mardi 27 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2401460 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 mai 2024, M. B A, représenté par Me Turlan, demande au tribunal :
1°) la décharge de l'obligation de payer la somme de 200 368,93 euros, procédant du commandement de payer, qui lui a été notifié le 4 avril 2024 par le comptable de la direction des créances spéciales du Trésor, pour le recouvrement de la condamnation de 197 019,74 euros pour gestion de fait prononcée par le jugement n° 2017-0001 du 8 février 2017 de la chambre territoriale des comptes de la Polynésie française, de l'amende de 2 849,19 euros prononcée par le même jugement sur le fondement des dispositions de l'article L. 272-37 du code des juridictions financières, ainsi que pour le recouvrement de frais de poursuite de 500 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la créance que l'acte de poursuite litigieux vise à recouvrer est prescrite.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 août 2024, la directrice chargée de la direction des créances spéciales du Trésor conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est prématurée et, comme telle, irrecevable ;
- les conclusions de la requête tendant à l'annulation du commandement de payer du 4 avril 2024, concernent la régularité en la forme de l'acte de poursuite relèvent de la compétence du juge de l'exécution en application de l'article L 213-6 du code l'organisation judiciaire ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont, en toute hypothèse, pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".
2. Il résulte des dispositions des articles L. 281 et R. 281-4 du livre des procédures fiscales que les contestations relatives au recouvrement des impôts sont adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites et qu'en cas de refus explicite ou implicite, le contribuable " dispose de deux mois à partir : a) soit de la notification de la décision du chef de service ou de l'ordonnateur mentionné au deuxième alinéa de l'article L. 281 ; b) soit de l'expiration du délai de deux mois accordé au chef de service ou à l'ordonnateur mentionné au deuxième alinéa de l'article L. 281 pour prendre sa décision. La procédure ne peut, à peine d'irrecevabilité, être engagée avant ces dates ".
3. Il résulte de l'instruction que, par une lettre en date du 30 mai 2024 adressée à la directrice chargée de la direction des créances spéciales du Trésor et reçue par cette dernière le 3 juin 2024, M. B A a contesté être redevable de la somme de 200 368,93 euros, procédant du commandement de payer, qui lui a été notifié le 4 avril 2024 par le comptable de cette direction, pour le recouvrement de la condamnation de 197 019,74 euros pour gestion de fait prononcée par le jugement n° 2017-0001 du 8 février 2017 de la chambre territoriale des comptes de la Polynésie française, de l'amende de 2 849,19 euros prononcée par le même jugement sur le fondement des dispositions de l'article L. 272-37 du code des juridictions financières, ainsi que pour le recouvrement de frais de poursuite de 500 euros. En l'absence de réponse de l'administration à ce courrier, il ne pouvait, en vertu des dispositions ci-dessus rappelées, s'adresser au tribunal administratif qu'au plus tôt le 3 août 2024. Les conclusions de la requête de M. A tendant à la décharge de l'obligation de payer la somme de 200 368,93 euros procédant ce commandement de payer, sont donc prématurées et, comme telles, irrecevables.
4. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la directrice chargée de la direction des créances spéciales du trésor.
Fait à Poitiers, le 27 août 2024.
Le président de la 1ère chambre,
Signé
L. CAMPOY
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
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