mercredi 17 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2303051 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 novembre 2023, M. B A et Mme C A demandent au tribunal d'enjoindre au centre intercommunal d'action sociale du Mellois en Poitou d'installer des brise-vues devant les baies vitrées de l'EHPAD Les Quatre Saisons de Chef-Boutonne.
Ils soutiennent que :
- les pensionnaires de l'EHPAD en construction auront une vue sur leur jardin et l'intérieur de leur chambre ;
- leur demande d'installation de brise-vues faite auprès du centre intercommunal d'action sociale n'a pas été suivie d'effet.
La requête a été communiquée au centre intercommunal d'action sociale du Mellois en Poitou qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Le Méhauté, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En outre, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
2. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme A ont adressé au centre intercommunal d'action sociale (CIAS) du Mellois en Poitou une lettre recommandée avec avis de réception en date du 23 février 2023 pour se plaindre d'un trouble de voisinage résultant de la construction, à proximité immédiate de leur maison d'habitation, d'un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes et pour demander que soit mis en place un dispositif occultant sur les parois vitrées de cet immeuble faisant face à leur propriété. L'absence de mise en place de ce dispositif révèle l'existence d'une décision implicite de rejet prise par le président du centre intercommunal d'action sociale. Cette décision de rejet fait, en tout état de cause, obstacle à ce que le juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, enjoigne au CIAS de procéder à la mise en place de ce dispositif de brise-vues. Dès lors, la requête de M. et Mme A est irrecevable et ne peut qu'être rejeté
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme B et C A et au centre intercommunal d'action sociale du Mellois en Poitou.
Fait à Poitiers, le 17 avril 2024.
Le juge des référés,
Signé
A. LE MÉHAUTÉ
La République mande et ordonne à la préfète des Deux-Sèvres en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Pour le greffier en chef
La greffière
Signé
G. FAVARD
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