mercredi 7 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2302458 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP KPL AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 septembre 2023, M. A B, représenté par la SCP KPL Avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 4 août 2023 par lequel le préfet de la Vienne a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a désigné le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné à l'expiration de ce délai ;
2°) de mettre à la charge de l'État et au bénéfice de la SCP KPL Avocats la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Par un courrier enregistré le 1er août 2024, le préfet de la Vienne a informé le tribunal que M. B a été placé en centre de rétention administrative à Bordeaux sur le fondement de l'article L.741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire enregistré le 7 août 2024, le préfet de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Poitiers a désigné M. Campoy, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour statuer sur les litiges visés audit article.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes, d'une part, de l'article L. 614-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction issue de l'ordonnance n° 2020-1733 du 16 décembre 2020, applicable en l'espèce dès lors que le recours susvisé de M. A B, enregistré le 11 septembre 2023, n'entre pas dans le champ des nouvelles procédures mises en œuvre par la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 : " Les dispositions de la présente section sont applicables lorsque l'étranger fait l'objet () d'un placement en rétention en application de l'article L. 741-1, y compris lorsque ces décisions interviennent en cours d'instance. ". Aux termes de l'article L. 614-9 du même code : " () Dans le cas où la décision d'assignation à résidence ou de placement en rétention intervient en cours d'instance, le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin statue dans un délai de cent quarante-quatre heures à compter de la notification de cette décision par l'autorité administrative au tribunal. ".
2. Aux termes, d'autre part, de l'article R. 776-15 du code de justice administrative, en vigueur à la date de la décision attaquée : " Les jugements sont rendus, sans conclusions du rapporteur public, par le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne à cet effet. Les attributions dévolues par les dispositions réglementaires du présent code à la formation de jugement ou à son président sont exercées par ce magistrat. Il peut, par ordonnance : () / 2° Transmettre sans délai le dossier à la juridiction qu'il estime compétente. ". L'article R. 776-16 du même code dispose que : " Le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel se trouve le lieu où le requérant est placé en rétention ou assigné à résidence au moment de l'introduction de la requête ou, si elle a été introduite avant le placement en rétention ou l'assignation à résidence, au moment où cette mesure est décidée. () Lorsque le président d'un tribunal administratif est saisi de conclusions qu'il estime relever de la compétence d'un autre tribunal administratif, il lui transmet le dossier sans délai et par tous moyens, dans les formes prévues au premier alinéa de l'article R. 351-6. () ". Enfin l'article R. 221-3 du même code dispose que : " Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : / () Bordeaux : Dordogne, Gironde, Lot-et-Garonne ; () Poitiers : Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres, Vienne ; / () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, le 1er août 2024, M. A B a été placé en centre de rétention administrative à Bordeaux, situé dans le département de la Gironde. Ainsi, le litige relève, en application des dispositions précitées des articles R. 776-16 et R. 221-3 du code de justice administrative, de la compétence du tribunal administratif de Bordeaux. Dès lors, en application des dispositions de l'article R. 776-15 du même code, la requête doit être transmise à ce tribunal.
O R D O N N E :
Article 1er : Le dossier de la requête susvisée de M. B est transmis au président du tribunal administratif Bordeaux.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au préfet de la Vienne et au président du tribunal administratif de Bordeaux.
Fait à Poitiers le 7 août 2024.
Le magistrat désigné
Signé
L. Campoy
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
D. GERVIER
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