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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2302569

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2302569

jeudi 3 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2302569
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantSAINTE MARIE PRICOT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la requête de M. et Mme C, propriétaires de parcelles voisines, qui demandaient l'annulation d'un permis d'aménager délivré par le maire de Le Douhet pour un lotissement de douze lots. Le tribunal a écarté l'ensemble des moyens soulevés, notamment celui tiré d'un prétendu conflit d'intérêts du maire, estimant que le lien familial allégué ne suffisait pas à établir un intérêt personnel au sens de l'article L. 422-7 du code de l'urbanisme. Les autres moyens, relatifs à l'incomplétude du dossier de demande (absence d'information sur les espèces protégées, défaut de conformité de l'assainissement non collectif) et à la méconnaissance des règles du plan local d'urbanisme (accès, stationnement, insertion paysagère), ont également été jugés infondés. En conséquence, le tribunal a rejeté les conclusions à fin d'annulation et les demandes de frais de justice des requérants.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 20 septembre 2023 et le 3 avril 2024, et un mémoire enregistré le 12 février 2025 qui n'a pas été communiqué, M. et Mme C, représentés par Me Baudry, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 mars 2023 par lequel le maire de Le Douhet a délivré le permis d'aménager n° PA 017143 22 P0005 à M. B D et M. A D pour la réalisation d'un lotissement destiné à l'habitation de douze lots sur la parcelle cadastrée section AH n°422 sur un terrain situé au lieu-dit chez Pecat et de la décision du 24 juillet 2023 de rejet de leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Le Douhet une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté méconnait les dispositions de l'article L. 422-7 du code de l'urbanisme compte tenu des liens entre l'auteur de l'autorisation et l'un des bénéficiaires ;

- il méconnait les dispositions du g) de l'article R. 441-1 du code de l'urbanisme dès lors que le dossier de demande ne comportait pas d'information relative à la présence d'espèces protégées sur le site ;

- il méconnait les dispositions du b) de l'article R. 441-6 du code de l'urbanisme dès lors que le dossier de demande ne comportait pas de document attestant de la conformité du projet d'installation d'assainissement non collectif ;

- il méconnait les dispositions de l'article AU3 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux dimensions des accès et voies de dessertes ;

- il méconnait les dispositions de l'article AU3 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux dimensions des accès et voies de dessertes ;

- il méconnait les dispositions de l'article AU12 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux places de stationnement ;

- il méconnait les dispositions de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 26 février 2024 et le 27 décembre 2024, la commune de Le Douhet, représentée par Me Grézillier, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M et Mme C.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.

Par un mémoire en défense enregistré le 1er février 2024, M. B D et M. A D, représentés par Me Sainte Marie Pricot, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M et Mme C.

Ils font valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.

Par lettre du 23 mai 2025, le tribunal a informé les parties, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, de ce qu'il était susceptible de surseoir à statuer sur les conclusions de la requête, compte tenu des moyens tirés du caractère incomplet du dossier de demande s'agissant de la présence sur le site d'espèces protégées et de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme.

Par une lettre enregistrée le 30 mai 2025, la commune de Douhet a présenté ses observations.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de l'environnement ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Boutet,

- les conclusions de Mme Guilbaud, rapporteure publique,

- et les observations de Me Grezillier, représentant la commune de Le Douhet.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 28 mars 2023, le maire de Le Douhet (Charente-Maritime) a délivré un permis d'aménager n° PA017143 22 P0005 à M. B D et M. A D pour la réalisation d'un lotissement destiné à l'habitation de douze lots sur la parcelle cadastrée section AH n°422 située au lieu-dit chez Pecat. Par la présente requête, M. et Mme C, propriétaires de parcelles voisines, demandent l'annulation de cet arrêté et de la décision du 24 juillet 2023 de rejet de leur recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-7 du code de l'urbanisme : " Si le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale est intéressé au projet faisant l'objet de la demande de permis ou de la déclaration préalable, soit en son nom personnel, soit comme mandataire, le conseil municipal de la commune ou l'organe délibérant de l'établissement public désigne un autre de ses membres pour prendre la décision ".

3. Il résulte de ces dispositions que le maire est l'autorité compétente pour délivrer les autorisations d'urbanisme, au nom de la commune, dans les communes dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu. Il appartient ainsi en principe au maire, sans préjudice de la mise en œuvre des délégations qu'il peut accorder dans les conditions prévues par le code général des collectivités territoriales ou de l'application des règles de suppléance, de prendre les décisions correspondantes, sauf à ce qu'il soit intéressé, à titre personnel ou comme mandataire, au projet faisant l'objet de la demande d'autorisation ou qu'il estime pouvoir être légitimement regardé comme étant intéressé à ce projet, ces circonstances conduisant alors le conseil municipal, conformément à l'article L. 422-7 du code de l'urbanisme, à désigner un autre de ses membres pour prendre la décision.

4. La circonstance que l'un des deux bénéficiaires du permis d'aménager en litige soit la compagne de la fille du maire de Le Douhet ayant accordé le permis d'aménager en litige ne suffit pas, à elle-seule, à établir que le maire avait un intérêt personnel au projet au sens des dispositions de l'article L. 422-7 du code de l'urbanisme et qu'il aurait dû se déporter en application des dispositions de l'article L. 422-7 du code de l'urbanisme. Le moyen tiré de l'existence d'un conflit d'intérêt doit par suite être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 441-1 du code de l'urbanisme : " La demande de permis d'aménager précise : () g) S'il y a lieu, que les travaux doivent faire l'objet d'une dérogation au titre du 4° de l'article L. 411-2 du code de l'environnement [] ". Le 4° de l'article L. 411-2 du code de l'environnement est relatif aux dérogations aux interdictions mentionnées aux 1°, 2° et 3° de l'article L. 411-1, qui sont délivrées " à condition qu'il n'existe pas d'autre solution satisfaisante, pouvant être évaluée par une tierce expertise menée, à la demande de l'autorité compétente, par un organisme extérieur choisi en accord avec elle, aux frais du pétitionnaire, et que la dérogation ne nuise pas au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle ". Aux termes de l'article L. 411-1 du code de l'environnement : " I. - Lorsqu'un intérêt scientifique particulier, le rôle essentiel dans l'écosystème ou les nécessités de la préservation du patrimoine naturel justifient la conservation de sites d'intérêt géologique, d'habitats naturels, d'espèces animales non domestiques ou végétales non cultivées et de leurs habitats, sont interdits : 1° La destruction ou l'enlèvement des œufs ou des nids, la mutilation, la destruction, la capture ou l'enlèvement, la perturbation intentionnelle, la naturalisation d'animaux de ces espèces ou, qu'ils soient vivants ou morts, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur détention, leur mise en vente, leur vente ou leur achat ; 2° La destruction, la coupe, la mutilation, l'arrachage, la cueillette ou l'enlèvement de végétaux de ces espèces, de leurs fructifications ou de toute autre forme prise par ces espèces au cours de leur cycle biologique, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur mise en vente, leur vente ou leur achat, la détention de spécimens prélevés dans le milieu naturel ; 3° La destruction, l'altération ou la dégradation de ces habitats naturels ou de ces habitats d'espèces ; () ".

6. Le pétitionnaire doit obtenir une dérogation " espèces protégées " si le risque que le projet comporte pour les espèces protégées est suffisamment caractérisé. A ce titre, les mesures d'évitement et de réduction des atteintes portées aux espèces protégées proposées par le pétitionnaire doivent être prises en compte. Dans l'hypothèse où les mesures d'évitement et de réduction proposées présentent, sous le contrôle de l'administration, des garanties d'effectivité telles qu'elles permettent de diminuer le risque pour les espèces au point qu'il apparaisse comme n'étant pas suffisamment caractérisé, il n'est pas nécessaire de solliciter une dérogation " espèces protégées ".

7. Les requérants soutiennent que le dossier de demande de permis d'aménager est incomplet faute de mentionner la présence d'espèces protégées sur le site pour l'application des dispositions du 4° de l'article L. 411-2 du code de l'environnement. Cependant, ces dispositions relèvent d'une législation distincte de celles de l'urbanisme qui régissent, comme en l'espèce, les conditions de délivrance d'un permis d'aménager. Les dispositions du g) l'article R. 441-1 du code de l'urbanisme exigent seulement de préciser, à l'occasion de la demande de permis d'aménager et s'il y a lieu, que les travaux doivent faire l'objet d'une dérogation au titre du 4° de l'article L. 411-2 du code de l'environnement et, en l'espèce, il est constant que les pétitionnaires n'ont pas former de demande de dérogation. Par suite, le moyen tiré de ce que le dossier de demande de permis d'aménager serait incomplet au regard des exigences du g) l'article R. 441-1 du code de l'urbanisme doit être écarté.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 441-6 du code de l'urbanisme : " Lorsque la demande ne prévoit pas l'édification, par l'aménageur, de constructions à l'intérieur du périmètre, elle est complétée par :() b) Le document attestant de la conformité du projet d'installation d'assainissement non collectif au regard des prescriptions réglementaires, prévu au 1° du III de l'article L. 2224-8 du code général des collectivités territoriales, dans le cas où le projet est accompagné de la réalisation ou de la réhabilitation d'une telle installation ".

9. Les requérants soutiennent que le dossier de demande de permis d'aménager est incomplet dès lors qu'il ne comportait pas l'attestation prévue au b) de l'article R. 441-6 du code de l'urbanisme. Toutefois, il ressort des pièces du dossier de demande de permis d'aménager que le projet ne prévoit pas la réalisation ou la réhabilitation d'une installation d'assainissement non collectif, qui sera autorisée ultérieurement dans le cadre des permis de construire sollicités par les acquéreurs des différents lots. Le dossier de demande n'avait donc pas à être complété par le document mentionné au b) de l'article R. 441-6 du code de l'urbanisme. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier qu'une étude de faisabilité d'assainissement non collectif a été intégrée au dossier de demande de permis d'aménager et que le service de la régie d'exploitation des services d'eau de la Charente-Maritime (RESE 17) a rendu le 7 décembre 2022 un avis positif sur le projet. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 441-6 du code de l'urbanisme doit par suite être écarté.

10. En quatrième lieu, aux termes de l'article AU 3 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Le Douhet : " Accès : pour être constructible, un terrain doit avoir un accès automobile à une voie publique ou privée (). Les accès doivent être aménagés de façon à ne pas présenter un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celles qui utilisent ces accès. Les caractéristiques des nouveaux accès doivent répondre à des conditions satisfaisantes de desserte (sans être inférieure à 3 mètres) : défense contre l'incendie, protection civile Les accès sur les voies publiques peuvent se voir imposer des aménagements spéciaux nécessaires au respect des conditions de sécurité mentionnés ci-dessus. 2. Voirie : Les terrains doivent être desservis par des voies publiques ou privées répondant à l'importance et à la destination de la construction ou de l'ensemble des constructions qui y sont édifiées. Elles doivent répondre à des conditions satisfaisantes de desserte : défense contre l'incendie, protection civile, collecte des ordures ménagères, etc. Les voies nouvelles seront soumises à des conditions particulières de tracé et d'exécution dans l'intérêt d'un aménagement cohérent de l'ensemble de la zone conformément au document d'orientation et d'aménagement. () ".

11. Il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de composition, que la largeur des accès et des voies nouvelles créées à l'intérieur du lotissement est de 4 mètres et respecte ainsi les largeurs minimales prévues par l'article AU 3 précité. Par ailleurs, le terrain d'assiette du projet est desservi par une voie publique, la route des Chênes Verts, d'une largeur d'environ 3 mètres, qui, compte tenu de la présence d'accotements enherbés, offre des conditions de dessertes suffisantes au regard de l'ampleur limitée du projet comportant douze lots à usage d'habitation individuelle, alors par ailleurs que le service d'incendie et de secours a émis un avis favorable au projet daté du 6 décembre 2022. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance de l'article AU 3 du règlement du PLU doit être écarté.

12. En cinquième lieu, aux termes de l'article AU 12 du règlement du PLU : " Le stationnement des véhicules et des deux-roues des occupants et des usagers des constructions nouvelles doit être assuré en dehors des voies ouvertes à la circulation publique. Il doit être aménagé au minimum : [pour les] Constructions individuelles à usage d'habitation : / Maisons individuelles : 2 places par logement / Groupes d'habitation et permis d'aménager : Dans les opérations d'aménagement groupé, l'aménageur devra réaliser dans les espaces communs deux places banalisées par tranche de 4 logements ".

13. Il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de composition, que le projet prévoit deux places de stationnement dans l'emprise de chacun des lots, soit 24 au total, ainsi que dix places visiteurs banalisées situées sur le terrain d'assiette du projet du côté de la route des Chênes verts, qui sont indiqués sur le plan de composition comme des stationnements sur " dalle engazonnée ". Le projet prévoit donc un nombre de places de stationnement suffisant au regard des exigences de l'article AU 12 du règlement du PLU. Le moyen tiré de la méconnaissance de cet article doit par suite être écarté.

14. En sixième et dernier lieu, aux termes de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme : " Le permis ou la décision prise sur la déclaration préalable doit respecter les préoccupations d'environnement définies aux articles L. 110-1 et L. 110-2 du code de l'environnement. Le projet peut n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si, par son importance, sa situation ou sa destination, il est de nature à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement. Ces prescriptions spéciales tiennent compte, le cas échéant, des mesures mentionnées à l'article R. 181-43 du code de l'environnement ".

15. Il est constant que le terrain d'assiette du projet est situé sur le territoire de la zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) continentale de type 1 " Chaumes du Douhet ". Il ressort de l'inventaire de la flore et de la faune en date du 5 juillet 2023, réalisé par un bureau d'études postérieurement à la délivrance du permis d'aménager en litige, dont le contenu n'est pas sérieusement contesté, que la présence d'une une espèce de papillon de jour protégée sur le plan national et d'intérêt communautaire, l'azuré du Serpolet, a été constatée sur le terrain d'assiette du projet. Ce papillon est en outre susceptible de se reproduire localement du fait de la présence sur le terrain de sa plante hôte, l'origan commun, qui sera nécessairement détruite dès lors que le projet prévoit l'artificialisation d'une large partie du terrain. S'il est prévu, ainsi que le fait valoir la commune, de maintenir des bandes de végétation autour du terrain, notamment une zone tampon à la limite avec la chênaie, le projet ne prévoit pas de mesure spécifique pour conserver des espaces d'origan favorables à l'azuré du serpolet et l'arrêté accordant le permis d'aménager ne comporte aucune prescription imposant des mesures de protection de l'espèce. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les prescriptions susceptibles d'être imposées seraient nécessairement de nature à modifier substantiellement le projet au point de nécessiter la présentation d'un nouveau dossier et qu'elles seraient, par suite, illégales. Dans ces conditions, le maire a commis une erreur manifeste d'appréciation pour l'application des dispositions de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme en délivrant le permis d'aménager en litige sans l'assortir de prescriptions à ce titre.

Sur l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

16. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux () ".

17. Le vice retenu ci-dessus au point 15 est susceptible d'être régularisé dès lors que cela n'implique pas d'apporter au projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Par suite, il y a lieu de surseoir à statuer sur les conclusions de la requête et d'impartir au pétitionnaire un délai de six mois à compter de la notification du présent arrêt aux fins de régularisation des vices relevés. Cette régularisation pourra résulter soit de l'adoption d'un permis d'aménager modificatif comportant les prescriptions adaptées au regard de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme, soit d'une autorisation portant sur un projet adapté, qui sans changer la nature de l'opération, ne serait pas soumis à la nécessité de prescriptions fondées sur l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme.

D E C I D E :

Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête, jusqu'à l'expiration d'un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement, pour permettre à MM. D ou à la commune de Le Douhet de produire au tribunal un permis d'aménager régularisant le vice mentionné au point 15 du présent jugement.

Article 2 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'à la fin de l'instance.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C, à M. B D, premier dénommé, et à la commune de Le Douhet.

Délibéré après l'audience du 19 juin 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Le Bris, présidente,

Mme Boutet, première conseillère,

Mme Dumont, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2025.

La rapporteure,

Signé

M. BOUTET

La présidente,

Signé

I. LE BRIS

La greffière,

Signé

D. GERVIER

La République mande et ordonne à la préfète de la Charente-Maritime ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

D. MADRANGE

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