lundi 23 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2302351 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | PELEKA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 25 août et le 14 octobre 2023, M. F, représenté par Me Peleka, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 1er août 2023 par lequel le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français avec délai de départ volontaire et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné ;
3°) d'annuler l'arrêté du 24 août 2023 par lequel le préfet de la Vienne a retiré le délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et l'a interdit de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;
4°) d'annuler l'arrêté du 24 août 2023 par lequel le préfet de la Vienne l'a assigné à résidence pour une durée de 180 jours ;
5°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de réexaminer sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
6°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'arrêté du 1er août 2023 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire :
- l'arrêté a été pris par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
Sur l'arrêté du 24 août 2023 retirant le délai de départ de volontaire, fixant le pays de renvoi et l'interdisant de retour sur le territoire pour une durée de deux ans :
- il doit être annulé par voie de conséquence de l'annulation de l'arrêté du 1er août 2023 portant refus de titre de séjour ;
Sur l'arrêté du 24 août 2023 portant assignation à résidence :
- l'arrêté a été pris par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 décembre 2024, le préfet de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Le rapport de M. Jarrige a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. G C, ressortissant guinéen né le 28 avril 2002, déclare être entré irrégulièrement sur le territoire français le 7 août 2018 sans visa. Il s'est vu délivrer un document de circulation pour étranger mineur par la préfecture de la Vienne valable du 22 mai 2019 au 27 avril 2021, puis deux cartes de séjour temporaires valables du 27 novembre 2020 au 26 novembre 2021 et du 27 novembre 2021 au 26 novembre 2022. Le 21 novembre 2022, M. C a sollicité auprès de la préfecture de la Vienne un titre de séjour mention " vie privée et familiale - liens personnels et familiaux ". Par un arrêté du 1er août 2023, le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par deux arrêtés du 24 août 2023, le préfet de la Vienne a retiré le délai de départ, a fixé le pays de renvoi, l'a interdit de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans et l'a assigné à résidence pendant 180 jours. M. C demande l'annulation de ces trois arrêtés.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ". En l'absence d'urgence, s'agissant d'une requête enregistrée le 25 août 2023 qui n'a été suivie d'aucune demande auprès du bureau d'aide juridictionnelle, il n'y a pas lieu d'admettre, à titre provisoire, M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté du 1er août 2023 portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire :
3. En premier lieu, par un arrêté du 7 juillet 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, Mme Pascale Pin, secrétaire générale de la préfecture, a reçu délégation du préfet de la Vienne à l'effet de signer les décisions prises en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions attaquées doit être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les textes sur lesquels s'est fondé le préfet de la Vienne, et notamment, les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment les articles L. 412-5 et L. 423-23 s'agissant du refus de séjour et les articles L. 611-1 et L. 611-3 s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire. Il mentionne également l'ensemble des éléments relatifs à la situation administrative et personnelle de M. C, en rappelant les conditions de son entrée et son séjour sur le territoire français, ainsi que les raisons de fait pour lesquelles sa demande de titre de séjour doit être rejetée, comme le fait que son comportement représente une menace pour l'ordre public. Par suite, les décisions litigieuses contiennent l'ensemble des considérations de fait et de droit qui constituent leur fondement et sont suffisamment motivées. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits et l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. Si M. C se prévaut des liens qu'il entretient avec sa fille, née le 19 août 2021 d'une relation avec Mme B E, il n'a produit aucun élément permettent d'établir qu'il participe à l'entretien et l'éducation de sa fille. De plus, il ressort des pièces du dossier que M. C est défavorablement connu des services de police et de la justice pour des faits de vol commis le 25 avril 2019, de violence avec usage ou menace d'une arme par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité commis le 11 avril et le 11 août 2022 et de menaces de mort réitérées sur conjoint en date du 30 mai 2023. Enfin, M. C ne fait pas état d'autres attaches familiales en France et n'établit ni même n'allègue en être dépourvu d'attache dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de ses 16 ans et où résident des membres de sa fratrie. Au regard de l'ensemble de ces éléments, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences d'un refus de séjour sur sa situation personnelle doivent être écartés.
En ce qui concerne l'arrêté du 24 août 2023 portant retrait du délai de départ de volontaire, fixant le pays de renvoi et l'interdisant de retour sur le territoire pour une durée de deux ans :
7. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 1er août 2023 pris à son encontre. Par suite, il n'est pas fondé à demander l'annulation par voie de conséquence de l'arrêté du 24 août 2023 portant retrait du délai de départ de volontaire, fixant le pays de renvoi et l'interdisant de retour sur le territoire pour une durée de deux ans.
En ce qui concerne l'arrêté du 24 août 2023 portant assignation à résidence :
8. En premier lieu, par un arrêté du 18 août 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, Mme A D, directrice de cabinet du préfet de la Vienne, a reçu délégation du préfet à l'effet de signer, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme Pascale Pin, secrétaire générale de la préfecture, les décisions prises en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.
9. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, en particulier, l'article L. 731-1 de ce code. Il mentionne que M. C a fait l'objet d'une décision d'obligation de quitter le territoire sans délai, décrit la situation personnelle et familiale de l'intéressé et rajoute, s'agissant des perspectives raisonnables de son éloignement, qu'il n'est en possession d'aucun document d'identité ou de voyage, ce qui ne permet pas l'exécution d'office immédiate de son obligation de quitter le territoire, et qu'il est nécessaire d'obtenir un laissez-passer consulaire et de prévoir l'organisation matérielle du départ. Par suite, cet arrêté est suffisamment motivé tant en fait qu'en droit.
10. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision litigieuse sur la situation personnelle du requérant doivent être écartés.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des trois arrêtés du 1er août 2023 et du 24 août 2023 du préfet de la Vienne doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : M. C n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le requête de M. C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. G C, au préfet de la Vienne et à Me Peleka.
Délibéré après l'audience du 12 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jarrige, président,
M. Philippe Cristille, vice-président,
Mme Isabelle Le Bris, vice-présidente.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 déceembre 2024.
Le président rapporteur,
Signé
A. JARRIGE
L'assesseur le plus ancien,
Signé
P CRISTILLE La greffière,
Signé
N. COLLET
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Pour le greffier en chef
La greffière
Signé
N. COLLET
N°2302351
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026