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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2303284

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2303284

lundi 23 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2303284
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantDESROCHES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête enregistrée le 24 novembre 2023, sous le n°2303284, Mme A B, représentée par Me Desroches, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 8 septembre 2023 par lequel la préfète de la Charente a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée à l'expiration de ce délai ;

2°) d'enjoindre à la préfète de la Charente, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence algérien d'une durée d'un an, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, sous astreinte de 100 euros par jours de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme B soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice d'incompétence ;

- la décision portant refus de délivrance du titre de séjour n'est pas suffisamment motivée et révèle un défaut d'examen personnel de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation et méconnait les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ainsi que celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnait les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance du titre de séjour sur laquelle elle se fonde ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la décision fixant le délai de départ volontaire est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en tant qu'elle est incompatible avec la nécessité pour elle de poursuivre des examens médicaux complémentaires ;

- la décision fixant le pays de destination doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire sur laquelle elle se fonde ;

- elle n'est pas suffisamment motivée en ce qu'elle ne cite pas l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 novembre 2023.

II. Par une requête enregistrée le 24 novembre 2023, sous le n°2303285, M. C B, représenté par Me Desroches, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 8 septembre 2023 par lequel la préfète de la Charente a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné à l'expiration de ce délai ;

2°) d'enjoindre à la préfète de la Charente, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence algérien d'une durée d'un an, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir sous astreinte, de 100 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, sous astreinte de 100 euros par jours de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice d'incompétence ;

- la décision portant refus de délivrance du titre de séjour n'est pas suffisamment motivée et révèle un défaut d'examen personnel de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation et méconnait les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ainsi que celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnait les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance du titre de séjour sur laquelle elle se fonde ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la décision fixant le délai de départ volontaire est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en tant qu'elle est incompatible avec la nécessité pour son épouse de poursuivre des examens médicaux complémentaires ;

- la décision fixant le pays de destination doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire sur laquelle elle se fonde ;

- elle n'est pas suffisamment motivée en ce qu'elle ne cite pas l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 novembre 2023.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- l'accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Le rapport de M. Jarrige a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B et M. C B, ressortissants algériens respectivement nés le 18 mai 1983 et le 28 septembre 1980, sont entrés régulièrement sur le territoire français avec leurs enfants le 26 mars 2018, sous couvert d'un visa de court séjour valable du 25 mars 2018 jusqu'au 23 avril 2018. Ils se sont ensuite maintenus sur le territoire sans être titulaires d'un titre de séjour en cours de validité. Le 23 juin 2023, ils ont sollicité, à titre principal, la délivrance d'un certificat de résidence algérien en raison de leurs liens privés et familiaux en France et, à titre subsidiaire, l'admission exceptionnelle au séjour. Par des arrêtés du 8 septembre 2023, la préfète de la Charente a rejeté leurs demandes, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel ils étaient susceptibles d'être éloignés à l'expiration de ce délai. M. et Mme B demandent l'annulation de ces arrêtés.

2. Les requêtes enregistrées sous les n° 2303284 et 2303285 portent sur la situation d'un couple d'étrangers et présentent à juger des questions semblables. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul et même jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les arrêtés dans leur ensemble :

3. Par un arrêté du 3 juillet 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de la Charente le même jour, la préfète de la Charente a donné délégation à Mme Nathalie Valleix, secrétaire générale de la préfecture de la Charente, à l'effet de signer tous actes, arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département de la Charente, à l'exception de certains actes parmi lesquels ne figurent pas les décisions en matière de police des étrangers. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des arrêtés contestés doit être écarté.

En ce qui concerne les décisions portant refus de délivrance de titre de séjour :

4. En premier lieu, les décisions attaquées visent les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, notamment son article 6, applicables à la situation de M. et Mme B. Elles mentionnent l'ensemble des éléments relatifs à leur situation administrative et personnelle en rappelant les conditions de leur entrée sur le territoire français, ainsi que les motifs pour lesquels leurs demandes de certificat de résidence algérien au titre de leurs liens privés et familiaux en France, ainsi que celles relatives à leur admission exceptionnelle au séjour doivent être rejetées, notamment en raison du fait qu'ils ne remplissent pas les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour sur l'un de ces fondements. La circonstance que lesdites décisions ne mentionnent pas les précédentes demandes de délivrance d'un titre de séjour présentées par les intéressés en 2019, 2020 et 2022 est sans incidence. Il suit de là que les décisions attaquées, qui comportent l'exposé des motifs de droit et des circonstances de fait justifiant le rejet des demandes des intéressés, sont suffisamment motivées.

5. En deuxième lieu, il ressort de cette motivation que la préfète s'est bien livrée à un examen particulier approfondi de la situation personnelle des intéressés, en dépit de l'absence de mention de rendez-vous de demande de titre de séjour en 2019, 2020 et 2022.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5 : Au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui () ".

7. Si M. et Mme B se prévalent de ce qu'ils sont entrés régulièrement sur le territoire français le 26 mars 2018 et ont sollicité en vain à plusieurs reprises la délivrance d'un titre de séjour, leurs premières demandes de titre de séjour n'ont été enregistrées que le 21 novembre 2019 alors que leurs visas avaient expirés le 23 avril 2018. S'il se prévalent de la présence à leurs côtés de leurs trois enfants nés les 8 mai 2011, 11 novembre 2012 et 18 février 2019, ainsi que de leur scolarisation en France, les deux premiers, nés en Algérie, sont arrivés sur le sol français à l'âge de 6 et 5 ans, et le plus jeune, né en France, était âgé de 4 ans à la date de l'arrêté attaqué, et ils peuvent tous les trois poursuivre une scolarité normale dans leur pays d'origine. Si les requérants excipent également de la présence en France d'un frère de Mme B de nationalité française, ils n'établissent ni même n'allèguent être dépourvus d'attaches dans leur pays d'origine où ils ont vécu respectivement jusqu'à l'âge de 37 ans et 34 ans. S'ils se prévalent d'une promesse d'embauche de Mme B, elle date du 16 septembre 2020 et concerne un emploi à temps partiel. Le fait d'avoir suivi des cours de français ainsi que les activités bénévoles exercées par M. B ne peuvent suffire par ailleurs à caractériser une insertion particulière en France. Enfin, si les requérants, qui n'ont pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade ou d'accompagnant d'étranger malade, font état de problèmes de santé de Mme B ainsi que de leur fils aîné, il ne ressort pas des documents produits à l'appui de leurs écritures qu'ils ne pourraient bénéficier effectivement d'un traitement ou suivi approprié en Algérie. Dans ces conditions, les refus de titre de séjour qui ont été opposés à M. et à Mme B ne portent pas une atteinte disproportionnée à leur droit au respect de leur vie privée et familiale et ne méconnaissent ainsi ni l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ni l'article 6-5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. () ". Dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

9. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté.

En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français :

10. En premier lieu, le moyen tiré de ce que les décisions portant obligation de quitter le territoire français doivent être annulées par voie de conséquence de l'annulation des décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour ne peut qu'être écarté.

11. En deuxième lieu, les moyens tirés de ce que les décisions attaquées méconnaitraient les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7.

En ce qui concerne les décisions fixant le délai de départ volontaire :

12. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. () ".

13. Si le préfet peut, à titre exceptionnel, accorder un délai de départ volontaire supérieur à trente jours, la découverte postérieurement aux arrêtés attaqués d'un nodule à la thyroïde chez Mme B nécessitant des examens complémentaires, alors au demeurant qu'il n'est pas établi que ces investigations et les soins subséquents ne pourraient être effectués en Algérie, ne peut faire regarder les décisions litigieuses comme entachées d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elles n'accordent pas aux intéressés un délai de départ volontaire supérieur au délai de trente jours de droit commun.

En ce qui concerne les décisions fixant le pays de destination :

14. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que les décisions portant obligation de quitter le territoire ne sont pas entachées d'illégalité. Par suite, l'exception d'illégalité de ces décisions, invoquées à l'appui des conclusions dirigées contre les décisions par lesquelles la préfète de la Charente a fixé le pays à destination duquel les requérants étaient susceptibles d'être éloignés, doit être écartée.

15. En deuxième lieu, les décisions attaquées, qui n'avaient pas nécessairement à viser l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ont été prises au visa de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elles indiquent que M. et Mme B n'établissent pas être exposés à des traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans leur pays d'origine. Elles comportent ainsi un exposé suffisant, au regard de la situation des intéressés, des considérations de droit et de fait sur lesquelles elles se fondent.

16. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de M. et Mme B doivent être rejetées, y compris leurs conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1er : Les requêtes de M. et Mme B sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à M. C B, à Me Desroches et au préfet de la Charente.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 12 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Jarrige, président,

M. Cristille, vice-président,

Mme Le Bris, vice-présidente.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 23 décembre 2024.

Le président rapporteur,

Signé

A. JARRIGE

L'assesseur le plus ancien,

Signé

P. CRISTILLE

La greffière,

Signé

N. COLLET

La République mande et ordonne au préfet de la Charente en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

N. COLLET

Nos2303284, 2303285

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