mercredi 21 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2400180 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | étrangers JU |
| Avocat requérant | SCPA BREILLAT-DIEUMEGARD-MASSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 janvier 2024, Mme A C, représentée par la SCPA Breillat-Dieumegard-Masson, demande au tribunal :
1°) de lui accorder à titre provisoire le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 10 janvier 2024 par lequel le préfet de la Vienne l'a obligée à quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Vienne, à titre principal, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une carte de séjour temporaire d'une durée d'un an dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application et des articles 35 et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, ou, dans l'hypothèse où l'aide juridictionnelle lui serait refusée, à lui verser directement en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté dans son ensemble a été pris par une autorité incompétente ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire est insuffisamment motivée et révèle un défaut d'examen approfondi de sa situation dès lors que le préfet de la Vienne n'a pas mentionné sa demande de titre de séjour accompagnant d'enfant malade, déposée en raison de l'état de santé de son fils ;
- cette décision viole les stipulations de l'articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales eu égard à la scolarisation de son enfant et à l'état de santé de celui-ci qui est atteint d'une épilepsie qui nécessite un suivi dans un service neurophysiologique ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant en ce que le traitement médical dont a besoin son fils n'est pas disponible en Géorgie ;
- la décision portant interdiction de retour d'un an méconnaît les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile compte tenu de l'état de santé de son fils qui exige un traitement médical lourd et de la circonstance qu'elle a déposé une demande de titre de séjour ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'un retour en Géorgie l'exposera à des risques de persécutions.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 février 2024, le préfet de la Vienne conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fins d'annulation et au rejet du surplus des conclusions.
Il soutient que par une décision du 7 février 2024, il a abrogé l'arrêté du 10 janvier 2024 portant obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, fixant le pays de renvoi et lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pendant un an.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Poitiers a désigné M. B pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 776-1, R. 776-1, R. 776-13-2 et R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, le rapport de M. B et les observations de Me Ago-Simmala, représentant Mme C, qui a repris ses écritures, et a précisé, d'une part, que la requérante prend acte de la décision d'abrogation, d'autre part que l'argumentation du préfet de la Vienne suivant laquelle une décision d'abrogation serait intervenue de la même manière si elle avait présenté un recours gracieux est difficilement acceptable et qu'elle entend en conséquence maintenir sa demande de frais irrépétibles, enfin qu'il n'y a pas de trace au dossier du rendez-vous que selon le préfet de la Vienne, elle n'aurait pas honoré et dans le principe s'agissant d'une demande de titre de séjour étranger malade, il n'est pas prévu par les textes l'organisation d'un rendez-vous en préfecture.
Le préfet de la Vienne n'est ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C, ressortissante géorgienne, née le 2 décembre 2000 à Tbilissi (Géorgie), est entrée en France le 14 février 2023 munie d'un passeport biométrique valable du 1er février 2023 au 1er février 2033. Sa demande d'asile enregistrée le 24 février 2023 a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 10 mai 2023, puis par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 18 septembre 2023. Par un arrêté du 10 janvier 2024, le préfet de la Vienne a pris à son encontre un arrêté lui faisant obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, fixant le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Mme C demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'accorder l'aide juridictionnelle provisoire à Mme C.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
3. Il ressort des pièces du dossier que postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet de la Vienne a, par un arrêté du 7 février 2024, abrogé l'arrêté attaqué en date du 10 janvier 2024. Les décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français prises à l'encontre de Mme C n'ont pas reçu exécution, en l'absence de départ effectif de l'intéressée ou de tentative d'éloignement mise en œuvre par l'administration. Il suit de là que les conclusions d'annulation dirigées contre ces décisions sont dépourvues d'objet. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, dès lors, de rejeter les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme C.
Sur les frais de l'instance :
5. Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à la SCPA Breillat-Dieumegard-Masson de la somme de 900 euros.
DECIDE :
Article 1er : Mme C est admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation des décisions du 10 janvier 2024 portant obligation de quitter le territoire, fixant le pays de destination, et l'interdisant de retour sur le territoire français pendant un an.
Article 3 : L'Etat versera à la SCPA Breillat-Dieumegard-Masson une somme de 900 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : Le surplus de la requête de Mme C est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au préfet de la Vienne.
Le magistrat désigné
Signé
P. B
La greffière d'audience,
Signé
C. BERLAND
Fait à Poitiers, le 21 février 2024
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026