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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2400422

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2400422

mercredi 21 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2400422
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 février 2024, M. A B, représenté par Me Desroches, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du préfet de la Vienne du 15 février 2024 lui refusant le renouvellement de son titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer un titre de séjour d'une durée d'un an, dans un délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de prendre toute mesure propre à mettre fin au signalement dont il fait l'objet dans le système d'information Schengen dans un délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, de l'article 75 de la même loi et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable dès lors que l'arrêté portant refus de renouvellement de titre de séjour, obligation de quitter le territoire sans délai et fixation du pays de renvoi ne mentionne pas clairement et sans ambiguïté les voies et délais de recours concernant les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;

Sur la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour :

- elle est insuffisamment motivée et révèle un défaut d'examen approfondi de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;

- elle est entachée d'erreurs d'appréciation quant à la menace à l'ordre public ;

- elle méconnait les articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Poitiers a désigné Mme C pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par l'article R. 776-15 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant camerounais né en avril 2002, est entré en France en octobre 2017. Il a été interpellé et placé en garde à vue le 14 février 2024 pour des faits de viol, séquestration et menace avec arme. Par un arrêté du 15 février 2024, le préfet de la Vienne a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de renvoi. Par un arrêté du même jour, cette même autorité l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours dans le département de la Vienne. M. B demande l'annulation des décisions par lesquelles le préfet de la Vienne lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour, et l'a obligé à quitter le territoire français.

2. Aux termes, d'une part, de l'article R. 776-1 du code de justice administrative : " Sont présentées, instruites et jugées selon les dispositions du chapitre IV du titre I du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article L. 732-8 du même code, ainsi que celles du présent code, sous réserve des dispositions du présent chapitre, les requêtes dirigées contre : / 1° Les décisions portant obligation de quitter le territoire français, prévues aux articles L. 241-1 et L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile () ; / 2° Les décisions relatives au délai de départ volontaire prévues aux articles L. 251-3 et L. 612-1 du même code ; / 3° Les () interdictions de circulation sur le territoire français prévues à l'article L. 241-4 dudit code ; / 4° Les décisions fixant le pays de renvoi prévues à l'article L. 721-4 du même code () ". Aux termes de l'article R. 776-14 de ce code : " La présente section est applicable aux recours dirigés contre les décisions mentionnées à l'article R. 776-1, lorsque l'étranger est () assigné à résidence () ". Aux termes de l'article R. 776-15 du même code : " () Les attributions dévolues par les dispositions réglementaires du présent code à la formation de jugement ou à son président sont exercées par ce magistrat. / Il peut, par ordonnance : () / 4° Rejeter les recours entachés d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être couverte en cours d'instance. () ".

3. Aux termes, d'autre part, de l'article L. 614-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français est notifiée avec une décision d'assignation à résidence prise en application de l'article L. 731-1 ou une décision de placement en rétention prise en application de l'article L. 741-1, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de ces mesures. "

4. Il est constant que l'arrêté du 15 février 2024 par lequel le préfet de la Vienne a refusé de renouveler le titre de séjour de M. B, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de renvoi a été notifié à l'intéressé, durant sa garde à vue, le 15 février 2024 à 10h45. Contrairement à ce que soutient le requérant, la notification de cet arrêté mentionnait sans ambigüité les voies et délais de recours et, en particulier, le délai de quarante-huit heures prévu par l'article L. 614-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La requête présentée par M. B tendant à l'annulation des décisions portant refus de renouvellement de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français n'a été enregistrée au greffe du tribunal que le 20 février 2024, soit après l'expiration de ce délai de recours contentieux. Par suite, la requête, qui est tardive, ne saurait être régularisée et doit être rejetée comme entachée d'une irrecevabilité manifeste.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet de la Vienne.

Fait à Poitiers, le 21 février 2024.

La magistrate désignée,

Signé

A. THEVENET-BRECHOT

La République mande et ordonne au préfet de la Vienne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

D. GERVIER

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