mardi 2 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2303440 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | DROUINEAU 1927 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 décembre 2023, M. A Debouchaud, représenté par Me Mottet, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 6 octobre 2023 par lequel la maire de la commune de Rivières lui a retiré sa délégation.
Il soutient que :
-l'arrêté est inspiré par un motif étranger à la bonne marche de l'administration communale et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
-il est constitutif d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er mars 2024, la commune de Rivières, représentée par la SCP Drouineau 1927, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Thèvenet-Bréchot,
- les conclusions de Mme Bréjeon, rapporteure publique,
- et les observations de Me Mottet, représentant M. Debouchaud, et de Me Porchet, représentant la commune de Rivières.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 23 mai 2020, la maire de Rivières (Charente) a confié à M. Debouchaud, conseiller municipal, une délégation au conseil municipal des jeunes et à l'animation jeunesse, ainsi que, en l'absence de Mme B, une délégation à l'animation de la commune. Par ailleurs, depuis fin 2021, M. Debouchaud est également président du comité d'animation de la commune. Par un arrêté du 6 octobre 2023, la maire de Rivières a retiré à M. Debouchaud la délégation au conseil municipal des jeunes et à l'animation jeunesse, consentie par l'arrêté du 23 mai 2020. Par la présente requête, l'intéressé demande l'annulation de cette décision de retrait.
2. Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal. () ". Aux termes de l'article L. 2122-20 de ce code : " Les délégations données par le maire en application des articles L. 2122-18 et L. 2122-19 subsistent tant qu'elles ne sont pas rapportées. ". Il résulte de ces dispositions qu'il est loisible au maire d'une commune, sous réserve que sa décision ne soit pas inspirée par un motif étranger à la bonne marche de l'administration communale, de mettre un terme, à tout moment, aux délégations de fonctions qu'il avait données à l'un de ses adjoints ou à un membre du conseil municipal.
3. Pour justifier le retrait de la délégation accordée à M. Debouchaud, la commune fait valoir que celui-ci opère un amalgame entre ses fonctions de conseiller municipal délégué et celles de président du comité d'animation de la commune, tient des propos dénigrants à l'égard de la maire et remet en cause son autorité. Il ressort des pièces du dossier, notamment du compte-rendu d'une réunion en date du 5 octobre 2023 ainsi que du procès-verbal de la séance du conseil municipal du 9 novembre suivant, et il n'est pas contesté, que des différends sont apparus entre la maire et le requérant notamment à l'occasion du marché de Noël 2022 et du festival " Rivières en folies " et que le requérant a menacé de porter plainte à raison de la diffusion de propos lors d'une séance du conseil municipal. Si M. Debouchaud soutient que son attitude ne constitue en aucun cas un manque de loyauté envers la maire, le climat de tension qui s'est progressivement installé est de nature à rompre le lien de confiance nécessaire entre un maire et son conseiller délégué, et par suite à perturber le bon fonctionnement de l'administration communale. Dès lors, l'arrêté attaqué n'a pas été pris pour des motifs étrangers à la bonne marche de l'administration communale et le moyen tiré d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
4. Pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point précédent, le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. Debouchaud doit être rejetée. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à sa charge la somme sollicitée par la commune de Rivières au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. Debouchaud est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Rivières présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A Debouchaud et à la commune de Rivières.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jarrige, président,
Mme Thèvenet-Bréchot, première conseillère,
Mme Gibson-Théry, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 2 avril 2024.
La rapporteure,
Signé
A. THEVENET-BRECHOTLe président,
Signé
A. JARRIGE
La greffière,
Signé
N. COLLET
La République mande et ordonne au préfet de la Charente en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026