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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2400628

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2400628

mercredi 24 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2400628
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formationétrangers JU
Avocat requérantCHATELAIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 mars 2024, Mme A C, représentée par Me Chatelais, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 mars 2024 par lequel la préfète des Deux-Sèvres l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'annuler l'arrêté du 14 mars 2024 par lequel la préfète des Deux-Sèvres l'a assignée à résidence pour une durée de six mois ;

3°) d'enjoindre à la préfète des Deux-Sèvres de réexaminer sa situation administrative, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir, et de lui délivrer une autorisation de séjour et de travail, en attendant qu'il soit statué à nouveau sur sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, à défaut, à lui verser directement, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- les arrêtés attaqués sont entachés d'incompétence ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ; elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision refusant un délai de départ volontaire est insuffisamment motivée ; elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitte le territoire ;

- la décision fixant le pays de destination est insuffisamment motivée ; elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitte le territoire ; elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire est insuffisamment motivée ; elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;

- l'arrêté portant assignation à résidence est insuffisamment motivé et est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ; il est entaché d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 avril 2024, la préfète des Deux-Sèvres conclut au non-lieu à statuer.

Elle soutient que les arrêtés du 14 mars 2024 ont été abrogés.

Par une décision en date du 9 avril 2024, Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Poitiers a désigné M. B pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 776-1, R. 776-1, R. 776-13-2 et R. 776-15 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après le rapport de M. B, ont été entendues au cours de l'audience publique les observations de Me Chatelais, représentant Mme C qui maintient ses écritures.

Considérant ce qui suit :

Mme A C, ressortissante russe, née le 29 mars 1962 à Tbilissi (Géorgie), déclare être entrée en France en avril 2019. Sa demande d'asile enregistrée le 31 décembre 2019, a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) par une décision du 7 avril 2020, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 5 mars 2021. Par un arrêté du 18 mars 2021, le préfet du Maine-et-Loire l'a obligée à quitter le territoire français. Mme C a contesté cet arrêté auprès du tribunal administratif de Nantes, qui a rejeté sa requête par un jugement du 31 janvier 2022. Le 14 mars 2024, l'intéressée s'est présentée à la gendarmerie de Cerizay pour déclarer le vol de son sac à main. Elle n'était pas en possession d'un document d'identité ou de document justifiant de son droit au séjour, et a été placée en retenue administrative. Par des nouveaux arrêtés du 14 mars 2024, la préfète des Deux-Sèvres l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an et l'a assignée à résidence pour une durée de cent-quatre-vingts jours (six mois). Mme C demande l'annulation de ces arrêtés.

Sur les conclusions à fin d'annulation et à fin d'injonction :

1. Il résulte de l'instruction que les deux arrêtés litigieux du 14 mars 2024 ont été abrogés et que la situation de Mme C doit être réexaminée par les services de la préfecture. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de ces arrêtés et celles à fin d'injonction sont devenues sans objet et il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés au litige :

2. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par Mme C sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

DECIDE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par Mme C.

Article 2 : Le surplus des conclusions est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la préfète des Deux-Sèvres.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 24 avril 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

F. BLa greffière d'audience,

Signé

C. BERLAND

La République mande et ordonne à la préfète des Deux-Sèvres, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

D. GERVIER

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