lundi 10 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2401250 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | IFDS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 mai 2024, Mme F C épouse G et M. E G, représentés par la SCP Lagrave, Jouteux, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 27 juillet 2023 par lequel le maire de Châtelaillon-Plage a accordé un permis de construire n° PC17094230038 à M. et Mme D pour la réalisation d'une surélévation partielle de leur maison située sur la parcelle cadastrée section (ANO)AR n° 268 au n° 7 venelle des tourterelles(ANO), ainsi que la décision du 15 décembre 2023 de rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Châtelaillon-Plage une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la condition d'urgence :
- les travaux autorisés par le permis de construire en litige ont débuté depuis le 13 mai 2024 ;
Sur l'existence d'un doute sérieux :
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet au regard des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme dès lors que le document d'insertion du projet dans son environnement est insuffisant ;
- le permis de construire méconnait les dispositions de l'article 1.6.1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de la communauté d'agglomération de La Rochelle relatif à l'aspect extérieur des constructions en ce qui concerne plus précisément les percements, ainsi que l'annexe " Charte patrimoniale " de la commune de Châtelaillon-Plage ;
- il méconnait les dispositions des articles 4.1.4 et 4.2.4 du règlement du PLUi applicable au secteur UL2 dès lors que la hauteur de l'extension atteint 6,87 mètres pour une distance par rapport à la limite de propriété de 6,20 mètres alors que sa façade comportera des ouvertures ouvrantes et transparentes.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 juin 2024, la commune de Châtelaillon-Plage, représentée par la SCP Elige La Rochelle-Rochefort, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. et Mme G la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité du permis de construire en litige.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 juin 2024, M. et Mme D, représentés par IFDS Avocats, concluent au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. et Mme G la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que :
- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir ;
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité du permis de construire en litige.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête en annulation présentée par la M. et Mme G, enregistrée le 1er février 2024 sous le numéro 2400231.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Poitiers a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Gibault, greffière d'audience, Mme B a lu son rapport et entendu les observations de Me Madoulé, représentant M. et Mme G, I, représentant la commune de Châtelaillon-Plage et de Me Caillé, représentant M. et Mme D, qui ont repris leurs écritures.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 27 juillet 2023, le maire de Châtelaillon-Plage (Charente-Maritime) a accordé un permis de construire n° PC17094230038 à M. et Mme D pour la réalisation d'une surélévation partielle de leur maison située sur la parcelle cadastrée section (ANO)AR n° 268 au n° 7 venelle des tourterelles(ANO). M. et Mme G, propriétaires de la parcelle voisine cadastrée (ANO)AR 267(ANO), demandent la suspension de l'exécution de ce permis de construire ainsi que de la décision du 15 décembre 2023 de rejet de leur recours gracieux
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. L'article L. 521-1 du code de justice administrative dispose : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Aux termes des deux premiers alinéas de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme : " Un recours dirigé une décision de non-opposition à déclaration préalable ou contre un permis de construire, d'aménager ou de démolir ne peut être assorti d'une requête en référé suspension que jusqu'à l'expiration du délai fixé pour la cristallisation des moyens soulevés devant le juge saisi en premier ressort. / La condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est présumée satisfaite. ".
4. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués, tels qu'ils sont mentionnés dans les visas de la présente ordonnance, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées. Par suite, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de ces décisions doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'urgence et d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle aux conclusions de Mme et M. G dirigées contre la commune de Châtelaillon-Plage qui n'est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante.
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme et M. G la somme de 1 000 euros à verser à la commune de Châtelaillon-Plage et la somme de 1 000 euros à verser à M. et Mme D au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme G est rejetée.
Article 2 : M. et Mme G verseront à la commune de Châtelaillon-Plage, d'une part, et à M. et Mme D, d'autre part, la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E et Mme F G, à la commune de Châtelaillon-Plage et à M. H et Mme A D
Fait à Poitiers, le 10 juin 2024,
La juge des référés,
Signé
M. B
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026