mercredi 3 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2400566 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 mars 2024, M. A B, représenté par Me Ago Simmala, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'ordonner sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative la suspension de l'exécution de la décision en date du 26 janvier 2024 par laquelle le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond de la légalité de cette décision, dans un délai de quarante-huit heures, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- la condition d'urgence est satisfaite ; l'urgence est présumée dès lors que le préfet de la Vienne a refusé le renouvellement de son titre de séjour ; en outre, la décision qui ne lui permet plus de justifier d'un séjour régulier en France rend possible son interpellation à tout moment ainsi qu'une retenue dans un local de police pour une durée de seize heures en vue de la vérification de sa situation administrative et, le cas échéant, la prise d'une mesure d'éloignement accompagnée d'un placement en centre de rétention ; la décision contestée crée une situation particulièrement anxiogène pour lui qui sort de prison ; la décision en litige l'empêche de travailler alors qu'il a toujours exercé une activité professionnelle avant sa période de détention de juin 2023 à janvier 2024, qu'il a travaillé pendant son incarcération et qu'il aspire à retrouver un travail et subvenir aux besoins de sa famille, notamment de ses deux enfants ; il réside depuis plus de onze ans en France où il est parfaitement intégré et bénéficie d'une vie privée et familiale stable.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la décision portant refus d'un titre de séjour a été prise par une autorité incompétente;
- le préfet a commis une erreur d'appréciation de sa situation personnelle et familiale, dès lors que l'intensité de ses liens familiaux sur le territoire national prime sur le sujet d'ordre public ;
- la décision est entachée d'une erreur de fait, en ce qu'elle mentionne que le requérant est marié depuis le 26 octobre 2023, alors qu'il est marié depuis le 26 octobre 2013 ;
- elle ne respecte pas l'article 10-c) de l'accord franco-tunisien ni l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et enfreint l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle viole les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 mars 2024, le préfet de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite au regard des circonstances particulières ayant entraîné la décision ; le requérant ne fournit aucun justificatif permettant d'apprécier la réalité de l'exercice d'une activité professionnelle; s'il soutient que la décision l'empêche de participer à l'entretien de ses enfants, il ne démontre pas qu'il y contribuait avant l'édiction de la décision contestée alors surtout qu'il était incarcéré ; il a attendu un mois et demi entre l'enregistrement de la requête au fond et le dépôt du référé, ce qui contredit l'existence d'une situation d'urgence ;
- la décision contestée a été signée par une autorité compétente, elle n'est pas entachée des illégalités alléguées ; en effet, les dispositions de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile n'ont pas été méconnues dès lors que le comportement ancien et récent du requérant constitue une menace à l'ordre public ; la décision en cause n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni celles de l'article 10-c) de l'accord franco-tunisien; cette décision n'est pas contraire aux dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni ne viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'ont pas été méconnues ; la décision n'est pas davantage contraire aux stipulations de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant.
M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 mars 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 8 mars 2024 sous le n° 2400567 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision du 26 janvier 2021.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenu en présence de Mme C :
- le rapport du juge des référés, M. D ;
- les observations de Me Ago Simmala, représentant M. B, présent à l'audience accompagné de son épouse Mme E, qui reprend les moyens soulevés dans la requête et précise que M. B est marié depuis 2013 avec une ressortissante française et que de cette union sont nées deux enfants aujourd'hui âgées de 10 et 2 ans ; que de 2014 à 2023, il a toujours été en situation régulière et a pu mener une vie familiale et professionnelle stable ; que la commission du titre de séjour qui lui a fait passer un véritable examen a donné un avis favorable au renouvellement de son titre de séjour ; que l'urgence est bien caractérisée car le refus de titre de séjour le place en situation de précarité et la légalité du refus de séjour ne sera jugée que dans plusieurs mois et il ne peut attendre le règlement de l'affaire au fond ; que durant les six mois de sa détention, il a eu une attitude irréprochable, qu'il a travaillé et a refusé de prendre part à un quelconque trafic au sein de la prison ; il a eu la visite au parloir deux fois par semaine de son épouse accompagnée de leurs filles, ce qui prouve la force des liens au sein de sa famille ; que la décision du préfet fait qu'il ne peut résider régulièrement en France sans pour autant pouvoir être éloigné.
Le préfet de la Vienne n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. De nationalité tunisienne M. B, né le 23 février 1992, est entré régulièrement en France le 4 août 2012, muni d'un visa de court séjour valable du 30 juillet 2012 au 15 septembre 2012. Il a épousé le 26 octobre 2013 une ressortissante française avec qui il a eu deux filles, nées en mars 2014 et en novembre 2022. Disposant d'un titre de séjour portant la mention " parent d'enfant français ", à compter du 18 août 2014, M. B en a sollicité une nouvelle fois le renouvellement le 28 décembre 2022. Par une décision du 26 janvier 2024, le préfet de la Vienne lui a opposé un refus au motif que son comportement constituait une menace pour l'ordre public. Par sa requête, M. B demande au tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Dès lors que M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 mars 2024, il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions tendant à l'admission de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. L'article L. 521-1 du code de justice administrative dispose : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
En ce qui concerne l'urgence :
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence, compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. B était titulaire d'un titre de séjour portant la mention " parent d'enfant français " valable jusqu'au 21 février 2023, dont il a sollicité le renouvellement. Ainsi, la décision en litige constitue un refus de renouvellement de titre de séjour. Si le préfet de la Vienne fait valoir que M. B ne fournit aucun justificatif démontrant la réalité de l'activité professionnelle qu'il exercerait, qu'il ne démontre pas davantage contribuer à l'entretien de ses enfants alors qu'il était incarcéré avant l'intervention de la décision contestée et qu'il a attendu un mois et demi après avoir déposé sa requête au fond pour saisir le juge des référés, outre que le requérant établit par les pièces qu'il a produit avoir travaillé au cours de sa détention ce qui lui a permis de contribuer financièrement à l'entretien de ses filles mineures, les circonstances invoquées par le préfet ne sont pas de nature à faire échec en l'espèce à la présomption d'urgence qui existe en pareil cas. Il s'ensuit qu'en dépit du délai écoulé depuis l'intervention de la décision en litige et depuis l'introduction de sa requête en annulation de celle-ci, la condition d'urgence posée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative précité doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision :
6. Les infractions pénales commises par un étranger ne sauraient, à elles seules, justifier légalement une mesure de refus de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour et d'éloignement et ne dispensent pas l'autorité compétente d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer une menace pour l'ordre public. Lorsque l'administration se fonde sur l'existence d'une telle menace, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les faits qu'elle invoque à cet égard sont de nature à justifier légalement sa décision.
7. D'une part, aux termes de l'article 10 de l'accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 modifié : " Un titre de séjour d'une durée de dix ans, ouvrant droit à l'exercice d'une activité professionnelle, est délivré de plein droit, sous réserve de la régularité du séjour sur le territoire français () c) au ressortissant tunisien qui est père ou mère d'un enfant français résidant en France, à condition qu'il exerce, même partiellement, l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins ". D'autre part aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ". Et aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire ()". La circonstance que l'article 10 de l'accord franco-tunisien ne prévoit pas cette réserve d'ordre public ne fait pas obstacle à l'application des dispositions de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile selon lesquelles la délivrance d'un titre de séjour est subordonnée à l'absence de menace à l'ordre public.
8. D'autre part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
9. Pour refuser de délivrer à M. B le titre de séjour qu'il demandait, le préfet de la Vienne a retenu que le comportement de ce dernier constituait " une menace réelle actuelle et suffisamment grave pour l'ordre public ". Le préfet s'est fondé plus précisément dans la décision en litige sur la circonstance que M. B avait été condamné le 28 juin 2023 à une peine de 18 mois d'emprisonnement dont 6 mois avec sursis probatoire de 2 ans pour des faits de refus de se soumettre aux vérifications tendant à établir l'état alcoolique lors de la constatation d'un crime, d'un délit ou d'un accident de la circulation, conduite d'un véhicule à moteur malgré une suspension administrative ou judiciaire du permis de conduire, violence par une personne en état d'ivresse manifeste suivie d'une incapacité n'excédant pas 8 jours. Le préfet a relevé que le casier judiciaire de M. B mentionnait une condamnation pour violence sans incapacité par une personne étant conjoint, concubin en date du 9 avril 2021. Il a également retenu que sa décision ne portait pas une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé à sa vie privée et familiale.
10. Toutefois, il ressort des explications fournies par le requérant lors de l'audience, que les faits qui lui sont reprochés à M. B sont intervenus dans le cadre d'un conflit qui a dégénéré avec un de ses voisins et que cette situation est désormais apaisée. Il ressort des pièces du dossier que ces faits restent isolés et que M. B témoigne de réels efforts d'insertion ayant quasiment toujours travaillé. La commission du titre de séjour tenant compte des faits rappelés précédemment a, d'ailleurs, émis un avis favorable le 25 janvier 2024 à sa demande de titre de séjour. Par suite, en l'état de l'instruction, et alors qu'il ressort de pièces du dossier que M. B contribue à l'entretien et à l'éducation de ses filles de nationalité française, et qu'il vit avec son épouse en France depuis plus de dix ans, les moyens tirés de ce que le préfet a commis une erreur d'appréciation en estimant que la présence en France de M. B constituait une menace pour l'ordre public, et de ce que le préfet a porté au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte excédant ce qui est nécessaire à la défense de l'ordre public et a, par suite, méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conditions d'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont réunies. Il y a lieu, par suite, de prononcer la suspension de l'exécution de la décision du 26 janvier 2024 par laquelle le préfet de la Vienne a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B jusqu'à ce que le tribunal ait statué sur la requête tendant à son annulation.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
12. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire () ". Il appartient au juge des référés d'assortir sa décision de suspension des seules obligations provisoires qui en découlent pour l'administration.
13. La présente ordonnance, qui suspend les effets de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour à M. B implique nécessairement qu'il soit enjoint au préfet de la Vienne de réexaminer la situation de l'intéressé en tenant compte des motifs de la présente ordonnance, et d'édicter une décision expresse à son issue, à notifier à l'intéressé dans un délai qu'il y a lieu de fixer à deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance, et de lui délivrer, dans un délai de quinze jours à compter de cette même notification, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans l'attente de ce réexamen. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
14. M. B ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle, son avocat peut se prévaloir des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi susvisée du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 900 euros, à payer à Me Ago Simmala, avocat de M. B, au titre des frais exposés à raison de la présente instance et non compris dans les dépens, sous réserve que cet avocat renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
ORDONNE :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant à ce qu'il soit admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'exécution de la décision du 26 janvier 2024 par laquelle le préfet de la Vienne a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Vienne de réexaminer la demande de titre de séjour de M. B et d'édicter une nouvelle décision expresse à son issue dans un délai de deux mois suivant la notification de la présente ordonnance et de lui délivrer, dans un délai de quinze jours à compter de cette même notification, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Article 4 : L'Etat versera à Me Ago Simmala la somme de 900 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de la renonciation de son avocat à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet de la Vienne.
Fait à Poitiers, le 3 avril 2024
Le juge des référés,
Signé
P. D
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Pour le greffier en chef,
La greffière
D. GERVIER
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