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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2400779

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2400779

mercredi 17 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2400779
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 mars 2024, et intitulée " réponse à un arrêté d'exclusion ", M. A B saisit le tribunal d'un litige concernant l'arrêté en date du 11 mars 2024 du maire de la commune de la Couronne où il est employé portant exclusion temporaire de ses fonctions pour une durée d'un an, assortie d'un sursis de six mois et qu'il entend contester.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance :() / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. Aux termes de l'article R. 411-1 du même code : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ". En dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, il n'appartient pas à la juridiction administrative d'accueillir des conclusions tendant à d'autres fins que l'annulation d'une décision administrative en raison de son illégalité ou la condamnation d'une personne publique à verser une somme d'argent. Ainsi, le juge administratif ne peut faire œuvre d'administrateur et se substituer aux administrations compétentes, ni intervenir lui-même activement et directement pour prendre en charge une situation considérée comme anormale par un administré, ni adresser des injonctions à une autorité administrative hormis dans le cas où cela est impliqué par l'annulation d'un acte administratif prononcée à titre principal.

3. En l'espèce M. B fait valoir, d'une part qu'il n'a jamais uriner dans l'évier situé dans le hall d'entrée de la médiathèque, qu'il est impossible à une personne placée de l'autre côté du comptoir de voir où se situe l'évier, qu'il ne connaît pas l'identité du témoin de la scène, qu'il n'est pas le seul à avoir accès à l'évier, que si aucune trace d'urine n'a été décelée depuis sa suspension cela n'implique pas nécessairement un lien avec son absence du service, et d'autre part que le jour où une personne a aperçu son ventre dans le hall d'accueil, c'est parce que sa chemise s'est déboutonnée en réalisant une manutention pour laquelle il a pourtant une interdiction médicale, qu'il l'a reboutonnée immédiatement, et que sa tenue vestimentaire n'a jamais été critiquée . Il ressort des termes mêmes de sa saisine que M. B a entendu former un recours gracieux à l'encontre de cette décision de sanction. Or, en vertu des principes rappelés au point précédent, il n'appartient pas au juge administratif de connaître de telles conclusions qui constituent des conclusions tendant à ce qu'il fasse œuvre d'administrateur, le recours gracieux du requérant devant être adressé au seul auteur de la décision contestée. Dès lors, la requête de M. B est manifestement irrecevable et doit, par suite, être rejetée comme telle en application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE:

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée à la commune de La Couronne.

Fait à Poitiers le 17 avril 2024

Le président de la 3ème chambre

Signé

P. CRISTILLE

La République mande et ordonne au préfet de la Charente en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

D. GERVIER

N°2400779

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