mercredi 17 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2400922 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 avril 2024, M. B A demande au juge des référés d'ordonner la suspension de la décision par laquelle le préfet de la Charente-Maritime a suspendu son permis de conduire pour une durée de 9 mois et ce jusqu'au passage devant le délégué du procureur le 17 septembre 2024.
M. B soutient que :
- il a été contrôlé par la police nationale le 26 mars 2024 à La Rochelle ;
- la police a procédé à un dépistage de stupéfiant qui s'est révélé positif, mais il ne consomme que du cannabidiol (CBD) acheté dans un magasin spécialisé ;
- il a réalisé une analyse d'urine complète, prescrite par son médecin traitant, qui démontre qu'il n'a pas consommé de stupéfiant ;
- il s'est rendu au commissariat avec les résultats de son analyse d'urine et les tickets de caisse d'achat de CBD mais l'agent n'a pas voulu prendre les tickets de caisse, alors même qu'il s'agit d'une preuve qu'il ne consomme rien d'autre que du CBD légale commercialisé en magasin ;
- le magasin de CBD où il se fournit commercialise des produits qui n'ont pas sans doute pas été contrôlés et il en subit aujourd'hui les conséquences ;
- la suspension est disproportionnée.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes des deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. D'autre part, aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " () A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ".
3. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative la suspension des effets de la décision par laquelle le préfet de la Charente-Maritime a suspendu son permis de conduire pour une durée de 9 mois. Toutefois, M. A n'a présenté aucune requête à fin d'annulation de cette décision, ni antérieurement ni concomitamment à l'enregistrement de la présente requête à fin de suspension d'exécution, ni même à la date de la présente ordonnance. Par suite, la requête présentée par M. A est manifestement irrecevable et doit être rejetée par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Poitiers, le 17 avril 2024.
Le juge des référés,
Signé
P. C
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Pour le greffier en chef,
La greffière
D. GERVIER
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