jeudi 2 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2401059 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | étrangers 96/144 heures |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 avril 2024 et des pièces communiquées le 2 mai 2024, M. C A demande au tribunal d'annuler la décision du préfet de la Charente-Maritime en date du 27 avril 2024 l'assignant à résidence pendant quarante-cinq jours.
Il soutient que les modalités de son assignation à résidence ne sont pas compatibles avec l'exercice de ses études pendant les jours de semaine et qu'il n'existe pas de transport en commun lui permettant de se déplacer pendant les jours fériés.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 avril 2024, le préfet de la Charente-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Poitiers a désigné M. B pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant marocain né le 8 décembre 2002, a fait l'objet le 27 avril 2024 d'un arrêté du préfet de la Charente-Maritime l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné, l'interdisant de retour sur le territoire français pendant deux ans et l'assignant à résidence pour une durée de quarante-cinq jours à son domicile du 27 rue Enrico Fermi à La Rochelle. M. A demande l'annulation de cet arrêté en tant qu'il l'assigne à résidence.
2. Aux termes de l'article L. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie () ". L'article R. 733-1 du code dispose que : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ;/ 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ".
3. D'une part, M. A, qui se borne à faire état d'une attestation de scolarité valable du 27 janvier 2022 au 30 juin 2023, ne saurait sérieusement soutenir que la mesure d'assignation à résidence dont il a fait l'objet le 27 avril 2024, qui est postérieure à l'expiration de cette période de formation, le priverait de la possibilité d'assister à cette dernière en ce qu'elle l'astreint à se présenter au commissariat de police de La Rochelle situé 1 rue de la Marne, tous les lundis, mercredis et vendredi à 9H00, y compris les jours fériés.
4. D'autre part, il ressort du site internet librement consultable " Mappy " que le temps de transport entre l'adresse personnelle du requérant au 27 Rue Enrico Fermi à La Rochelle et le commissariat de La Rochelle est de 31 minutes en empruntant le bus et de 40 minutes à pied. Compte tenu de la différence minime entre ces deux temps de trajet et du fait que M. A peut d'ailleurs parfaitement avoir recours à d'autres moyens de transport comme le vélo, qui sont de nature à raccourcir encore son temps de trajet, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que les modalités d'application de la mesure d'assignation à résidence sont excessives au regard de ses contraintes de transport en fin de semaine.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de la Charente-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
L. B La greffière d'audience,
Signé
C. BERLAND
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026