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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2401276

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2401276

mardi 27 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2401276
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBERVARD-HEINTZ XAVIER

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Poitiers a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. A, qui contestait un refus de titre de séjour et une obligation de quitter le territoire. Le conseil du requérant avait déposé la requête par voie postale, alors que l’article R. 414-1 du code de justice administrative imposait un dépôt via l’application Télérecours pour les avocats. Malgré une demande de régularisation notifiée le 23 mai 2024, le requérant n’a pas déposé sa requête par ce moyen dans le délai d’un mois imparti. En application du 4° de l’article R. 222-1 du même code, la requête a donc été rejetée sans examen au fond.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 mai 2024, M. B A, représenté par le cabinet Lex avocat consulting, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 15 mars 2024 par lesquelles la préfète des Deux-Sèvres a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de 30 jours ;

2°) d'enjoindre à la préfète de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour le temps de cet examen ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Une demande a été adressée le 23 mai 2024 au conseil de M. A par le biais de l'application Télérecours aux fins de régularisation dans le délai de 1 mois de la requête par le dépôt de cette dernière via télérecours.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. 1. Selon le 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, les présidents de formation de jugement des tribunaux administratifs peuvent, par ordonnance, rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens.

2. Aux termes de l'article R. 414-1 du même code : " Toute juridiction peut adresser par le moyen de l'application informatique mentionnée à l'article R. 414-1, à une partie ou à un mandataire qui y est inscrit, toutes les communications et notifications prévues par le présent livre pour tout dossier. Les personnes mentionnées au premier alinéa de l'article R. 414-1 doivent s'inscrire dans l'application mentionnée à cet article et adresser à la juridiction leurs mémoires en défense et les pièces qui y sont jointes au moyen de cette application, sous peine de voir leurs écritures écartées des débats à défaut de régularisation dans un délai imparti par la juridiction. Les communes de moins de 3 500 habitants peuvent être invitées par le greffe à s'inscrire dans cette application et à produire leurs mémoires en défense et les pièces qui y sont jointes par ce moyen.

3.Enfin, selon l'article R. 611-8-2 du code de justice administrative : " Toute juridiction peut adresser par le moyen de l'application informatique mentionnée à l'article R. 414-1, à une partie ou à un mandataire qui y est inscrit, toutes les communications et notifications prévues par le présent livre pour tout dossier. / Les parties ou leur mandataire sont réputés avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été ainsi adressé, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai. () ".

4. Le conseil de M. A a déposé sa requête par voie postale. Or, conformément aux dispositions précitées de l'article R. 414-1 du code de justice administrative, cette requête devait être déposée par le biais de l'application de télérecours. Aussi, une lettre a été adressée le 23 mai 2024, au moyen de l'application Télérecours, au conseil de M. A, mentionnant qu'à défaut de régularisation par le biais de l'application télérecours, à l'expiration d'un délai d'un mois, la requête de M. A sera rejetée. En vertu des dispositions de l'article R. 611-8-2 du code de justice administrative, le conseil du requérant est ainsi réputé avoir pris connaissance de ce courrier dans un délai de deux jours à compter du 23 mai 2024, date de mise à disposition du document dans l'application. Il apparait que M. A n'a pas, à l'expiration du délai qui lui était imparti, régularisé sa requête. Par suite, la requête est manifestement irrecevable et doit donc être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Une copie sera adressée à la Préfète des Deux-Sèvres.

Fait à Poitiers, le 27 août 2024

Le président,

Signé

P. CRISTILLE

La République mande et ordonne à la préfète des Deux-Sèvres en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

N. COLLET

N°2401276

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