LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2400149

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2400149

jeudi 25 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2400149
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formationétrangers 96/144 heures
Avocat requérantEKOUE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 janvier 2024, M. D représenté par Me Ekoué demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 20 janvier 2024 par lequel le préfet de la Vienne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être renvoyé ainsi que l'arrêté du même jour par lequel le préfet de la Vienne l'a assigné à résidence pendant quarante-cinq jours ;

3°) de mettre à la charge de L'Etat une somme de 1 800 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la compétence du signataire des arrêtés litigieux n'est pas établie ;

- les décisions contestées sont entachées d'un défaut de motivation ;

- l'arrêté d'assignation à résidence est entaché d'un vice de forme dès lors qu'il n'a reçu aucune information relative à ses droits ;

- le préfet de la Vienne commet une erreur de droit et une erreur d'appréciation en prenant sa décision d'obligation de quitter le territoire français sans tenir compte de ses nombreux efforts d'insertion sociale et professionnelle ;

- la décision fixant le pays de renvoi est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;

- l'arrêté portant assignation à résidence est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;

- l'arrêté portant assignation à résidence est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que la mesure est contraignante et qu'il n'a aucun intérêt à fuir sa ville de résidence.

La requête a été communiquée au préfet de la Vienne qui a produit des pièces complémentaires le 23 janvier 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Leloup, premier conseiller, en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique, le rapport de M. Leloup et les observations orales de Me Ekoué, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens, le préfet de la Vienne n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 20 janvier 2024, le préfet de la Vienne a obligé M. E A, né le 01 février 1985, de nationalité algérienne à quitter le territoire français, a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné. Par un arrêté du même jour, ce préfet a assigné M. A à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Dans le cadre de la présente instance, M. A demande au tribunal d'annuler l'ensemble des décisions précitées.

Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances de l'espèce, M. A ayant introduit une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions attaquées tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés :

3. Par un arrêté du 4 septembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de l'Etat dans le département de la Vienne, Mme B C, sous-préfète de Montmorillon, a reçu délégation de signature à l'effet de signer notamment tous les arrêtés entrant dans le champ d'application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions en litige doit être écarté comme manquant en fait.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, il ressort des termes de la décision en litige que le préfet de la Vienne a visé les textes sur lesquels il s'est fondé pour prononcer une obligation de quitter le territoire français à l'encontre de M. A, en particulier la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et notamment son article 8, l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment son article L. 611-1. En outre, le préfet de la Vienne a indiqué que M. A était entré sur le territoire national avec un visa de court séjour valable jusqu'au 27 septembre 2015, qu'il s'était maintenu irrégulièrement en France, qu'il ne remplissait aucune condition pour y résider, qu'il était sans domicile fixe et sans ressources légales sur le territoire national. Contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet de la Vienne ne s'est pas borné à mentionner une ancienne obligation de quitter le territoire que M. A n'avait pas exécuté et il n'avait pas besoin de fonder davantage sa motivation sur les stipulations de l'accord franco algérien visé dans sa décision. Ainsi, le préfet de la Vienne a énoncé de manière suffisamment précise les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de sa décision. Il s'ensuit que le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

5. En deuxième lieu, le requérant soutient que le préfet de la Vienne s'est uniquement fondé sur son maintien sur le territoire national au-delà de la période de validité de son visa et sur son absence de possession d'un titre de séjour, sans tenir compte des nombreux efforts d'insertion socio-professionnelle qu'il a pu réaliser, pour prendre sa décision. Toutefois, si le préfet de la Vienne a effectivement tenu compte de la situation administrative de M. A, il a aussi examiné sa situation au regard de ses liens personnels et familiaux, de l'hébergement dont il dispose, du travail et de ses ressources financières. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la vienne a commis une erreur de droit.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

6. Ainsi qu'il a été dit aux point 4 et 5, M. A n'établit pas que la décision l'obligeant à quitter le territoire français serait illégale. Il en résulte qu'il n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné serait dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la mesure d'éloignement sur laquelle elle est fondée.

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

7. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; (). ". L'article L. 732-1 du même code dispose que : " Les décisions d'assignation à résidence () sont motivées. ".

8. En premier lieu, le préfet de la Vienne a visé, dans son arrêté du 20 janvier 2024 portant assignation à résidence pour une durée de 45 jours, les textes dont il a fait application, en particulier l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les articles L. 722-3, L. 722-7, L. 731-1, L. 732-1, L. 732-3, R. 732-1, R. 733-1 et R. 733-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il a également fait état de l'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de M. A par arrêté du même jour et indiqué que l'intéressé ne justifiait que de la possession d'un passeport algérien en cours de validité, qu'il ne pouvait dans l'immédiat regagner son pays d'origine et qu'il était nécessaire de prévoir l'organisation matérielle du départ, que l'exécution de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet demeurait une perspective raisonnable. Il a par ailleurs examiné sa situation au regard de ses liens personnels et familiaux, de son hébergement, de sa situation professionnelle et de ses ressources financières Le préfet de la Vienne a donc indiqué de manière suffisamment détaillée les considérations de droit et de fait sur lesquelles il s'est fondé pour prendre l'arrêté en litige contrairement à ce que soutient le requérant. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision l'assignant à résidence est entachée d'un défaut de motivation.

9. En deuxième lieu, d'une part aucune disposition des articles L. 731-1 et L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne fait obligation à une personne faisant l'objet d'une assignation à résidence de recevoir une information relative à ses droits. D'autre part, les conditions de notification d'une décision administrative étant sans incidence sur sa légalité, la circonstance, à la supposer établie, que la décision attaquée aurait été notifiée à M. A sans que ses droits lui soient notifiés, ne peut être utilement invoquée En tout état de cause, il a été en mesure de contester ces décisions selon les voies et délais de recours qui lui ont été notifiés, prévus par la législation nationale, et de solliciter l'assistance d'un avocat.

10. En troisième lieu ainsi qu'il a été dit aux point 4 et 5, M. A n'établit pas que la décision l'obligeant à quitter le territoire français serait illégale. Il en résulte qu'il n'est pas fondé à soutenir que la décision l'assignant à résidence serait dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la mesure d'éloignement sur laquelle elle est fondée.

11. En dernier lieu, comme il a été dit au point 8, le préfet de la Vienne a suffisamment motivé sa décision assignant M. A à résidence et a procédé à un examen attentif de sa situation personnelle. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier et notamment du procès-verbal d'audition de la gendarmerie datée du 20 janvier 2024 que l'intéressé a déclaré ne pas accepter rejoindre son pays d'origine. Enfin, il ne peut être sérieusement argué par le requérant que se présenter trois fois par semaine à huit heures du matin au commissariat de police de Châtellerault " par ces temps de grand froid " lui ferait prendre des risques. Par suite le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

D E C I D E:

Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D et au préfet de la Vienne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 janvier 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

F. LELOUPLe greffier,

Signé

T.H.L. GILBERT

La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

N. COLLET

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions