mardi 17 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2302272 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET AVELIA |
Vu la procédure suivante :
Par un courrier enregistré le 19 juillet 2022, et des mémoires enregistrés le 16 novembre 2022, le 11 janvier 2023 et le 20 septembre 2023, M. D C et Mme B A, représentés par Me Renner, demandent au tribunal administratif, dans le dernier état de leurs écritures, d'enjoindre au département des Deux-Sèvres, en exécution du jugement du tribunal administratif de Poitiers n°1701226 du 22 décembre 2021 :
1°) de procéder à l'entretien immédiat des abords de la digue F en abattant l'ensemble des arbres situés sur cette digue, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
2°) de mettre en place dès la notification de la décision à intervenir une solution de pompage pour cet étang dans l'attente de la réalisation des travaux définitifs, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du département des Deux-Sèvres une somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les travaux d'abattage des arbres déjà réalisés par le département sont insuffisants dès lors qu'ils ont été limités aux seuls arbres situés au niveau du tunnel de vidange, contrairement aux préconisations de l'expert judiciaire et à celles du centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (CEREMA) ; l'intervention qui a eu lieu pour abattre les 6 ou 7 arbres, a été réalisée avec un engin et un équipement représentant un poids total de 25 tonnes en méconnaissance des préconisations du CEREMA ;
- les travaux prescrits par le tribunal n'ont pas été réalisés à l'expiration du délai imparti par la juridiction ; ce n'est que le 13 décembre 2022 qu'ils ont été invités à une réunion concernant un point d'avancement en présence de l'entreprise Bonnet, chargée de réaliser les travaux de réparation ; à l'issue de cette réunion, le planning de travaux de consolidation du tunnel de vidange de l'étang leur a été adressé, accompagné d'une notice technique afin de recueillir leur avis, étant indiqué que ce planning était indicatif et ne comportait pas de date précise ; par lettre datée du 30 décembre 2022, le département des Deux-Sèvres leur a confirmé que l'entreprise Bonnet serait mandatée pour démarrer les prestations dès le début de l'année 2023 et que l'intervention sur site était prévue à partir de la fin du mois de janvier 2023 ; ils ne disposent d'aucune proposition d'indemnisation tel qu'elle était annoncée dans ce dernier courrier ; les travaux, qui n'ont finalement été achevés qu'au mois de mars 2023, ne sont pas conformes ; le mur de fermeture du tunnel qui passe sous la route comporte de nombreuses traces verticales d'humidité ainsi qu'une fissure horizontale juste au-dessus des déversoirs ; au niveau des vannes et des déversoirs, il y a une présence d'humidité alors que le barrage est fermé ; il n'existe pas de sondage ou de piézomètre ; au niveau du système des ouvertures de pelles, l'ouvrage est accessible aisément, de sorte que sa sécurité n'est pas assurée ; de nombreux trous au sol sont présents au bas des murs latéraux du canal de vidange provoquant des suintements et de légers écoulements dans le canal ;
- l'installation d'une solution de pompage à la charge du département permettrait de renvoyer dans l'étang l'eau fuyante par le canal de vidange.
Par quatre mémoires en défense, enregistrés le 26 août 2022 et le 26 septembre 2023, le département des Deux-Sèvres conclut au rejet de la requête de M. C et Mme A et à ce que soit mise à leur charge la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- en application du jugement, le département a versé aux requérants les sommes de 29 045,18 euros, correspondant à la somme de 24 564 euros qu'il a été condamné à leur verser, assortie des intérêts au taux légal avec capitalisation au titre des préjudices subis, de 12 000 euros au titre de la prise en charge des frais d'expertise qui avaient été versés en provision par les requérants et de 1 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
- il a bien procédé à l'entretien de la végétation dans le délai de 3 mois fixé par le jugement après avoir saisi le CEREMA qui a établi un plan de gestion de la végétation qui sera mené sur plusieurs années ; des travaux ont été réalisés, conformément aux conclusions du CEREMA, durant la semaine du 21 au 25 mars 2023 ;
- il a engagé la procédure de réalisation des travaux de consolidation du canal de vidange, dès lors qu'un appel d'offres relatif à un marché de conception-réalisation a été lancé, avec un délai de remise de l'offre au 2 septembre 2022, que la réalisation de ces travaux était prévue entre novembre et décembre 2022 et que dans l'attente, il a pris les mesures pour assurer la sécurité publique (contrôle hebdomadaire de la déformation de la chaussée, digue interdite à la circulation des véhicules et piétons) ;
- la solution de pompage pour assurer un niveau d'eau minimum dans l'étang des requérants ne fait l'objet d'aucune injonction dans le jugement du 22 décembre 2021, cette décision enjoignant seulement au département d'assurer la sécurité du public dans l'attente des travaux de consolidation du canal de vidange ; l'installation d'un système de pompage est totalement indépendante des questions de sécurité du public.
Par une ordonnance du 22 août 2023, le président du tribunal administratif a, dès lors qu'un délai de six mois s'était écoulé depuis la saisine du tribunal administratif par M. C et Mme A, décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle, en application de l'article R. 921-6 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Campoy,
- les conclusions de M. Revel, rapporteur public,
- et les observations de Me Renner, représentant M. C et Mme A, ainsi que celles de Mme E, représentant le département des Deux-Sèvres.
Considérant ce qui suit :
1. M. D C et Mme B A sont propriétaires depuis le 12 septembre 2014 d'un ensemble immobilier, situé sur le territoire de la commune de Chantecorps (Deux-Sèvres) comprenant notamment cinq plans d'eau. L'un d'entre eux, qui est affecté à une activité piscicole et situé sur la parcelle cadastrée section B n° 359, est retenu sur ses berges Est par un barrage, dit F, sur la crête duquel passe la route départementale (RD) 524. Le 3 mars 2017, les intéressés ont demandé au président du conseil départemental des Deux-Sèvres le remboursement des travaux d'entretien de la digue qu'ils avaient réalisés, en réclamant, en outre, une intervention de ses services permettant de réparer une fuite et d'éviter le déversement des fossés de la route départementale dans les eaux de leur étang. Leur demande ayant fait l'objet d'une décision implicite de rejet, M. C et Mme A ont demandé le 16 mai 2017 au tribunal de condamner le département des Deux-Sèvres à leur verser la somme de 24 564 euros en réparation du préjudice financier correspondant aux frais d'entretien de la digue et d'enjoindre à ce dernier d'assurer la sécurité de la digue et de prendre toutes mesures nécessaires pour faire cesser les désordres affectant cet ouvrage. Après avoir organisé une expertise, dont le rapport a été remis le 30 juin 2021, le tribunal administratif de Poitiers a, par un jugement n°1701226 du 22 décembre 2021, notifié le même jour aux parties et devenu définitif faute d'avoir été frappé d'appel, condamné le département des Deux-Sèvres à verser à M. C et Mme A une indemnité de 24 564 euros au titre des préjudices subis, assortie des intérêts au taux légal à compter du 6 mars 2017 et a, notamment, enjoint au département des Deux-Sèvres, d'une part, de faire réaliser les travaux d'entretien de la végétation nécessaires à la sauvegarde de la digue soutenant la RD 154 dans le délai de trois mois, d'autre part, de faire réaliser ou de financer, dans le délai d'un an, les travaux de consolidation du canal de vidange appartenant à M. C et Mme A, selon l'une des méthodes préconisées par l'expert et en accord avec ceux-ci, en prenant d'ici là les mesures d'urgence nécessaires pour assurer la sécurité publique. Le 19 juillet 2022, M. C et Mme A ont demandé, en exécution de ce jugement, à ce qu'il soit enjoint, sous astreinte, au département des Deux-Sèvres de procéder à l'entretien immédiat des abords de la digue en procédant à l'abattage de l'ensemble des arbres selon les préconisations de l'expert, de réaliser les travaux de consolidation du canal de vidange et, dans l'attente de la réalisation de ces travaux, de mettre en œuvre, dès la notification de la décision à intervenir, une solution de pompage.
Sur les conclusions à fin d'exécution :
2. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement (), la partie intéressée peut demander au tribunal administratif () qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence de définition, par le jugement dont l'exécution lui est demandée, des mesures qu'implique nécessairement cette décision, il appartient au juge saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative d'y procéder lui-même en tenant compte des situations de droit et de fait existant à la date de sa décision. Si la décision faisant l'objet de la demande d'exécution prescrit déjà de telles mesures en application de l'article L. 911-1 du même code, il peut, dans l'hypothèse où elles seraient entachées d'une obscurité ou d'une ambigüité, en préciser la portée. Le cas échéant, il lui appartient aussi d'en édicter de nouvelles en se plaçant, de même, à la date de sa décision, sans toutefois pouvoir remettre en cause celles qui ont précédemment été prescrites, ni méconnaître l'autorité qui s'attache aux motifs qui sont le soutien nécessaire du dispositif de la décision juridictionnelle dont l'exécution lui est demandée. En particulier, la rectification des erreurs de droit ou de fait dont serait entachée la décision en cause ne peut procéder que de l'exercice, dans les délais fixés par les dispositions applicables, des voies de recours ouvertes contre cette décision.
En ce qui concerne l'abattage des arbres :
4. Si, dans son rapport du 30 juin 2021, l'expert désigné par le tribunal a préconisé d'abattre environ trente arbres longeant la crête du talus constituant la digue F, le tribunal s'est borné, au point 13 des motifs de son jugement, à enjoindre au département des Deux-Sèvres de procéder aux abattages d'arbres préconisés par l'expert " dans la limite de ce qui était strictement indispensable " et " sous réserve le cas échéant de l'obtention des autorisations nécessaires ", dans le délai de trois mois à compter du jugement à intervenir.
5. Il résulte de l'instruction qu'après saisine, par le département, du Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (CEREMA) afin de définir les travaux à réaliser sur la végétation, celui-ci a, dans un rapport du mois de mars 2022, dont les conclusions ne sont aucunement contestées, indiqué qu'il existait un risque de fragilisation de la digue en cas de déracinement, en même temps, de la totalité des arbres situés sur cet ouvrage et a préconisé, d'une part, des travaux ponctuels d'abattage des arbres au droit de l'ouvrage de vidange et, d'autre part, pour le reste de la digue, un simple plan de gestion de la végétation sur plusieurs années. Par ailleurs, le site F étant inscrit sur la liste des monuments naturels et sites classés, le département a saisi le 21 mars 2022, conformément aux articles L. 341-10 et R. 341-9 du code de l'environnement, l'architecte des bâtiments de France qui a émis le 28 mars 2022 un avis favorable sur le plan de gestion réalisé par le CEREMA. Conformément aux conclusions du rapport du CEREMA, le département a ensuite fait procéder à l'abattage des arbres au droit de l'ouvrage hydraulique dans la semaine du 21 au 25 mars 2022.
6. Il ne résulte d'aucune des pièces versées au débats que l'abattage de l'ensemble des arbres situés sur la digue aurait été indispensable dès lors qu'une grande partie de ces derniers ne sont pas implantés au droit de l'ouvrage hydraulique dont la solidité est menacée et, au surplus, qu'il résulte du rapport d'expertise précité que les arbres restant contribuent, par leur système racinaire, à la solidité du reste de la digue. De plus, la solution technique retenue pour la consolidation de cet ouvrage, qui consiste à remplir de béton l'ancien canal d'évacuation après l'avoir busé, supprime, en principe, tout risque d'effondrement lié aux infiltrations racinaires, ce qui ne rend plus indispensable un abattage généralisé des arbres se trouvant à proximité de l'ouvrage. Par ailleurs, la circonstance que l'intervention, qui a eu lieu pour abattre les arbres situés au droit de l'ouvrage, a été réalisée avec un engin et un équipement représentant un poids total de 25 tonnes en méconnaissance des préconisations du CEREMA est sans influence sur le respect par le département du jugement susmentionné qui n'a ni pour objet, ni pour effet, d'imposer au département des contraintes techniques concernant les engins appelés à intervenir sur ce chantier. Dans ces conditions, compte tenu des diligences accomplies par le département ainsi que des contraintes techniques et réglementaires liées à la réalisation du rapport du CEREMA et à l'établissement de l'avis de l'architecte des bâtiments de France, le département des Deux-Sèvres doit être regardé comme ayant, sur ce point, entièrement exécuté le jugement du tribunal.
En ce qui concerne les travaux de consolidation :
7. En premier lieu, il résulte de l'instruction qu'un appel public à la concurrence pour un marché de conception-réalisation portant sur les travaux de consolidation du tunnel de vidange de l'étang des Châteliers a été publié le 4 juillet 2022 avec une date limite de remise des offres le 2 septembre suivant. L'entreprise Bonnet a été désignée titulaire du marché à l'issue de cette consultation. Les requérants ont validé, le 13 décembre 2022, la solution technique retenue, consistant, notamment, à mettre en place deux tubes dans l'ancien tunnel, puis à combler celui-ci avec du béton fluide, qui pouvait être mise en œuvre dès le début du mois de janvier 2023. Il résulte de l'instruction et notamment du courriel des requérants du 16 décembre 2022 que ces derniers se sont opposés à la réalisation de ces travaux durant cette période au motif que ceux-ci faisaient obstacle à leur exploitation piscicole et ont proposé que ces travaux s'effectuent du 1er novembre au 31 décembre 2023, tout en subordonnant, d'ailleurs, la mise en œuvre de cette solution à la location de leur étang par le département pour la période du mois de novembre 2023 pour la somme de 19 200 euros qui n'a jamais été prévue par le jugement dont l'exécution est demandée. Par suite, si les travaux litigieux n'ont pu s'exécuter qu'avec retard par rapport aux prescriptions du tribunal, il résulte de l'instruction que ce retard est imputable, d'une part, aux contraintes techniques et juridiques inhérentes à la passation d'un marché public et, d'autre part, au comportement des requérants eux-mêmes.
8. En deuxième lieu, il ne résulte pas du constat d'huissier du 15 juin 2023 que les travaux réalisés par le département, dont les requérants admettent finalement, dans le dernier état de leurs écritures, qu'ils ont bien été effectués au cours de mois de mars 2023, ne seraient pas conformes à la solution technique qu'ils ont validés le 13 décembre 2022. Les seules circonstances que le mur de fermeture du tunnel, qui passe sous la route, comporte des traces verticales d'humidité ainsi qu'une fissure horizontale juste au-dessus des déversoirs et qu'il existe une présence d'humidité au niveau des vannes et des déversoirs, n'impliquent pas nécessairement que l'ouvrage ainsi réalisé ne soit pas conforme à sa destination. Par ailleurs, les trous percés au bas des murs latéraux du canal de vidange, qui laissent échapper des suintements et de légers écoulements dans le canal, constitue manifestement des dispositifs permettant de drainer l'humidité des sols auxquels ces murs sont adossés et ne présentent, par suite, aucun risque pour la solidité de l'ouvrage. Enfin, le jugement n'a jamais prévu l'installation d'un quelconque piézomètre, ni la mise en sécurité du système de vidange de l'étang. Le département des Deux-Sèvres devant ainsi être regardé comme ayant satisfait à ses obligations, la demande d'exécution sous astreinte présentée, sur ce point, par M. C et Mme A doit être rejetée.
9. En dernier lieu, si les requérants soutiennent que le département ne leur a fait aucune proposition d'indemnisation en dépit de ce qui leur était annoncé dans le courrier susmentionné du 30 décembre 2022, ils soulèvent de la sorte un litige distinct qui ne se rapporte pas à l'exécution du jugement du 22 décembre 2021 et dont il n'appartient pas au juge de l'exécution de connaître dans le cadre de la présente instance.
En ce qui concerne les mesures d'urgences :
10. Les requérants soutiennent que dans l'attente de la réalisation des travaux de consolidation du canal de vidange, aucune solution provisoire n'a été mise en œuvre pour limiter la perte d'eau subie par l'étang leur appartenant, alors même qu'une solution de pompage a été sollicitée auprès du département des Deux-Sèvres et qu'aucune réponse ne leur a été apportée.
11. Si le jugement du 22 décembre 2021 a enjoint au département de faire réaliser dans le délai d'un an, les travaux de consolidation du canal de vidange, en prenant d'ici là les " mesures d'urgences nécessaires ", ce jugement indique, sans équivoque possible, que ces mesures sont destinées à " assurer la sécurité du public ", et non pas à garantir la stabilité du niveau de l'eau dans l'étang des intéressés. Le même jugement relève, d'ailleurs, à son point 8, qu'il n'existe pas d'éléments suffisants permettant d'établir le lien direct et certain entre la perte d'eau subie par l'étang et le défaut d'entretien de l'ouvrage public que constitue la digue, ce qui fait, en toute hypothèse, obstacle à toute indemnisation des requérants sur ce point. Par ailleurs, s'agissant des mesures d'urgence liées à la sécurité du public, il résulte de l'instruction que le département des Deux-Sèvres a interdit la digue à la circulation des véhicules et des piétons, et mis en place un contrôle hebdomadaire de la déformation de la chaussée pour anticiper tout mouvement important. Par suite, cette collectivité ne peut être regardée comme n'ayant pas exécuté le jugement susmentionné en n'assurant pas les travaux de pompage sollicités, dont la réalisation n'était pas prévue par cette décision.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département des Deux-Sèvres, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. C et Mme A demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
13. Si une personne publique qui n'a pas eu recours au ministère d'avocat peut demander au juge le bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais spécifiques exposés par elle à l'occasion de l'instance, elle doit faire état précisément des frais qu'elle a exposés pour défendre à l'instance. Faute pour le département des Deux-Sèvres, qui n'est pas représenté par un avocat, de justifier de tels frais, sa demande doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La demande d'exécution du jugement du tribunal administratif de Poitiers n°1701226 du 22 décembre 2021 est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du département des Deux-Sèvres tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et à Mme B A ainsi qu'au département des Deux-Sèvres.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Campoy, président,
M. Henry, premier conseiller,
M. Pipart, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2023.
Le président rapporteur,
Signé
L. Campoy
L'assesseur le plus ancien,
Signé
B. Henry La greffière,
Signé
D. Gervier
La République mande et ordonne au préfet des Deux-Sèvres en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
La Greffière
Signé
D.GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026