Sanxay de prendre toute décision permettant de se substituer au propriétaire défaillant, aux fins de réaliser en lieu et place du propriétaire, les travaux de remise en état prescrits dans l'arrêté de péril imminent.

5. Le silence gardé par la commune de Sanxay sur la mise en demeure qui lui a été adressée le 10 janvier 2022 a provoqué la naissance d'une décision implicite de rejet de la demande de M. D. La voie du référé suspension prévue par l'article L. 521-1 du code de justice administrative lui est ainsi ouverte pour demander la suspension de cette décision négative, y compris en présentant des conclusions à fin d'injonction dans le cadre de cette instance. Eu égard au caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3 évoqué précédemment, la demande de M. D ne peut, dès lors, qu'être rejetée ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A D et à la commune de Sanxay.

Fait à Poitiers, le 14 août 2023.

Le juge des référés,

Signé

FJ. B

La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

N. COLLET

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