jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2302423 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | MENARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 septembre 2023, Mme B D, représentée par Me Ménard, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 juillet 2023 par lequel le préfet de la Vienne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans le délai de 15 jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir et de lui délivrer dans l'attente une autorisation de séjour provisoire, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme D soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour étudiant :
- a été prise par une autorité incompétente ;
- est entachée d'un défaut de motivation et d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- méconnait les stipulations de l'accord franco-algérien et les dispositions de l'article L. 422-1 du CESEDA ;
- méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme.
- la décision portant obligation de quitter le territoire et fixant le pays de renvoi :
- est insuffisamment motivée ;
- méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2024, le préfet de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est tardive ;
- les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 août 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Duval-Tadeusz a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, ressortissante algérienne née le 22 septembre 1991, est entrée sur le territoire français le 17 septembre 2016 sous couvert d'un visa étudiant. Son certificat de résidence mention " étudiant " a été renouvelé régulièrement jusqu'au 31 octobre 2020. Sa demande de renouvellement de titre subséquente a été refusée par décision du 12 janvier 2021, confirmée par jugement du tribunal administratif de Poitiers du 16 décembre 2021. Le 15 mars 2021, elle a demandé un nouveau titre de séjour " étudiant " à titre principal et une demande d'admission exceptionnelle au séjour à titre subsidiaire. Par arrêté du 19 juillet 2023, le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligée à quitter le territoire dans le délai d'un mois et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de titre :
2. La décision a été prise, pour le préfet de la Vienne, par Mme A C, sous-préfète, directrice de cabinet du préfet de la Vienne, qui a reçu délégation de l'autorité préfectorale, par un arrêté du 7 juillet 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Vienne le même jour, à l'effet de signer tous arrêtés relevant des attributions de l'Etat dans le département de la Vienne. La délégation porte, notamment, sur les décisions et actes pris sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision doit être écarté.
3. La décision attaquée vise les dispositions applicables à la situation de Mme D, en particulier l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur le fondement desquels a été examinée sa demande de titre de séjour et mentionne l'ensemble des éléments relatifs à sa situation administrative et personnelle en rappelant les conditions de son entrée sur le territoire français, ainsi que les raisons de fait pour lesquelles sa demande de renouvellement de titre de séjour doit être rejetée. Cette décision comporte ainsi l'exposé suffisant des circonstances de fait et de droit qui fondent la décision de refus de renouvellement du titre de séjour et ne révèle pas de défaut d'examen de la situation personnelle de l'intéressée. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de la motivation et du défaut d'examen de la situation personnelle de la requérante doivent être écartés.
4. Aux termes du titre III de l'accord franco-algérien relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour du 27 décembre 1968: " Les ressortissants algériens qui suivent un enseignement, un stage ou font des études en France et justifient de moyens d'existence suffisants (bourses ou autres ressources) reçoivent, sur présentation, soit d'une attestation de pré-inscription ou d'inscription dans un établissement d'enseignement français, soit d'une attestation de stage, un certificat de résidence valable un an, renouvelable et portant la mention " étudiant " ou " stagiaire ".
5. Pour refuser de délivrer à Mme D un titre de séjour en qualité d'étudiant, le préfet de la Vienne a considéré que l'intéressée ne démontre pas le caractère réel et sérieux des études poursuivies.
6. Il ressort des pièces du dossier que Mme D est arrivée en France en 2016 sous couvert d'un visa étudiant. Elle a bénéficié ensuite d'un renouvellement de son titre de séjour étudiant jusqu'en octobre 2020, et a validé un Master 2 en histoire du droit et institution en 2021. Elle n'a donc validé qu'une année de Master 2 sur les 7 années passés en France au titre de ses études et ne démontre donc pas une progression dans celles-ci, ni le sérieux des études poursuivies.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Par ailleurs, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. La requérante a sollicité un titre de séjour sur les deux fondements " étudiant " et " vie privée et familiale ". Il est constant qu'elle est entrée régulièrement sur le territoire en 2016 afin d'y étudier, et avait alors vocation à retourner dans son pays d'origine par la suite. Si elle fait état de nombreux liens amicaux et de sa volonté de travailler, elle ne démontre pas être dépourvue de liens dans son pays d'origine où vivent ses parents et ses frères et sœurs, et où elle a vécu la majeure partie de sa vie. Dans ces conditions, le préfet de la Vienne n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 précitées ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire :
9. En premier lieu, la décision attaquée comporte l'exposé des circonstances de fait et de droit qui fondent la décision d'obligation de quitter le territoire et ne révèle pas de défaut d'examen de la situation personnelle de l'intéressée. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de la motivation et du défaut d'examen de la situation personnelle de la requérante doivent être écartés.
10. En second lieu, il résulte ce qui a été dit au point 8 que Mme D n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
11. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, la requête de Mme D doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D et au Préfet de la Vienne.
Une copie sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cristille, président,
Mme Duval-Tadeusz, première conseillère,
M. Tiberghien, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
J. DUVAL-TADEUSZ
Le président,
Signé
P. CRISTILLE La greffière,
Signé
N. COLLET
La République mande et ordonne au Préfet de la Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026