lundi 22 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2401004 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 19 avril et le 22 avril 2024, Mme A doit être regardée comme demandant au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, à l'institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) de rétablir sa rémunération à plein traitement conformément à la réglementation sur les maladies professionnelles :
Elle soutient qu'elle est placée illégalement en congé de maladie ordinaire
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n°86-83 du 17 janvier 1986
- le décret n°86-442 du 14 mars 1986
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
. 1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondé
2. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. À cet égard, la seule circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale, portée par une mesure administrative, serait avérée, n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence au sens de ces dispositions. Il appartient au juge des référés d'apprécier objectivement, au vu des éléments que lui soumet le requérant comme de l'ensemble des circonstances de l'espèce, si la condition d'urgence particulière est satisfaite, en prenant en compte la situation du requérant et les intérêts qu'il entend défendre mais aussi l'intérêt public qui s'attache à l'exécution des mesures prises par l'administration.
3. Aux termes de l'article 14 du décret n°86-83 du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat : " L'agent contractuel en activité bénéficie, en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle, d'un congé pendant toute la période d'incapacité de travail précédant soit la guérison complète, soit la consolidation de la blessure, soit le décès. Dans cette situation, nonobstant les dispositions de l'article L. 433-2 du livre IV du code de la sécurité sociale, les indemnités journalières sont portées par l'administration au montant du plein traitement :-pendant un mois dès leur entrée en fonctions ;-pendant deux mois après deux ans de services ;-pendant trois mois après trois ans de services. A l'expiration de la période de rémunération à plein traitement, l'intéressé bénéficie des indemnités journalières prévues dans le code susvisé qui sont servies :-soit par l'administration pour les agents recrutés ou employés à temps complet ou sur des contrats d'une durée supérieure à un an ;-soit par la caisse primaire de sécurité sociale dans les autres cas. ". Aux termes de l'article 47-5 du décret n°86-442 du 14 mars 1986 : " Pour se prononcer sur l'imputabilité au service de l'accident ou de la maladie, l'administration dispose d'un délai :1° En cas d'accident, d'un mois à compter de la date à laquelle elle reçoit la déclaration d'accident et le certificat médical ;2° En cas de maladie, de deux mois à compter de la date à laquelle elle reçoit le dossier complet comprenant la déclaration de la maladie professionnelle intégrant le certificat médical et le résultat des examens médicaux complémentaires le cas échéant prescrits par les tableaux de maladies professionnelles. Un délai supplémentaire de trois mois s'ajoute aux délais mentionnés au 1° et au 2° en cas d'enquête administrative diligentée à la suite d'une déclaration d'accident de trajet ou de la déclaration d'une maladie mentionnée au troisième alinéa du IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 précitée d'examen par le médecin agréé ou de saisine du conseil médical compétent. Lorsqu'il y a nécessité d'examen ou d'enquête complémentaire, l'employeur doit en informer l'agent ou ses ayants droit. Au terme de ces délais, lorsque l'instruction par l'administration n'est pas terminée, l'agent est placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service à titre provisoire pour la durée indiquée sur le certificat médical prévu au 2° de l'article 47-2 et au dernier alinéa de l'article 47-9. Cette décision, notifiée au fonctionnaire, précise qu'elle peut être retirée dans les conditions prévues à l'article 47-9. ".
4. Mme A qui soutient devoir être placée en congé pour invalidité temporaire imputable au service et non en congé de maladie ordinaire pendant la période d'instruction de sa demande de reconnaissance de sa maladie en maladie professionnelle et ainsi devoir percevoir l'intégralité de son traitement, d'une part n'établit pas que les arrêts de travail dont elle se prévaut relèvent des mêmes causes physiologiques que celles à l'origine d'une première reconnaissance par son administration d'une maladie professionnelle, d'autre part ne démontre pas davantage dans le cadre de cette nouvelle demande de reconnaissance de maladie professionnelle que l'administration aurait dépassé les délais prévus par les dispositions de l'article 47-5 du décret n°86-442 du 14 mars 1986. En tout état de cause, et en dépit de l'évidente précarité de sa situation dont il n'est pas acquis qu'elle relèverait d'une quelconque irrégularité de son administration, la requérante n'invoque pas une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale telle que prévue par l'article L. 521-2 du code de justice administrative qui nécessiterait l'urgence pour le juge à intervenir dans les quarante-huit heures comme cela lui a déjà été notifié par l'ordonnance n° 2400966 du 19 avril 2024. Par suite, la demande ainsi présentée par la requérante sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ne peut qu'être rejetée, par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A et au Ministère de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Fait à Poitiers, le 22 avril 2024.
Le juge des référés,
Signé
F. B
La République mande et ordonne au préfet des Deux-Sèvres en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
N. COLLET
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