mardi 19 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2400577 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL LELONG DUCLOS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 mars 2024, Mme A B, représentée
par Me Lelong, demande au juge des référés du tribunal administratif de Poitiers :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision, la suspension de l'exécution
de la décision implicite du 9 févier 2024 de la préfète des Deux-Sèvres rejetant
sa demande de délivrance d'un titre de séjour à la fois en sa qualité de mère d'un enfant français mineur, au titre plus généralement de la vie privée et familiale et au regard de motifs exceptionnels ;
3°) d'enjoindre à la préfète des Deux-Sèvres de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai de dix jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à défaut de procéder au réexamen de sa situation en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour le temps du réexamen, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative et au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision la place dans une situation d'incertitude notamment en ce qu'elle ne peut pas travailler et avoir des revenus pour prendre en charge ses enfants, qu'elle a une dette de loyer qui a conduit à l'engagement d'une procédure de résiliation du bail par son bailleur et a imposé la saisine de la commission de surendettement ; elle est seule à s'occuper de ses enfants, les pères étant absents et l'un des pères ne versant que rarement une pension alimentaire, l'autre père étant très malade ; la décision contestée aggrave sa situation de précarité ;
- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité
de la décision attaquée :
- la décision est entachée d'un défaut de motivation dès lors que la préfète des Deux-Sèvres n'a pas répondu à sa demande de communication des motifs de refus ;
- elle ne respecte pas l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est contraire à l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et familiale.
Vu :
- la requête présentée par Mme B enregistrée le 8 mars 2024 sous le n° 2400576 tendant à l'annulation de la décision implicite du 9 février 2024 de la préfète des Deux-Sèvres ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Poitiers a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B ressortissante surinamienne, née le 25 août 1981, déclare être entrée en Guyane en 1999. Le 26 décembre 2012, elle a obtenu de la préfecture de la Guyane une carte de séjour temporaire vie privée et familiale valable du 24 septembre 2012 au 23 septembre 2013, régulièrement renouvelée jusqu'au 22 septembre 2017. Mme B serait suivant ses dires, arrivée en France métropolitaine au mois de mai 2017, accompagnée de 3 de ses 5 enfants, munie d'un titre de séjour temporaire portant la mention " parent d'enfants français ". Mme B a obtenu, des services de la préfète des Deux-Sèvres, une carte de séjour pluriannuelle" parent d'enfants français " , valable du 29 septembre 2017 au 28 septembre 2019, et renouvelée jusqu'au 8 mars 2022. Par courrier du 8 avril 2022, elle a sollicité le renouvellement de sa carte de séjour " parent d'enfant français ". Par une décision du 11 octobre 2022, devenue définitive, la préfète des Deux-Sèvres a refusé de lui délivrer un titre de séjour. Par courrier du 9 octobre 2023, reçu le 10 suivant en préfecture, Mme B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour, portant la mention " parent d'enfants français ", au titre de la vie privée et familiale, ainsi qu'au titre des motifs exceptionnels. Une décision implicite de refus est née le 10 février 2024. Mme B qui a vainement demandé la communication des motifs de ce refus, demande la suspension de l'exécution de la décision implicite d de la préfète des Deux-Sèvres, refusant de lui délivrer l'un des titres de séjour sollicités.
Sur la demande d'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre d'office Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire dans la présente instance.
Sur les conclusions aux fins de suspension de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour :
3. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour dont bénéficiait un ressortissant étranger. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
5. Pour justifier l'urgence qui s'attache, selon elle, à suspendre l'exécution de la décision implicite de rejet née du silence gardé par la préfète des Deux-Sèvres sur sa demande tendant à la délivrance d'un titre de séjour, Mme B fait valoir que le refus de renouveler son titre de séjour la place dans une situation d'incertitude juridique et aggrave sa précarité matérielle car elle ne peut pas travailler ni avoir de revenus pour prendre en charge ses sept enfants français et surinamiens, alors qu'elle a une dette de loyer qui a conduit au lancement d'une procédure de résiliation du bail par son loueur habitat Sud Deux-Sèvres et que sa situation financière a nécessité qu'elle saisisse la commission de surendettement, et qu'elle est seule à s'occuper de ses enfants.
6. Toutefois, d'une part, le refus implicite opposé par la préfète des Deux-Sèvres ne peut être regardé comme un refus de renouvellement de titre de séjour, dès lors que Mme B s'est vue refuser le renouvellement de son titre de séjour par une décision du 11 octobre 2022, devenue définitive faute d'avoir été contestée. Ainsi, la demande présentée par courrier du 9 octobre 2023 doit être regardée comme une nouvelle demande de titre de séjour et l'urgence ne saurait être présumée. D'autre part, les difficultés financières dont il est justifié par les pièces versées au débat ne sont pas la conséquence immédiate de la décision implicite de refus de titre de séjour en litige, dès lors qu'il ressort de l'analyse de ces mêmes pièces que l'intéressée ne paie plus ses loyers depuis le 31 juillet 2022 et que la demande de traitement de la situation de surendettement est antérieure au 7 décembre 2023 date d'une demande de production de documents manquants adressée à la requérante par la commission de surendettement des particuliers des Deux-Sèvres. En outre, Mme B résidait en France sans titre de séjour depuis le 11 octobre 2022 et le refus de titre de séjour implicite dont la suspension est demandée n'a pas eu pour conséquence de la placer en situation irrégulière sur le territoire français et n'a pas entraîné un changement dans sa situation juridique. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette décision ferait obstacle à la poursuite d'une activité professionnelle. Dans ces conditions, la situation d'urgence n'est pas établie au sens des dispositions précitées.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme B tendant à la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle la préfète des Deux-Sèvres a refusé de lui délivrer un titre de séjour, doivent être rejetées en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence de moyens propres à susciter un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent également être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à Me Lelong.
Fait à Poitiers le 19 mars 2024.
Le juge des référés,
Signé
P. C
La République mande et ordonne à la préfète des Deux-Sèvres, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
G. FAVARD
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N°2400577
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026