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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2401409

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2401409

jeudi 20 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2401409
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 juin 2024, Mme C D, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 15 mai 2024 de refus d'admission en première année de licence sciences, technologies, santé, mention sciences pour la santé à l'université de La Rochelle ;

2°) d'enjoindre le président de l'université de La Rochelle de réexaminer dans un délai de 48 heures sa demande d'admission, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'ordonnance à intervenir.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la condition d'urgence est remplie dès lors que les cours commencent en septembre 2024, qu'il n'existe pas " d'école sérieuse au Cameroun " qui répondrait à son projet professionnel et que, compte tenu du fait que la procédure de demande d'admission préalable est close depuis le 15 mars 2024 et qu'elle n'a pas eu de réponse positive dans ses autres choix, cette décision de refus lui fera perdre une année supplémentaire dans son projet d'études ;

- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence ; elle ne permet pas d'identifier son auteur en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle n'est pas motivée ;

- elle est entachée d'erreur de droit dans la mesure où l'administration n'a pas transmis sa réponse dans le délai prévu par la circulaire ministérielle du 29 septembre 2023 et que le silence gardé par cette derrière au terme ce délai vaut acceptation ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation eu égard du caractère cohérent, sérieux et réaliste de son projet universitaire.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 juin 2024, l'université de La Rochelle conclut, à titre principal, au rejet de la requête, et à titre subsidiaire, à ce que le président de l'Université dispose d'un délai d'un mois pour réexaminer la demande d'admission préalable de Mme D.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie ;

- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 28 mai 2024 sous le numéro 2401387 par laquelle Mme D demande l'annulation de la décision de l'université de La Rochelle du 15 mai 2024 refusant son admission en première année de licence sciences, technologies, santé, sciences pour la santé à l'université de La Rochelle.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Poitiers a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Gibault, greffière d'audience, Mme B a lu son rapport et entendu, Mme A, représentant l'université de La Rochelle qui a repris ses écritures et indiqué les conséquences en termes d'organisation qu'impliquerait la suspension de l'exécution de la décision attaquée.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.

Une note en délibéré présentée par la requérante a été enregistrée le 13 juin 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C D, ressortissante camerounaise née le 21 juin 2003 à Banka, a formulé une demande d'admission en première année de licence sciences, technologies, santé, mention sciences pour la santé à l'université de La Rochelle. Par une décision du 15 mai 2024, l'université de La Rochelle a rejeté sa demande. Par un courriel du 28 mai 2024, l'université de La Rochelle a rejeté sa demande de recours gracieux présentée à l'encontre de cette décision. Par la présente requête, Mme D demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision par laquelle l'université de La Rochelle a refusé son admission en première année de licence sciences, technologies, santé, mention sciences pour la santé.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".

3. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

4. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la délibération en litige, Mme D, invoque la proximité de la rentrée universitaire et la nécessité de solliciter un visa pour pouvoir étudier en France. Toutefois, la requérante indique elle-même qu'elle est actuellement scolarisée en deuxième année de BTS option imagerie médicale au Cameroun dont le cursus se fait en trois ans et elle ne justifie pas non plus ses allégations selon lesquelles elle ne pourrait pas entreprendre des études équivalentes au Cameroun. Par suite, dans les circonstances de l'espèce, la condition d'urgence mentionnée à l'article L. 521-1 n'est pas remplie et la requête de Mme D doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C D et à l'université de La Rochelle.

Fait à Poitiers, le 20 juin 2024.

La juge des référés,

signé

M. B

La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

signé

G. FAVARD

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