vendredi 5 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2401260 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 mai 2024, Mme B A demande au tribunal :
1°) un échéancier de paiement sur 24 mois de la facture d'un montant de 1 987,33 euros que lui adressée la société Engie ;
2°) la remise gracieuse de sa dette de 2 449,20 euros vis-à-vis de Pôle emploi Nouvelle Aquitaine.
Elle soutient qu'elle n'a pas les moyens financiers de régler ces sommes.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative () ; 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".
2. En premier lieu, si Mme B A demande au tribunal un échéancier de paiement sur 24 mois de la facture de résiliation du 17 avril 2024, d'un montant de 1 987,33 euros que lui a adressée la société Engie, un tel litige, qui concerne l'exécution d'un contrat de droit privé passé entre un fournisseur de gaz et d'électricité et l'un de ses clients, relève de la compétence des tribunaux judiciaires. Il n'est donc pas au nombre de ceux qui ressortissent à la compétence du juge administratif. Il s'ensuit que les conclusions susmentionnées de la requête de Mme A doivent être rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître par application des dispositions précitées du 2° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
2. En second lieu, aux termes de l'article L. 5426-8-3 du code du travail alors en vigueur : " Pôle emploi est autorisé à différer ou à abandonner la mise en recouvrement des allocations, aides, ainsi que de toute autre prestation indûment versées pour son propre compte, pour le compte de l'Etat ou des employeurs mentionnés à l'article L. 5424-1 ". Le juge administratif ne peut examiner si une remise gracieuse totale ou partielle d'allocation de solidarité spécifique est justifiée et se prononcer lui-même sur une telle demande que dans le cadre d'un recours dirigé contre une décision de Pôle emploi, devenu France Travail le 1er janvier 2024, rejetant une demande préalable de remise gracieuse en application des dispositions précitées.
3. Par un courrier recommandé du 27 mai 2024, présenté le 28 mai 2024 et réputé notifié à cette date, faute pour sa destinataire de l'avoir réclamé dans les quinze jours de sa mise à disposition par les services postaux, Mme A a, d'une part, été invitée par le tribunal à régulariser sa requête en produisant, dans un délai de quinze jours, la décision par laquelle le directeur de Pôle emploi Nouvelle Aquitaine a refusé d'abandonner ou de différer le recouvrement de sa dette ou, à tout le moins, de fournir au tribunal la preuve de la présentation d'une demande de remise gracieuse à Pôle emploi, et d'autre part, été informée qu'à défaut sa requête pourrait être rejetée comme irrecevable. En l'absence de régularisation dans le délai imparti, les conclusions de la requête de Mme A tendant à l'obtention d'une remise gracieuse de cette dette sont manifestement irrecevables et doivent être rejetées par application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Copie en sera transmise pour information à France travail Nouvelle Aquitaine.
Fait à Poitiers, le 5 juillet 2024.
Le président de la 1ère chambre,
signé
L. Campoy
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026