lundi 15 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2400872 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 avril 2024, des pièces enregistrées les 9, 11 et 12 avril 2024 et un mémoire enregistré le 15 avril 2024, Mme B A demande au juge des référés d'ordonner au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, sur le fondement des dispositions du référé injonction, d'une part, d'exécuter l'avis n° 20237645 du 25 janvier 2024 rendu par la commission d'accès aux documents administratifs, d'autre part, d'appliquer les dispositions de l'article 2 du décret n°86-83 du 17 janvier 1986.
Elle soutient que :
- d'une part, l'avis de la commission d'accès aux documents administratifs du 25 janvier 2024 émettant un avis favorable à la communication des éléments de son dossier administratif, notamment les notifications administratives portant sur la période du 28 août 2023 au 22 décembre 2023, n'a été que partiellement exécuté par son employeur, les documents portant sur la période du 27 septembre 2023 au 26 octobre 2023 ne lui ayant pas été communiqués ;
- d'autre part, elle ne perçoit aucune indemnité journalière au titre de sa maladie professionnelle de la part du ministère de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique alors que cette prestation doit être servie par l'administration employeur aux agents contractuels en cas de maladie professionnelle en application de l'article 2 du décret n°86-83 du 17 janvier 1986 ;
- elle ne perçoit plus aucun traitement depuis le 9 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Dumont, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En outre, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
2. D'autre part, en vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. En premier lieu, en se bornant à soutenir que les documents de son dossier administratif portant sur la période du 27 septembre 2023 au 26 octobre 2023 ne lui ont pas été communiqués, Mme A ne justifie pas que la condition d'urgence exigée par l'article L. 521-3 précité du code de justice administrative est remplie.
4. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme A a adressé le 18 janvier 2024 à son employeur une déclaration de maladie professionnelle, dont le délai d'instruction de trois mois a été prolongé pour trois mois supplémentaires par une décision du 5 avril 2024 du directeur régional adjoint Nouvelle-Aquitaine de l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) en raison de l'expertise médicale qui a été demandée par l'administration à un médecin agréé et qui a eu lieu le 4 avril 2024. Il ressort également des pièces du dossier que, dans l'attente de la décision qui sera prise sur sa demande de reconnaissance d'une maladie professionnelle, Mme A a été placée en congé de maladie ordinaire jusqu'au 21 juin 2024, en dernier lieu par une décision du 27 mars 2024 du directeur général de l'INSEE, décision par laquelle il a informé Mme A que, compte tenu de ses absences comptabilisées pour maladie pendant l'année précédant son dernier arrêt de travail, elle ne percevrait pas de traitement du 30 mars 2024 au 12 juin 2024.
5. Dans ces circonstances, la demande présentée par Mme A tendant à ce qu'il soit enjoint à son employeur de lui servir des prestations au titre de la maladie professionnelle sur le fondement de l'article 2 du décret n°86-83 du 17 janvier 198 ferait directement obstacle à l'exécution des décisions précitées du 27 mars 2024 et du 4 avril 2024 prises par l'INSEE.
6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la demande présentée par Mme A au titre du référé injonction ne peut qu'être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Poitiers, le 16 avril 2024.
La juge des référés,
Signé
G. DUMONT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026