vendredi 24 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2401185 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CALMELS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 13 et 22 mai 2024, M. B E et Mme D A, représentés par Me Ledeux, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 20 février 2024 du maire de Bourg-Charente portant non-opposition à la déclaration préalable déposée par la société civile immobilière (SCI) " Poupeau L'immobilière " pour la création de deux accès à la parcelle cadastrée section AM n° 207, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de condamner la SCI " Poupeau L'immobilière " et la commune de Bourg-Charente aux entiers dépens ;
3°) de mettre à la charge de la SCI " Poupeau L'immobilière " et la commune de Bourg-Charente la somme de 900 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête est recevable :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que les travaux ont débuté sur la parcelle litigieuse ; des travaux importants supplémentaires sont prévus ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté attaqué ;
- en effet, le dossier de déclaration préalable est incomplet dès lors qu'il ne mentionne pas l'ensemble des travaux à réaliser ;
- l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'urbanisme dès lors que le projet aurait dû faire l'objet d'un permis de construire ;
- il est entaché d'un vice de procédure, dès lors que le préfet de région n'a pas été saisi pour avis ;
- il a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article L. 414-4 du code de l'environnement dès lors que le projet aurait dû faire l'objet d'une évaluation des incidences Natura 2000 ;
- il a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article L. 411-1 du code de l'environnement dès lors que le projet n'a pas fait l'objet d'une dérogation pour les zones protégées ;
- il a été pris par le maire de la commune, mais celui-ci est partial, dès lors qu'il est président de l'association organisant le spectacle pour lesquels les travaux sont réalisés, ainsi que le metteur en scène ; en l'espèce, la mairie n'a pas mis en œuvre la procédure de suppléance prévue par l'article 2, I, 2° de la loi n° 2013-907 du 11 octobre 2013 relative à la transparence de la vie publique et par l'article L. 422-7 du code de l'urbanisme ;
- il a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article N2 du règlement plan local d'urbanisme de la commune dès lors que le projet est situé, en partie, en zone inondable ;
- il a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article N4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune dès lors que le projet ne prévoit pas de traitement pour les eaux usées et un raccordement pour l'eau potable ;
- le projet porte atteinte à la végétation à protéger le long de la rue de Jarnac ;
- l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance du plan de prévention des risques applicable à la commune ;
- le projet en litige a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, dès lors qu'il est de nature à compromettre la sécurité des participants au spectacle en ce qu'il y a un risque d'inondation et de noyade.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mai 2024, la commune de Bourg-Charente, représentée par Me Calmels, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. E et Mme A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir, dès lors qu'ils ne sont pas voisins immédiats du projet dont le premier accès se situe à plus de 145 mètres de leur propriété et qu'ils ne justifient pas d'une atteinte aux conditions de jouissance de leur bien ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie ; en effet, l'essentiel des travaux de création des ouvertures a été réalisé ; l'arrête litigieux se borne à autoriser la création de deux accès sur une voie communale ;
- il n'existe pas de doute sérieux sur la légalité de l'arrêté attaqué.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 13 mai 2024 sous le numéro 2401184 par laquelle M. E et Mme A demandent l'annulation de l'arrêté attaqué.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Gibault, greffière d'audience, M. C a lu son rapport et entendu :
- Me Ledeux, représentant M. E et Mme A, qui reprend l'ensemble de ses moyens et répond à la fin de non-recevoir opposée par la commune ;
- Me Calmels, représentant la commune de Bourg-Charente, qui persiste dans ses moyens de défense et fait valoir que la requête est irrecevable.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI " Poupeau L'immobilière " a déposé, le 12 février 2024, une déclaration préalable de travaux en vue de la création de deux accès à la parcelle cadastrée section AM n° 207 sur le territoire de la commune de Bourg-Charente. Par un arrêté du 20 février 2024, le maire ne s'est pas opposé à cette déclaration préalable. M. E et Mme A, propriétaires d'une maison d'habitation située à proximité, demandent la suspension de l'exécution de cet arrêté, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. Aux termes des deux premiers alinéas de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme : " Un recours dirigé une décision de non-opposition à déclaration préalable ou contre un permis de construire, d'aménager ou de démolir ne peut être assorti d'une requête en référé suspension que jusqu'à l'expiration du délai fixé pour la cristallisation des moyens soulevés devant le juge saisi en premier ressort. / La condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est présumée satisfaite. ".
4. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués tels qu'ils sont mentionnés dans les visas de la requête n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué. Par suite, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de cet arrêté doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Bourg-Charente, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance de référé, le versement de la somme que M. E et Mme A demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. E et Mme A la somme globale de 1 000 euros à verser à la commune de Bourg-Charente au titre des frais exposés par elle dans la présente instance et non compris dans les dépens.
Sur les dépens :
6. Aucun dépens n'ayant été exposé dans le cadre de la présente instance, les conclusions présentées par M. E et Mme A à ce titre doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. E et Mme A est rejetée.
Article 2 : M. E et Mme A verseront à la commune de Bourg-Charente la somme globale de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B E, Mme D A et à la commune de Bourg-Charente.
Fait à Poitiers, le 24 mai 2024.
Le juge des référés,
Signé
V. C
La République mande et ordonne au préfet de la Charente en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026