jeudi 29 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2400449 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | étrangers 96/144 heures |
| Avocat requérant | BONNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 février 2024, M. A B, représenté par Me Bonnet, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 22 février 2024 par lequel le préfet de la Charente-Maritime l'a interdit de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an et l'a assigné à résidence ;
3°) de condamner l'Etat à verser à son conseil une somme de 1 200 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est fondée sur une obligation de quitter le territoire français dont il n'est pas établi qu'elle existe et qu'elle lui a été notifiée ;
- elle est entachée d'une erreur dans l'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle.
Sur la décision l'assignant à résidence :
- elle est fondée sur une obligation de quitter le territoire français dont il n'est pas établi qu'elle existe et qu'elle lui a été notifiée.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 février 2024, le préfet de la Charente-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif a désigné Mme Dumont, première conseillère, en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme Dumont ;
-les observations de Me Bonnet, représentant M. B.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant tunisien né le 1er janvier 2004, serait entré en France en juillet 2020 selon ses déclarations et a été pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance du département de la Charente-Maritime. Par un arrêté du 26 juin 2023, le préfet de la Charente-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par un arrêté du 22 février 2024, dont il demande l'annulation, le préfet de la Charente-Maritime lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an et l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. B, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision interdisant le retour sur le territoire français :
4. Aux termes de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
5. En premier, il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Charente-Maritime a édicté le 26 juin 2023 un arrêté par lequel il a obligé M. B à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et l'a informé que s'il se maintenait sur le territoire au-delà de ce délai, une interdiction de retour sur le territoire français serait édictée. Cet arrêté a été adressé à M. B par un courrier recommandé avec avis de réception, lequel a été présenté le 29 juin 2023 à la dernière adresse connue de l'administration et il n'est ni établi ni même allégué par M. B qu'il aurait transmis aux services de la préfecture de la Charente-Maritime des éléments de nature à justifier une nouvelle domiciliation à l'adresse à laquelle il indique être hébergé depuis le mois d'octobre 2022. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision du 26 juin 2023 l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours n'est pas exécutoire et que le préfet ne pouvait se fonder sur la méconnaissance de cette décision pour édicter l'interdiction de retour litigieuse.
6. En second lieu, M. B, qui, est célibataire et sans charge de famille, a déclaré être entré sur le territoire français en juillet 2020 à l'âge de 16 ans. S'il se prévaut de la présence en France d'un oncle et d'un cousin, il n'établit pas entretenir avec eux de liens particuliers. Il en résulte que cette seule circonstance ne suffit pas à établir qu'il dispose en France de liens familiaux anciens, intenses et stables. De même, compte tenu de son caractère récent, la relation affective qu'il entretient avec une ressortissante française, âgée comme lui de 19 ans, au domicile de la mère de laquelle il indique résider n'est pas, à elle seule, de nature à établir que M. B disposerait, en France, de liens privés anciens et stables. En outre, il ressort de ses déclarations lors de son audition par les services de police le 22 février 2024 que l'ensemble de sa famille, à l'exception de son frère, entré en France avec lui et qui fait également l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, réside en Tunisie. Enfin, M. B, qui n'a pas obtenu de diplôme à l'issue de sa scolarité en France, est sans emploi et ne dispose pas de ressources, n'établit pas davantage disposer d'une insertion particulière dans la société française. Dans ces conditions il n'établit pas de circonstances humanitaires de nature à justifier qu'aucune interdiction de retour ne soit édictée à son encontre. Le moyen titré de l'erreur d'appréciation commise par le préfet dans la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit, dès lors, être écarté.
En ce qui concerne la décision l'assignant à résidence :
7. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 5 du présent jugement, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision du 26 juin 2023 l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours n'est pas exécutoire et que le préfet ne pouvait se fonder sur cette décision pour l'assigner à résidence.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées, ainsi, par voie de conséquence, que celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E:
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Bonnet et au préfet de la Charente-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 février 2024.
Le magistrat désigné,La greffière d'audience,
Signé Signé
G. DUMONT C. BERLAND
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
D. GERVIER
N°2400449
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026