lundi 3 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2401156 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DESROCHES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 mai 2024, M. B A, représenté par Me Desroches, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 12 avril 2024 par laquelle le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui octroyer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de la décision, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, son conseil renonçant alors à percevoir le bénéfice des indemnités dues au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- la condition d'urgence est présumée s'agissant d'un refus de renouvellement de titre de séjour ; la décision contestée interrompt un séjour régulier depuis près de 7 ans ; il est entré mineur en France et a toujours été en possession de cartes de séjour depuis sa majorité ; il a obtenu un titre professionnel d'agent de fabrication et de montage en chaudronnerie en janvier 2024 et ce métier de chaudronnier connaît des difficultés de recrutement ; la décision litigieuse le prive ainsi de la possibilité de poursuivre son intégration professionnelle ; ce refus de titre de séjour le prive d'une aide financière qu'il avait obtenue après son titre professionnel et dont le versement est conditionné à la régularité de son séjour ; la condition d'urgence est remplie ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision :
- la décision contestée est entachée d'incompétence de son auteur ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation et méconnaît le caractère exécutoire de l'ordonnance du 18 décembre 2023, dès lors que par cette ordonnance, le juge des référés du tribunal administratif de Poitiers a enjoint au préfet de la Vienne de reprendre l'instruction de sa demande de titre de séjour et de lui délivrer, le temps du réexamen, une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail ; cependant, le préfet de la Vienne lui a délivré un récépissé valable du 8 janvier au 29 février 2024 qui ne l'autorisait pas à travailler ; il ne peut, dans ces conditions, lui être sérieusement reproché par le préfet de la Vienne de ne pas être en mesure de justifier d'une nouvelle formation professionnalisante ou de l'exercice d'un emploi, l'autorité préfectorale l'ayant placé dans l'impossibilité d'exercer la moindre activité professionnelle du fait en outre de sa carence dans l'exécution d'une décision de justice ;
- le préfet de la Vienne a commis une erreur de droit en exigeant qu'il dépose son dossier dans l'année suivant son dix-huitième anniversaire qui est une condition opposable pour la première délivrance seulement, conformément à l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation de sa situation ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mai 2024, le préfet de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite dès lors que le requérant ne démontre pas être menacé de la perte d'emploi à la suite du refus de titre de séjour contesté et que la prise en charge par le département n'est pas soumise à la détention d'un titre de séjour et qu'il n'est pas établi que le refus de titre ait entraîné la fin de la prise en charge par le département ;
- aucun des moyens soulevés n'est propre à créer un doute sur la légalité de la décision contestée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 6 mai 2024 sous le n° 2401158 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Poitiers a désigné M. Cristille pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Gilbert greffière d'audience :
- le rapport de M. Cristille, juge des référés ;
- les observations de Me Desroches, représentant M. A, qui reprend les conclusions de la requête, et en outre, demande le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et l'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Le conseil de M. A soutient les mêmes moyens en insistant sur les points suivants :
- M. A est arrivé mineur en France en 2017 et a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance du département de la Vienne ; sa scolarité lui a permis d'obtenir un bac professionnel ; il a ensuite été scolarisé en formation professionnelle à partir du 22 mai 2023 au sein l'AFPA de Poitiers en qualité d'agent de fabrication et de montage en chaudronnerie ; il a suivi avec sérieux sa formation qu'il a validée par l'obtention de son titre professionnel le 19 janvier dernier ; depuis qu'il est majeur, il a obtenu des titres de séjour sans difficultés ; en janvier 2023 il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour qui expirait en février et a transmis les pièces demandées ; il a été mis en possession d'un récépissé de demande de titre de séjour qui ne l'autorise pas à travailler ; le 15 février 2024, il a demandé le renouvellement de son récépissé mais le préfet de la Vienne lui a opposé un refus de titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français et d'un interdiction de retour sur le territoire français ; l'urgence est présumée en présence d'un refus de renouvellement d'un titre de séjour ; le préfet de la Vienne n'oppose aucune circonstance susceptible de remettre en cause l'urgence ; or, M. A bascule en situation irrégulière alors que son séjour a toujours été régulier ; ce refus de titre de séjour a des conséquences sur son insertion professionnelle dès lors que son employeur actuel est prêt à l'embaucher définitivement ; il est marqué un coup d'arrêt à son insertion ;
- Il existe un doute sérieux sur la légalité du refus de titre de séjour : le préfet de la Vienne a méconnu l'autorité de la chose décidée par l'ordonnance du juge des référés de ce tribunal qui a ordonné la délivrance d'un récépissé autorisant le bénéficiaire à travailler alors que le requérant n'a pas cette autorisation de travailler ; le préfet de la Vienne se prévaut aussi de l'application d'une décision du 5 octobre 2023 qui a été suspendue ; le préfet de la Vienne ne peut lui opposer sans erreur manifeste d'appréciation le motif qu'il ne travaille plus alors qu'il ne disposait pas d'un récépissé l'autorisant à travailler ; la délivrance de titre de séjour a régularisé les conditions de son entrée sur le territoire et l'absence de visa de long séjour ne peut pas légalement lui être opposée ; sa vie privée et familiale est désormais solidement ancrée en France où il a suivi une scolarité et une formation métier et où il a su se faire apprécier de tous les intervenants qui l'ont accompagnés dans son parcours de formation.
Le préfet de la Vienne n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant camerounais né en novembre 2002, est entré sur le territoire français le 7 novembre 2017 selon ses déclarations et a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance du département de la Vienne. Devenu majeur, M. A a bénéficié d'un titre de séjour " étudiant ", valable du 15 février 2021 au 14 février 2022, puis d'un titre de séjour " travailleur temporaire " du 15 février 2022 au 14 février 2023 en sa qualité d'ancien mineur pris en charge par l'aide sociale à l'enfance et poursuivant une formation professionnalisante. Par une décision du 28 septembre 2023, le préfet de la Vienne a refusé de poursuivre l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour au motif que le dossier de M. A était incomplet en l'absence de production d'un contrat de travail et d'une autorisation de travail. Par une ordonnance du 18 décembre 2023, le juge des référés du tribunal administratif de Poitiers a suspendu cette décision et enjoint au préfet de la Vienne de reprendre l'instruction de la demande de titre de séjour de M. A dans un délai d'un mois suivant la notification de la présente ordonnance et de lui délivrer, dans un délai de huit jours à compter de cette même notification, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. M. A a été mis en possession d'un récépissé valable du 8 janvier au 29 février 2024 ne l'autorisant pas à travailler. Le 15 février 2024, M. A a sollicité le renouvellement de son récépissé mais s'est vu opposer un refus. Par un arrêté du 12 avril 2024, le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour à M. A, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de 30 jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant un an. M. A demande la suspension de l'exécution de la décision du 12 avril 2024 portant refus de délivrance d'un titre de séjour.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président. " et aux termes de l'article 62 du décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " L'admission provisoire est demandée sans forme () au président de la juridiction saisie ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
En ce qui concerne l'urgence :
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du retrait de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour.
5. D'une part, ainsi qu'il a été rappelé au point 1, M. A a bénéficié de titres de séjour valables du 15 février 2021 au 14 février 2023 puis d'un récépissé valant autorisation provisoire de séjour valable du 8 janvier au 29 février 2024. La décision contestée du 12 avril 2024 statue sur sa demande de renouvellement de son titre de séjour en lui opposant un refus. Ce refus a pour effet de faire basculer le requérant vers un séjour irrégulier alors qu'il résidait régulièrement sur le territoire national depuis son placement à l'aide sociale à l'enfance. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que M. A a obtenu un bac professionnel le 12 juillet 2022 et a suivi une formation professionnelle à compter du 22 mai 2023 au sein du CFPA de Châtellerault en qualité d'agent de fabrication et de montage en chaudronnerie et a validé sa formation par l'obtention de son titre professionnel, le 19 janvier 2024. Ainsi, le requérant justifie être engagé dans un parcours d'insertion sociale et professionnelle que le refus de titre de séjour est susceptible d'interrompre. L'intéressé ne bénéficiant pas d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler en méconnaissance des termes de l'ordonnance rendue le 18 décembre 2023 par le juge des référés du tribunal, il n'a pas été en mesure de trouver un travail au terme de sa formation alors que plusieurs attestations de professionnels l'ayant suivi dans son parcours témoignent de son sérieux et de sa motivation. Le requérant peut ainsi se prévaloir de la présomption d'urgence qui s'attache aux refus de renouvellement de titre de séjour, que le préfet de la Vienne ne contredit pas utilement dans son mémoire en défense. Il suit de là, la condition d'urgence posée à l'article L. 521-1 du code de justice administrative, doit être regardée comme satisfaite.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
6. Il ressort des pièces du dossier, notamment du formulaire de demande de délivrance de titre de séjour renseignée par M. A et produit au dossier en défense, que ce dernier, en indiquant " mineur confié à l'ASE avant 16 ans " comme unique motif de sa demande, doit être regardé comme ayant sollicité un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet de la Vienne a également examiné d'office si le requérant était susceptible de relever des dispositions de l'article L. 435-3 du même code.
7. Aux termes de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur son insertion dans la société française. " Aux termes de l'article L. 435-3 du même code : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance ou du tiers digne de confiance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ".
8. Lorsqu'il examine une demande de titre de séjour de plein droit portant la mention " vie privée et familiale ", sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 423-22, le préfet vérifie tout d'abord que l'étranger est dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou entre dans les prévisions de l'article L. 421-35 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il a été confié, depuis qu'il a atteint au plus l'âge de seize ans, au service de l'aide sociale à l'enfance. Par ailleurs, lorsqu'il examine une demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de " salarié " ou " travailleur temporaire ", présentée sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet vérifie tout d'abord que l'étranger est dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, qu'il a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et de dix-huit ans, qu'il justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle et que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Il lui revient ensuite dans les deux cas, si ces conditions sont remplies, dans le cadre du large pouvoir dont il dispose, de porter une appréciation globale sur la situation de l'intéressé, au regard notamment du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française.
9. En l'état, au vu des éléments transmis au juge des référés, notamment des résultats scolaires obtenus, du parcours de formation professionnalisante suivie, des appréciations portées par ses éducateurs, de l'autonomie de M. A et de ses efforts d'intégration, le moyen tiré de l'erreur de droit commise par le préfet de la Vienne dans l'application des dispositions précitées des articles L. 423-22 et L. 435-3 précités du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
10. Les deux conditions fixées par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant remplies, il y a lieu, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, d'ordonner la suspension de la décision par laquelle le préfet de la Vienne a refusé de renouveler le titre de séjour de M. A, jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond enregistrée sous le n° 2401158.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
11. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire () ". En vertu de ces dispositions, il appartient au juge des référés d'assortir sa décision de suspension des obligations provisoires qui en découlent pour l'administration. Il y a lieu, par suite, d'ordonner au préfet de la Vienne, d'une part, de procéder, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance, au réexamen de la situation de M. A, et, d'autre part, de délivrer à l'intéressée, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler.
12. Il n'y a pas lieu, à ce stade, d'assortir ces injonctions d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
13. Ainsi qu'il a été dit, il y a lieu d'admettre provisoirement M. A à l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Desroches avocat de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Desroches de la somme de 900 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 900 euros lui sera versée.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'exécution de la décision, en date du 12 avril 2024, par laquelle le préfet de la Vienne a rejeté la demande de M. A tendant à la délivrance d'un titre de séjour, est suspendue jusqu'à ce qu'il ait été statué sur la requête au fond.
Article 3 : Il est fait injonction au préfet de la Vienne de procéder, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance, au réexamen de la situation de
M. A et de délivrer à ce dernier, dans un délai de quinze jours à compter de cette même notification, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Desroches renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'Etat versera à Me Desroches, avocat de M. A, une somme de 900 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 900 euros sera versée à M. A.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Desroches et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie de la présente ordonnance sera adressée au préfet de la Vienne.
Fait à Poitiers, le 3 juin 2024.
Le juge des référés,
Signé
P. CRISTILLELa greffière,
Signé
T.H.L GILBERT
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026