lundi 6 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2400847 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | HAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 avril 2024, Mme B C, représentée par Me Hay, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision en date du 3 janvier 2024 par laquelle la préfète des Deux-Sèvres a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
3°) d'enjoindre à la préfète des Deux-Sèvres de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail, dans l'attente du jugement au fond, dans un délai de 8 jours à compter de la notification de l'ordonnance, et ce sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou, de lui verser directement cette somme sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative si elle n'était pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision contestée est une décision de refus de renouvellement d'un titre de séjour pour laquelle la condition d'urgence est présumée ; en outre, cette décision préjudicie gravement à sa situation et à celle de ses 5 enfants, dont les 3 encore mineurs dont elle a la charge et qui vivent avec elle ; la décision en litige l'empêche de travailler, d'avoir des ressources pour nourrir sa famille, se loger, alors qu'elle doit supporter un loyer de 550 euros par mois et payer ses factures d'électricité, qu'elle a toujours travaillé lorsqu'elle y était autorisée ; elle se trouve dans une situation précaire du fait de l'acharnement des services préfectoraux à lui refuser un titre de séjour " parent d'enfant français " dont elle a pourtant bénéficié pendant 7 ans et dont elle remplit encore tous les critères de délivrance notamment depuis que le juge des affaires familiales de Niort a rendu le 22 février 2024 un jugement organisant la vie de sa fille A.
- Il existe plusieurs moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée : celle-ci est entachée d'une erreur de fait ; elle méconnaît les articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle est contraire à l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle est entachée d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 avril 2024, la préfète des Deux-Sèvres conclut au non-lieu à statuer.
Elle soutient que par sa décision du 26 avril 2024, elle abroge la décision du 3 janvier 2024 en litige et qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la demande tendant à la suspension qui a ainsi perdu son objet.
Par un mémoire, enregistré le 30 avril 2024, Mme C conclut au maintien de ses conclusions au titre des frais de l'instance.
Vu :
- la requête enregistrée le 12 mars 2024, sous le n° 2400596, par laquelle Mme C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Le président du tribunal administratif de Poitiers a désigné M. Cristille, vice-président pour statuer sur les demandes de référé.
Le rapport de M. Cristille, juge des référés, a été entendu au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Gilbert, greffière d'audience.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, de nationalité comorienne née en 1983, est, selon ses déclarations, arrivée à Mayotte en 2000. Elle a été mise en possession de titres de séjour valables du 13 septembre 2013 au 12 septembre 2015 en raison de la nationalité française d'un de ses enfants. Elle est ensuite entrée irrégulièrement en France métropolitaine au cours de l'été 2015 suivant ses dires et a obtenu deux cartes de séjour temporaires successives en qualité de parent d'enfant français. Le 20 octobre 2020, elle a sollicité de la préfète des Deux-Sèvres le renouvellement de son titre de séjour en tant que parent d'enfant français sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi qu'une carte de résident de dix ans sur le fondement de l'article L. 423-10 du même code. Par un arrêté du 10 août 2022, la préfète des Deux-Sèvres a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle était susceptible d'être éloignée à l'expiration de ce délai. Par un jugement du 14 mars 2023, le tribunal administratif de Poitiers a annulé les décisions de la préfète des Deux-Sèvres en date du 10 août 2022 faisant obligation à Mme C de quitter le territoire français et fixant le pays à destination duquel elle doit être éloignée. Le 7 juin 2023, l'intéressée a sollicité de la préfète des Deux-Sèvres de nouveau la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français et au titre de la vie privée et familiale. Par une décision du 3 janvier 2024, la préfète des Deux-Sèvres lui a opposé un refus. Dans la présente instance, Mme C demande la suspension de l'exécution de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour.
Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur l'exception de non-lieu opposée en défense :
3. Postérieurement à l'enregistrement de la requête, la préfète des Deux-Sèvres a par une décision du 26 avril 2024 abrogé la décision contestée en date du 3 janvier 2024 par laquelle elle a refusé de lui délivrer un titre de séjour. Dès lors, les conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte de la requête sont dépourvues d'objet.
Sur les frais d'instance :
4. Ainsi qu'il a été dit au point ci-dessus, Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 900 euros à verser à Me Hay en application des dispositions précitées, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme C par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 900 euros lui sera versée directement.
ORDONNE :
Article 1er : Mme C est admise à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte de la requête de Mme C.
Article 3 : L'Etat versera à Me Hay, avocate de Mme C, la somme de 900 euros en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à sa mission d'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C, à la préfète des Deux-Sèvres et à Me Hay.
Fait à Poitiers, le 6 mai 2024.
Le juge des référés,
Signé
P. CRISTILLELa greffière,
Signé
T.H.L. GILBERT
La République mande et ordonne à la préfète des Deux-Sèvres, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026