LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2400533

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2400533

mercredi 10 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2400533
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formationétrangers JU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 mars 2024, M. A B, représenté par Me Lefort, demande au tribunal :

1°) de lui accorder à titre provisoire le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 20 février 2024 par lequel la préfète de la Charente lui a refusé un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être renvoyé ;

3°) d'enjoindre à la préfète de la Charente de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de procéder à un réexamen de sa situation administrative dans un délai d'un mois ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au profit de son conseil, sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour celle-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle ou, en cas de rejet de la demande d'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à lui verser directement.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- il appartient à l'administration, en vertu de l'article R. 776-18 du code de justice administrative, de produire la décision attaquée ;

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- il bénéficie d'un droit au maintien sur le territoire en l'absence de preuve d'une notification régulière de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) ou de lecture publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) rejetant sa demande d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de la décision fixant le délai de départ :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement qui en constitue le fondement ;

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement qui en constitue le fondement ;

Des pièces, enregistrées le 7 mars 2024, ont été produites par la préfète de la Charente.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Poitiers a désigné M. C pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 776-1, R. 776-1, R. 776-13-2 et R. 776-15 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue en présence de Mme Berland, greffière d'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant turque né le 1er décembre 1968 à Varto (Turquie), déclare être entré irrégulièrement en France le 2 octobre 2018. Sa demande d'asile, enregistrée le 4 octobre 2019, a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) par une décision du 31 décembre 2019, puis confirmée par une décision du 13 mars 2020 de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Il a présenté une demande de réexamen le 1er décembre 2022, qui a été rejetée pour irrecevabilité par l'OFPRA le 29 décembre 2022 et le recours introduit à l'encontre de cette décision a été rejeté par la CNDA le 22 mai 2023. Par un arrêté du 20 février 2024, la préfète de la Charente a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. B, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. Jean-Charles Jobart, secrétaire général de la préfecture de la Charente, qui a reçu délégation, par arrêté du 15 janvier 2024 de la préfète de la Charente régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture le même jour, à l'effet de signer les actes et décisions relevant du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en particulier les obligations de quitter le territoire français et les décisions fixant le pays de renvoi. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 776-18 du code de justice administrative, applicable en vertu de l'article R. 776-13-2 de ce même code aux recours formés sur le fondement des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La requête est présentée en un seul exemplaire. () Les décisions attaquées sont produites par l'administration ".

5. Il résulte de ces dispositions que, par dérogation à l'article R. 412-1 du code de justice administrative, il incombe à l'administration de produire la décision attaquée en cas de recours formé contre les décisions d'obligation de quitter le territoire français prises sur le fondement des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En l'espèce, la préfète de la Charente a versé au dossier l'arrêté en litige le 7 mars 2024. Par suite, la branche du moyen tiré de l'absence de motivation en raison de la non- production de l'arrêté attaqué doit être écartée.

6. Par ailleurs, l'arrêté en litige vise les textes dont il est fait application notamment le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. B, ainsi que les éléments sur lesquels la préfète s'est fondée pour l'obliger à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et pour fixer le pays de destination. Elle précise notamment que les liens privés et familiaux de l'intéressé ne sont pas caractérisés par leur ancienneté, ce dernier ayant vécu cinquante ans hors de France, que sa présence est due uniquement au traitement de sa demande d'asile et aux différents recours exercés par l'intéressé, qu'il se maintient irrégulièrement sur le territoire depuis le rejet de sa demande d'asile, qu'il ne dispose pas de logement propre. Elle précise également la situation personnelle et familiale de l'intéressé, notamment que sa compagne et son fils font l'objet d'une mesure d'éloignement identique et concomitante, que la cellule familiale pourra se reconstituer en Turquie, où il n'établit pas être dépourvu d'attaches personnelles et familiales, qu'il n'établit pas l'existence de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels. Dès lors, cet arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement des décisions attaquées et permet ainsi au requérant d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté manque en fait.

7. En troisième lieu, et pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point précédent, le moyen tiré du défaut d'examen sérieux de la situation de l'intéressé doit être écarté.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L.541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français ". Aux termes de l'article L.542-1 du même code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L.532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'Office a été formé dans le délai prévu à l'article L.532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci ". Aux termes de l'article L.611-1 : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L.542-1 et L.542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3°. ".

9. Il ressort des mentions non contestées de l'extrait " Telemofpra " produit par la préfète de la Charente, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, que M. B a présenté une demande de réexamen de sa demande d'asile, le 1er décembre 2022, qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides par une décision du 29 décembre 2022 notifiée 10 janvier 2023. Ce rejet a été confirmé par la Cour nationale du droit d'asile par une décision du 22 mai 2023, notifiée le 5 juin 2023. Dès lors, en application des dispositions citées au point précédent, M. B ne bénéficiait plus du droit de se maintenir sur le territoire français et le préfet était fondé à prendre à son encontre une décision l'obligeant à quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit donc être écarté.

10. En cinquième lieu, et comme il a été dit au point 6, la préfète a procédé à un examen attentif de la situation de l'intéressé et a notamment indiqué qu'il n'établissait pas, en cas de retour dans son pays d'origine, courir le risque de subir des traitements inhumains ou barbares et des actes de torture. Elle rappelle par ailleurs que sa demande de protection internationale a été rejetée et par l'OFPRA et par la CNDA et qu'aucun élément postérieur à cette décision n'a été de nature à en remettre en cause le bienfondé. Par suite le requérant n'est pas fondé à soutenir que la préfète a commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ :

10. L'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, l'exception d'illégalité de cette décision invoquée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le délai de départ doit être écartée.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

11. L'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, l'exception d'illégalité de cette décision invoquée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination doit être écartée.

12. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 20 février 2024 par lequel la préfète de la Charente a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par voie de conséquence, les conclusions à fins d'injonction et d'astreinte et celles relatives aux frais de l'instance doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de la Charente.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 avril 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

F. C La greffière,

Signé

C.BERLAND

La République mande et ordonne à la préfète de la Charente en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

D. GERVIER

N°2400533

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions